Musique : qui est Splice, la startup cachée derrière les plus grands tubes mondiaux ?

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En s'acquittant d'un abonnement de 7,99 dollars par mois, les artistes ont accès à 3 millions de boucles (lignes de synthé, chœurs, rythmiques de batterie...) sur Splice.
En s'acquittant d'un abonnement de 7,99 dollars par mois, les artistes ont accès à 3 millions de boucles (lignes de synthé, chœurs, rythmiques de batterie...) sur Splice. (Crédits : Capture d'écran / Splice)
Lancée en 2013, la marketplace américaine permet à des artistes de renom, comme Drake ou Ariana Grande, de télécharger en illimité des boucles d'instruments pour leurs propres compositions. Splice vient de boucler une série C de 57,5 millions de dollars, portant le total de fonds levés à 104,7 millions de dollars.

Cette startup se cache derrière les plus grands tubes des charts américains - du rappeur Drake à la pop star Ariana Grande, ou encore Eminem et Maroon 5. Lancée en 2013, Splice a profité de l'essor du streaming pour industrialiser la phase de composition des artistes. Avec un postulat de départ : l'époque où l'artiste composait seul son prochain hit dans sa chambre est révolue. Aujourd'hui, pour la très grande majorité des styles en vogue (rap, pop, électro), le principal instrument est devenu l'ordinateur. La jeune pousse a donc créé une place de marché dédiée aux samples - ces boucles de sons électroniques, d'instruments et de chants.

Splice permet aux musiciens de mettre à disposition gratuitement sur sa plateforme des samples libres d'utilisation pour les artistes. En s'acquittant d'un abonnement de 7,99 dollars par mois, les artistes ont accès à 3 millions de boucles : lignes de synthé, chœurs, rythmiques de batterie... Le téléchargement de samples est illimité et sans coût supplémentaire.

« C'est comme aller à l'épicerie, mais pour des sons. J'entends un rythme de batterie que j'aime bien, je le prends. J'entends une cymbale ou une boucle, et je prends », explique au Wall Street Journal le producteur Boi-1da.

Il a gagné cette année le Grammy Award de la meilleure chanson rap pour "God's Plan" de Drake, composée à partir de Splice.

15 millions de dollars de royalties reversés depuis 2015

Pour rémunérer les compositeurs, la jeune pousse met en commun les revenus des abonnements et distribue des royalties au pro rata des téléchargements. Splice a ainsi annoncé la semaine dernière par communiqué de presse avoir déjà reversé 15 millions de dollars de royalties depuis 2015. Le montant devrait grimper à plus de 20 millions de dollars d'ici la fin de l'année.

« La musique est dans une bonne période », déclare auprès de Techcrunch Steve Martocci, cofondateur et Pdg de Splice. « Les retombées du succès du streaming sont formidables. Plus les gens réalisent à quel point le marché est important, plus ils veulent créer de la musique, donc le potentiel est énorme. »

Splice ne se résume pas à une simple libraire de sons libres de droits. La plateforme propose entre autres un service cloud pour stocker les chansons. Elle permet aussi de simplifier le parcours de création et de ringardiser les échanges de musiques via Dropbox. Pour échanger autour d'un titre, il suffit d'ajouter les adresses mails des collaborateurs dans Splice pour leur donner accès aux différentes pistes. À l'image d'un document partagé sur Google ou de la messagerie d'entreprise Slack, il est ensuite possible de laisser des commentaires ou de voir les dernières modifications enregistrées. Rien d'étonnant là-dedans : le fondateur Steve Martocci a auparavant créé la messagerie GroupMe, désormais propriété de Microsoft.

104,7 millions de dollars levés depuis 2013

Si Splice s'adresse principalement aux musiciens professionnels, la jeune pousse revendique 2.5 millions d'utilisateurs - dont 1.5 million gagnés sur un an. Elle a annoncé la semaine dernière avoir bouclé une série C de 57,5 millions de dollars afin de créer de nouveaux produits, travailler davantage avec des artistes de renom et diversifier les samples proposés pour toucher des styles musicaux plus variés. Au total, Splice a levé 104,7 millions de dollars depuis sa création. Selon Techcrunch, elle serait valorisée 285 millions de dollars.

Pour continuer de croître, Splice a décidé de bien s'entourer. Ryan Walsh, ancien responsable produit d'Apple Music et ancien vice-président Beats by Dre, a rejoint la startup en juin dernier au poste de responsable produit. Chris Acquaviva, ancien directeur financier chez Marvel Entertainment, occupera désormais ce poste chez Splice.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2019 à 9:18 :
Ici, on ne parle pas de musique, mais de business.
Les "musiques" actuelles sont sans âme, decerebrante par des rythmes et des sons synthétiques, tellement parfait que les voix posées dessus dont d'une froideur abyssale.A tel point que des clips toujours plus "accrocheurs" (traduire sexuels) sont essentiels à la vente de ces "produits musicaux". Tout cela pour du pognon avec au passage l'abetissment d'une jeunesse en mal d'éducation et de repères.

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