REPORTAGE. Abordable, dynamique et proposant une certaine douceur de vivre, la capitale texane attire un nombre croissant d'acteurs du numérique. Au point qu'on parle désormais d'elle comme d'une deuxième Silicon Valley.Chaque année, à l'approche des premiers frimas, des hordes d'oiseaux parcourent le ciel texan. Certains ne font que passer pour gagner les régions tropicales d'Amérique centrale, mais nombreux sont ceux qui passent l'hiver dans le Lone Star State. Plus des deux tiers des espèces observables au Texas sont ainsi des oiseaux migrateurs. Depuis quelques années, Austin, la capitale, accueille des migrants d'un autre type : des entrepreneurs venus du reste des États-Unis et du monde pour concrétiser leurs idées les plus folles et monter leur startup dans ce que beaucoup considèrent comme un nouvel eldorado économique. Mais à la différence de leurs homologues à plumes, eux n'ont pas l'intention de repartir au printemps.
Apple, Amazon, Oracle, Elon Musk : Austin attire les pontes de la Silicon Valley
Depuis le Coronavirus, l'attractivité d'Austin semble s'être encore accrue. En juillet dernier, Elon Musk a annoncé la construction d'une nouvelle Gigafactory (la deuxième sur le territoire américain) en périphérie de la ville, ainsi que d'un projet de tunnel qui sera assuré par The Boring Company. Le milliardaire a lui-même déménagé à Austin, et les rumeurs d'un déplacement du siège social de Tesla de la Silicon Valley vers la capitale texane vont bon train. On évoque également l'ouverture imminente d'une usine SpaceX, l'entreprise recrutant activement des ingénieurs sur place.
En décembre, c'est Oracle qui a annoncé la migration de son siège social vers Austin, où le géant de l'informatique possède un verdoyant campus sur les rives du lac Lady Bird, dans le quartier de Riverside. Les employés peuvent y travailler depuis des terrasses ombragées avec vue sur le lac, faire de l'exercice dans une salle de sport flambant neuf, et disposent d'un « tech bar » pour faire rapidement réparer leurs appareils électroniques.
Amazon, qui investit d'importantes ressources au Texas depuis l'échec de son projet de second siège social à New York, a quant à elle annoncé l'an passé sa volonté de créer 1.700 emplois supplémentaires dans la région d'Austin, où elle compte de nombreux entrepôts. « Tandis que certains états font fuir les entreprises à coups d'impôts élevés et de lourdes régulations, nous continuons de voir une vague de sociétés, dont Oracle, s'installer au Texas grâce à notre climat propice aux affaires, à nos faibles impôts et à la meilleure main d'œuvre du pays », claironne le gouverneur Greg Abbott.
Car les géants des nouvelles technologies n'ont pas attendu la pandémie pour s'intéresser à Austin. En 2019, Apple a annoncé la construction d'un nouveau campus sur place, dans lequel l'entreprise à la pomme entend dépenser un milliard de dollars. Facebook et Google possèdent quant à eux des bureaux dans le centre-ville d'Austin. Plusieurs investisseurs historiques de la Silicon Valley ont également récemment posé leurs valises dans la capitale texane : Jim Breyer et Joe Lonsdale y ont ainsi déménagé leurs fonds respectifs, Breyer Capital et 8VC. « Silicon Hills » : c'est ainsi que l'on surnomme désormais l'écosystème technologique florissant d'Austin, une référence évidente à sa prétention au titre de nouvelle Silicon Valley.
Guillaume Renouard, à Austin, Texas