Comment Xavier Niel est devenu le « parrain » français... du numérique

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(Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Le fondateur de Free demeure le plus important business angel français. Outre les participations qu'il prend dans les jeunes pousses du numérique, il est à l'origine de l'École 42, qui enseigne l'informatique, et de la halle Freyssinet, futur plus gros incubateur de l'Hexagone, qui ouvrira début 2017.

Aujourd'hui, un jeune startuppeur pourrait très bien monter son projet de bout en bout en passant uniquement par les structures de Xavier Niel. Après avoir été formé à l'École 42, il serait incubé à la halle Freyssinet. Et, une fois sur de bons rails, quelques années après sa première levée de fonds auprès de Kima Ventures, il bénéficierait d'un plus gros financement grâce à NJJ Capital. Le tout, pourquoi pas, avec un abonnement à Free. Dans l'écosystème numérique, Xavier Niel ressemble fort à une pieuvre, dont les longs tentacules s'invitent à toutes les étapes de la création numérique. Sous ce prisme, il n'a pas volé son surnom de « parrain du Web français ».

Il faut dire que Xavier Niel, dixième fortune de France selon Challenges, avec près de 8 milliards d'euros, met beaucoup d'argent dans les startups. Avec 35 millions d'euros investis ces cinq dernières années, le fondateur de Free serait même le premier business angel de l'Hexagone, selon une enquête du site Fundme. fr réalisée au printemps dernier. Un montant à coup sûr très en deçà de ses investissements globaux dans les jeunes pousses du numérique, qui dépassent largement les frontières de la France. Associé chez Kima Ventures, le fonds d'amorçage créé par Xavier Niel en 2010, Jean de La Rochebrochard témoigne :

« La France, cela représente environ 25 % de nos contrats. Sachant que 45 % d'entre eux sont réalisés aux États-Unis. Pourquoi ? Tout simplement parce que Xavier Niel est très connu dans la Silicon Valley. »

Multiplier les petits tickets

Chez Kima Ventures, la stratégie est claire : multiplier les petits tickets, à hauteur de 150.000 euros pour environ deux startups par semaine. Aujourd'hui, le fonds compte plus de 360 sociétés à son portefeuille. Xavier Niel, qui passe l'essentiel de son temps sur Free, a son mot à dire sur toutes les prises de participation.

« Comme tous les membres de l'équipe, il regarde toutes les transactions, raconte Jean de La Rochebrochard. Quand il y est favorable, il envoie un email avec le titre "feu vert". Il lui arrive d'émettre des réserves. Dans ce cas, il fait souvent des commentaires du type "pas facile comme marché..." Mais globalement, il fait confiance. »

L'amorçage a beau constituer un des segments les moins rentables du capital investissement, un tel essaimage augmente considérablement les chances de tomber sur une pépite. Jean de La Rochebrochard ne le cache pas :

« Cinq pour cent des affaires génèrent 95 % des retours sur investissements », lâche-t-il.

Lors d'un forum organisé par l'Electronic Business Group (EBG) en 2013, Xavier Niel assurait que oui, le segment est « rentable ». « C'est comme un super-ticket de Loto, assure le grand patron.

Quand vous jouez au Loto, vous avez quand même un énorme risque de perdre. Et si vous gagnez, vous gagnez beaucoup. Dans les startups, on ne gagne pas toujours beaucoup, mais on a parfois de grands succès. »

Former des développeurs

Parmi eux, il y a Captain Train, le spécialiste français de la réservation de billets de trains. Mi-mars, cette plateforme a été rachetée près de 200 millions d'euros par son concurrent britannique Trainline. Une belle affaire pour Kima Ventures, qui y avait mis des billes il y a un an et demi. Parmi les autres succès du fonds, on trouve des noms désormais bien connus du grand public, comme La Ruche qui dit oui, devenu une référence de la consommation collaborative. Ou encore le site de cagnottes en ligne Leetchi, racheté par Crédit mutuel Arkea. Xavier Niel n'en est pas à son coup d'essai, lui qui avait très tôt misé 200.000 euros sur Deezer, le spécialiste de la musique en streaming, après avoir rencontré ses fondateurs en 2007, avant la création de la société.

Mais là où Xavier Niel se démarque d'autres investisseurs, c'est qu'il ne mise pas que sur l'amorçage. Pour les plus gros tickets, jusqu'à plusieurs millions d'euros, il passe par NJJ Capital, sa holding personnelle. Beaucoup plus en amont, constatant qu'en pleine révolution numérique, les entreprises peinent à recruter des développeurs dignes de ce nom, il a carrément fondé sa propre école d'informatique. Depuis 2013, son École 42 forme gratuitement près de 1.000 jeunes par an aux métiers du numérique.

Prolongement naturel de cette brique, Xavier Niel a investi près de 200 millions d'euros de sa poche dans la halle Freyssinet à Paris, futur « plus grand incubateur de startups du monde »,dont l'ouverture, prévue cette année, a été reportée début 2017. Plus qu'un « parrain » du Web français, Xavier Niel bâtit surtout un véritable écosystème voué aux innovations de rupture. Une véritable marque de fabrique, pour le fondateur de Free, le « trublion » revendiqué des télécoms françaises.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2016 à 15:50 :
qui trop entreprend....
FREE vit dans l'approximatif , méprise les contrats passés avec les rachetés, réduit les investissements pour ceux-ci...et les méprise.
Pourquoi n'a-t-il pas accepté un médiateur comme les autres opérateurs?
Pas si brillant qu'affiché ! Dommage.
a écrit le 07/04/2016 à 11:02 :
Squareway C est luî ?
a écrit le 07/04/2016 à 9:42 :
Voilà donc le nouveau chevalier blanc.. Attendons de voir !!
a écrit le 06/04/2016 à 12:21 :
Ouais, pour un ancien du Minitel rose condamné pour proxénétisme, c'est pas mal du tout. Comme quoi la perversion mette à l'appât du gain !
Réponse de le 06/04/2016 à 18:57 :
jaloux !!!!!!!!!on te pardonne
Réponse de le 07/04/2016 à 7:17 :
Jaloux
Réponse de le 07/04/2016 à 9:44 :
L'appât du gain n'est pas ma tasse de thé, je préfère la passion..

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