Les Civic Tech et les pouvoirs publics lancent une alliance mondiale pour sauver la démocratie

Emmanuel Macron, République, politique, France
Reuters

Emmanuel Macron, République, politique, France
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Les Civic Tech, ces startups et organisations qui donnent aux citoyens de nouveaux outils pour peser dans le débat public à l'heure des nouvelles technologies, veulent sortir du bois. Lundi 12 novembre, en marge du Sommet pour la Paix de Paris, le chef de l'État Emmanuel Macron, et Axel Dauchez, le président de Make.org, ont annoncé le lancement de "l'Initiative pour une Démocratie durable". Concrètement, il s'agit de la première alliance, à l'échelle mondiale, entre des Civic Tech, des États et des villes, pour engager les pouvoirs publics à utiliser ces nouveaux outils afin de se reconnecter à leurs citoyens.
L'élection récente au Brésil de Bolsonaro, celle du populiste Donald Trump aux États-Unis marquée par les "fake news" et les ingérences étrangères pour en manipuler l'issue, les records d'abstention attendus pour les élections européennes... Partout, l'influence des outils technologiques comme les réseaux sociaux, la puissance des lobbys et la domination économique d'entreprises supranationales comme les Gafa américains (Google, Apple, Facebook, Amazon), renforcent la défiance des citoyens.
Ainsi, le but de l'Initiative pour une "démocratie durable" est, enfin, de tirer le constat que beaucoup de ces nouveaux outils fonctionnent et qu'il faut désormais passer à l'échelle supérieure en impliquant davantage les pouvoirs publics.
Pour l'heure, 40 organisations ont signé la "Charte d'alliance entre les pouvoirs locaux et les Civic Tech". Lancement oblige, l'essentiel des signataires sont moins des États et des villes que des Civic Tech qui ont pignon sur rue, comme les Français Make.org (plateforme de consultation citoyenne), Fluicity (plateforme de participation citoyenne dans les villes), Voxe.org (comparateur de programmes), ou encore Parlement et citoyens (vérification de l'action parlementaire).
Mais l'impulsion est bien lancée puisque deux pays et une ville ont déjà signé : la France et Taïwan du côté des pays, Paris pour les villes. Bien que rares pour l'instant, des personnalités internationales sont aussi du lot, comme Christiano Ferri, le fondateur du Brazilian Congress Hacker Lab, ou Lex Paulson, ancien conseiller de campagne de Barack Obama en 2008.
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La charte implique sept engagements pour les Civic Tech, dont rester indépendant et neutre vis-à-vis des pouvoirs, mettre l'innovation technologique au service de la démocratie, transparence du fonctionnement des algorithmes, ou encore respect des données personnelles et de la sécurité des utilisateurs. Les États et les pouvoirs locaux doivent de leur côté s'engager à maximiser l'implication des citoyens dans leur fonctionnement en recourant à ces outils le plus possible, aider au développement de l'innovation démocratique et lutter contre la fracture numérique qui empêche les populations les plus précaires d'utiliser les ces nouveaux outils.
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Le succès de l'Initiative dépendra de sa capacité à convaincre États et villes dans le monde entier de la rejoindre et d'en appliquer sérieusement les principes. Dans le cas contraire, les sceptiques des Civic Tech y verront une nouvelle preuve de son incapacité à être utilisée à grande échelle.