GRAND ANGLE. De service de visioconférence réservé aux professionnels, Zoom est devenu un élément essentiel du quotidien à l’ère du Covid-19. L’entreprise veut désormais capitaliser sur son succès et transformer la manière dont nous communiquons au travail.Lors du dernier jour de la Convention Nationale Démocrate, qui s'est tenue fin août, plusieurs candidats malheureux à l'investiture du parti, dont Bernie Sanders, Elizabeth Warren et Peter Buttigieg, ont participé à un appel Zoom collectif rediffusé sur écran géant, durant lequel ils ont évoqué le bon vieux temps de la campagne, échangé des plaisanteries et exprimé leur soutien unanime à Joe Biden, qui affrontera Donald Trump le 3 novembre prochain. Qui aurait cru qu'un outil de communication professionnelle relativement confidentiel au début de l'année, se retrouverait ainsi sous les projecteurs lors d'un événement politique majeur ?
De l'apéro virtuel du confinement aux procès et mariages à distance
Ainsi va la "zoomification" du monde. Les Démocrates sont loin d'être les seuls à ne plus pouvoir composer sans cet outil devenu omniprésent à l'ère du Coronavirus et de la distanciation sociale. Si l'on ne présente plus les célébrissimes apéros Zoom du vendredi soir qui ont fleuri durant le confinement, le service de visioconférence accomplit aujourd'hui les fonctions les plus diverses. En mai dernier, un tribunal texan a organisé le tout premier procès sur Zoom. Un couple d'amis de l'auteur, qui avait prévu de se marier cet été à Los Angeles, a fini par organiser une cérémonie en tout petit comité, les deux mariés et un témoin, le tout diffusé en direct sur Zoom pour ses amis et famille, donnant à la scène une atmosphère étrange et futuriste.
À San Francisco, l'église jésuite Saint Ignatius, située dans le quartier de Nopa, à deux pas du Golden Gate Park, diffuse quant à elle chaque dimanche la messe sur YouTube, avant d'organiser un appel collectif sur Zoom réunissant les fidèles après l'office. « Cela permet de retrouver en partie le côté social et communautaire, de voir des visages familiers et d'échanger des nouvelles », confie Shirley, une paroissienne. Soirées d'intégration, réunions des alcooliques anonymes, rendez-vous galants et même cérémonies funéraires ont également trouvé refuge sur la plateforme.
Guillaume Renouard, correspondant à San Francisco