Le français Taster lève 8 millions de dollars pour déployer ses "cuisines-fantômes"

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Taster dit avoir cuisiné 400.000 repas depuis son lancement en 2017.
Taster dit avoir cuisiné 400.000 repas depuis son lancement en 2017. (Crédits : Taster)
Lancée en 2017, Taster développe des marques de restauration uniquement destinées à la livraison à domicile via des plateformes comme Deliveroo et Uber Eats. La jeune pousse vient de lever 8 millions de dollars pour améliorer sa technologie et se renforcer sur ses marchés actuels - Paris, Londres et Madrid.

Ni chaises ni tables pour accueillir des clients physiques. Dans les restaurants de Taster, les cuisiniers s'activent uniquement pour préparer des plats destinés à la livraison à domicile. La jeune pousse française, lancée en 2017, appartient à la nouvelle génération des "ghost kitchens". Ces restaurants-fantômes sont nés pour répondre à la demande croissante des plateformes de livraison à domicile, comme Deliveroo et Uber Eats.

"Avec la multiplication des plateformes de livraison, je me suis aperçu que ce marché avait un énorme potentiel", explique Anton Soulier, fondateur et Pdg de Taster, ancien directeur général adjoint de Deliveroo France. "La restauration ne s'est pourtant pas adaptée à cette nouvelle tendance de la livraison : la qualité des plats n'est pas homogène, l'organisation des cuisines et le packaging n'ont pas été adapté...", liste-t-il.

Pour se positionner sur ce marché, Taster développe donc des marques de restauration en s'appuyant sur des plateformes de livraison, comme Deliveroo et Uber Eats. Elle détient actuellement trois marques - Mission Saigon, O Ke Kai et Out Fry. La startup annonce ce jeudi une levée de fonds de 8 millions de dollars auprès du fonds américain Battery Ventures, qui fait son entrée au capital. Ses investisseurs historiques - Heartcore Capital, LocalGlobe, Global Founders Capital et Marc Ménasé (Founders Future) - ont également remis au pot. La startup avait déjà levé 5,1 millions de dollars depuis sa création.

Anticiper les commandes grâce au machine learning

Avec cet argent frais, la startup souhaite améliorer sa technologie "d'automatisation des opérations" en recrutant une dizaine de profils tech d'ici 2020. Actuellement, Taster emploie 115 salariés - dont 100 cuisiniers. "Grâce à la technologie, nous pouvons rationaliser les processus en cuisine pour préparer des plats plus rapidement qu'en restauration classique. Par exemple, nous intégrons dans les cuisines des « kitchen display system » pour diviser les tâches par postes", détaille Anton Soulier.

La startup développe surtout un algorithme de prévision des commandes par cuisine, par jour et par marque.

"Cette technologie est réalisée via du machine learning sur l'historique des commandes réalisées depuis deux ans. En restauration, un des gros challenge financier est le prix des matières premières. Notre algorithme nous permet donc de commander au plus juste pour éviter les dépenses inutiles et le gaspillage alimentaire", affirme le Pdg.

400.000 repas cuisinés depuis 2017

Taster table sur un rayon de livraison de deux kilomètres autour de ses cuisines pour promettre un délai de 20 minutes entre la commande et la livraison. "Notre faible temps de préparation favorise une bonne expérience client car le plat arrive chaud et rapidement. Ce qui nous permet d'être bien noté sur les plateformes comme Deliveroo et donc, d'être mis en avant", détaille Anton Soulier.

C'est pourquoi la jeune pousse cherche à étendre la couverture de ses marchés actuels - Paris, Londres et Madrid. "A Londres, nous couvrons environ 30% de la capitale, contre 80% pour Paris", chiffre le fondateur. Taster dispose au total de 11 cuisines sur ces trois marchés, dont cinq à Paris où elle cherche à doubler ce nombre. "L'objectif avec l'ouverture d'une nouvelle cuisine est d'être rentable dans les six mois", précise Anton Soulier. La startup dit s'intéresser aux "villes secondaires en France et en Angleterre à partir de 2020". L'entreprise ne communique pas sur son chiffre d'affaires, mais elle revendique une "croissance mensuelle de 30%" en ayant cuisiné un total de 400.000 repas pour ces trois marchés. Avec ce nouveau tour de table, Taster veut ouvrir trois nouvelles marques d'ici fin 2019.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2019 à 11:41 :
c 'est quand même étonnant cette nouvelle mode de commander son "restaurant perso" dans une cuisine qui, quoi qu on veuille est une cuisine industrielle.....

je ne sais pas combien coute le "menu" livraison comprise...... mais tant qu à mettre de l argent dans la bouffe, autant inviter ses potes dans un vrai resto.......

l offre, y compris dans Paris, à des prix raisonnables pour de la vraie bouffe....revient

sinon on retrousse ses manches et on fait la cuisine, ce qui est aussi un plaisir

seul point positif de cette boite...... le rayon de 2 km......ça évite l esclavagisme pour les livreurs à vélos.....donc le toujours plus vite et le toujours plus dangereux....sans parler des automobilistes qui voient débouler des mecs a vélos de nul part ou grillant les feux
a écrit le 27/06/2019 à 11:41 :
c 'est quand même étonnant cette nouvelle mode de commander son "restaurant perso" dans une cuisine qui, quoi qu on veuille est une cuisine industrielle.....

je ne sais pas combien coute le "menu" livraison comprise...... mais tant qu à mettre de l argent dans la bouffe, autant inviter ses potes dans un vrai resto.......

l offre, y compris dans Paris, à des prix raisonnables pour de la vraie bouffe....revient

sinon on retrousse ses manches et on fait la cuisine, ce qui est aussi un plaisir

seul point positif de cette boite...... le rayon de 2 km......ça évite l esclavagisme pour les livreurs à vélos.....donc le toujours plus vite et le toujours plus dangereux....sans parler des automobilistes qui voeint débouler des mecs a vélos de nul part ou grillant les feux
a écrit le 27/06/2019 à 10:30 :
Est ce que ces produits sont labellisés ?

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