"Fight for the Future", l'ONG qui dénonce la "tech non-éthique" dans la Silicon Valley

Facebook confirme le partage de donnees avec des groupes chinois
REGIS DUVIGNAU

Facebook confirme le partage de donnees avec des groupes chinois
REGIS DUVIGNAU
« Employés de la Silicon Valley, il est temps de s'exprimer. » C'est le message adressé par Fight for the Future, une ONG américaine fondée en 2011, aux salariés des mastodontes de la tech. L'association de défense des droits numériques a lancé mardi 19 février une campagne sur les réseaux sociaux et un site dédié, baptisé #SpeakOut (en français, "exprimez-vous").
Le but : aider les salariés de la Silicon Valley à se muer en lanceurs d'alerte pour dénoncer « la tech non-éthique ». Sur son site, l'association questionne : « Votre entreprise est-elle à la hauteur de ses valeurs ? (...) Le produit que vous construisez a-t-il la capacité de cibler injustement des communautés de couleur, de mettre en danger les familles qui demandent l'asile ou d'exposer des victimes d'abus ? »
L'association estime que « les employés de la tech doivent rester vigilants et parler de l'impact des projets sur lesquels ils travaillent. » Dans une vidéo de sensibilisation, elle explique :
Ironie du sort : pour cibler les potentiels lanceurs d'alerte, l'ONG diffuse sa vidéo via... Facebook et Google.
L'année dernière, Fight for the Future avait lancé une campagne contre Salesforce à la suite de son contrat conclu en mars 2018 avec les douanes et la protection des frontières des États-Unis (CBP). Ce service utilise une technologie développée par Salesforce pour "gérer les activités frontalières", affirme l'entreprise dans un communiqué de l'époque.
Cette campagne arrive au moment où les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sont dans le viseur des régulateurs du monde entier : protection des données, évasion fiscale, problèmes éthiques... Une fronde a également percé au sein des géants de la tech en 2018. Chez Amazon, Google, Facebook, ou encore les startups de livraison de repas comme Deliveroo, l'année 2018 a été marquée par des revendications salariales et des préoccupations éthiques.
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Par exemple, chez Google, les employés ont manifesté en interne leur opposition en août dernier à un projet de moteur de recherche "censuré" pour pouvoir conquérir la Chine. Toujours dans la firme de Mountain View, les intérimaires, qui font figure de salariés de seconde zone, ont manifesté en décembre dernier pour "un traitement équitable" et un "changement structurel".