Suite à de nombreuses accusations d'agressions et de harcèlement sexuel concernant certains cadres d'Ubisoft, son Pdg et cofondateur, Yves Guillemot, a promis aux employés un "changement structurel" qui passe par la nomination d'un "Head of workplace culture" et d'un directeur de la diversité. Suffisant pour éteindre l'incendie ?Un "Me too" dans la French Tech est-il inévitable ? Les vannes sont en tout cas ouvertes depuis que plusieurs médias ont relayé les accusations d'employées anciennes et actuelles d'Ubisoft, contre certains cadres hauts placés de l'entreprise accusés d'agressions sexuelles et de harcèlement. En pleine tempête, le numéro trois mondial du jeu vidéo et tête de proue du secteur en France, a pris la mesure de la gravité de la situation en annonçant à ses 18.000 employés dans le monde, jeudi soir, des "changements profonds et structurels". L'objectif : en finir avec la culture sexiste largement répandue dans l'entreprise, qui se retrouve plus généralement dans le milieu très masculin du jeu vidéo, et même de la tech.
Dans une lettre intitulée "Le changement commence aujourd'hui", envoyée aux employés jeudi après-midi puis publiée sur le blog interne de l'entreprise jeudi soir, le PDG et cofondateur d'Ubisoft, Yves Guillemot, décrit les situations vécues par certaines collaboratrices comme "absolument inacceptables" et annonce une série de mesures destinées à changer la culture d'entreprise.
Création de deux nouveaux postes de directeurs et d'une plateforme d'alerte confidentielle pour les employés
Les plus symboliques sont la création de deux postes dans le "top management" : un "head of workplace culture" -directeur de la culture sur le lieu de travail- et un "head of diversity" -directeur de la diversité. L'entreprise va également mettre à la disposition des employés des "groupes d'écoute", un questionnaire anonyme, ainsi que d'une plateforme d'alerte confidentielle en ligne nommée Whispli "permettant aux employés ainsi qu'aux personnes externes de signaler tout harcèlement, discrimination et autre comportement inapproprié".
Yves Guillemot annonce aussi avoir "décidé de revoir la composition de notre département éditorial", d'où sont issus les deux cadres particulièrement mis en cause des les accusations sorties jusqu'à présent, et aussi "de transformer nos processus RH (ressources humaines, ndlr), et de responsabiliser davantage tous nos managers sur ces sujets".