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Technos & Medias

Brexit : le secteur high-tech risque d’être très affecté

Samuel Stolton, Euractiv

Publié le 23 août 2019 à 09:27 - Mis à jour le 02 septembre 2019 à 10:17

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L’UE absorbe près de la moitié des exportations numériques du Royaume-Uni, selon des chiffres du gouvernement britannique récemment publiés. Le secteur des biens et services numériques panique à l’approche de la sortie de l’Union européenne. Un article de notre partenaire Euractiv.

De nouvelles données publiées fin août sur le commerce outre-Manche braquent les projecteurs sur la vulnérabilité du secteur high-tech britannique. Selon le ministère du Numérique, de la Culture, des Médias et des Sports (DCMS), l'UE absorbe  42,8 % des exportations du secteur, pour 23,6 milliards de livres sterling par an. Le numérique représentent la part principale par rapport aux autres branches (culture, médias, sports) soit un flux commercial de 19,4 milliards de livres sterling. Même top sur les produits  : 40,1 % des biens DCMS, soit 11,3 milliards de livres sterling, sont vendus en Europe, et là encore, les téléphones et autres tablettes et ordinateurs se taillent la part du lion. L'analyse du gouvernement britannique souligne une nouvelle fois que l'Union européenne est un partenaire essentiel pour le commerce des secteurs en question, et que certains États membres — la France, l'Allemagne, l'Irlande et les Pays-Bas — sont des partenaires commerciaux particulièrement intéressants.

Les chiffres des importations en provenance de l'UE absorbées par le Royaume-Uni sont aussi importants. 44,5 % du total des services importés par le secteur DCMS sont importés d'UE,  et 44,9 % pour les produits. Les données inquiète sérieusement le secteur des entreprises de technologie. Dom Hallas, PDG du groupe de lobbying Coadec, a souligné le fait que les économies numériques du Royaume-Uni et de l'Union européenne étaient très proches et que le commerce dans le secteur numérique ne pouvait pas être mis de côté. « Les chiffres nous rappellent une nouvelle fois que les économies numériques britanniques et de l'UE sont profondément interconnectées et que les règles qui les contrôlent ne peuvent pas être dissoutes après le Brexit », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Thomas Boué, le directeur général de la politique européenne auprès de la Software Alliance (BSA), un lobby représentant les intérêts de Microsoft, Apple et IBM, s'est voulu optimiste pour l'avenir post-Brexit. « Ce rapport révèle l'importance des relations commerciales entre l'UE et le Royaume-Uni, en particulier dans le secteur numérique. Dans un monde post-Brexit, la BSA et nos sociétés membres veulent garantir que le commerce numérique et les flux de données entre l'UE et le Royaume-Uni ne soient pas trop perturbés », a indiqué Thomas Boué.

Opération Yellowhammer

À propos des flux de données post-Brexit, des documents du gouvernement britannique ont récemment été divulgués, témoignant de l'inquiétude tournant autour de l'opération Yellowhammer - le plan d'action du Royaume-Uni en cas de Brexit dur. En ce qui concerne le secteur des technologies, les documents mettent en lumière les perturbations que traverseront  les entreprises à propos du transfert de données entre l'UE et le Royaume-Uni.

D'après The Sunday Times, « les documents dévoilent qu'un Brexit sans accord pourrait perturber le flux de données personnelles de l'UE, car aucune solution légale alternative pour le transfert de données n'a pas été envisagée. Les fuites stipulent par ailleurs qu'en cas de Brexit dur, un accord pourrait prendre des années ». Début 2019, la commissaire en charge du respect de la vie privée au Royaume-Uni, Elizabeth Denham, avait confirmé que davantage de lois européennes pourraient être nécessaires pour simplifier les transferts de données depuis le Royaume-Uni vers l'UE.

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Thomas Boué a répondu à ces inquiétudes en affirmant « qu'il était primordial pour les sociétés qui se reposent sur des logiciels d'assurer un cadre légal solide permettant aux flux de données de ne pas être interrompus ». Toutefois, il est plus probable qu'un accord, esquissé dans les documents divulgués de l'opération Yellowhammer et semblable au bouclier de protection des données UE-États-Unis, soit rapidement établi entre l'UE et le Royaume-Uni.

Le regard tourné vers l'Asie et les Amériques

Entre-temps, la Secrétaire d'État au Numérique, à la Culture, aux Médias et au Sport, Nicky Morgan, a tenté de détourner l'attention portée aux risques qu'encoure le secteur britannique des technologies en cas de Brexit dur. Ce 21 août, elle a souligné au Telegraph « qu'il était primordial d'accroitre le commerce dans le secteur des technologies avec des partenaires plus importants comme l'Asie, l'Amérique du Nord et du Sud ».

« Comme nous quittons l'UE, nous devons étendre nos relations commerciales avec le reste du le monde. Nous devrions être optimistes pour l'avenir de notre pays en voyant que deux des plus grands marchés technologiques au monde sont de plus en plus intéressés par notre secteur », a-t-elle écrit. Elle a ajouté que les documents publiés ce mercredi montraient qu'entre janvier et juillet 2019, le secteur technologique britannique avait attiré 6,7 milliards de dollars d'investissements, dont plus de la moitié en provenance d'Amérique et d'Asie.

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Selon Dom Hallas de Coadec, les données confirment le rôle du Royaume-Uni en tant que « premier écosystème en Europe [...] et montrent qu'aucune des deux parties ne bénéficie d'un Brexit sans accord — mais que les start-ups technologiques britanniques sont celles qui souffriront le plus ». Le Royaume-Uni est censé quitter officiellement l'UE à minuit le 31 octobre. Le nouveau gouvernement britannique de Boris Johnson a durci sa position et l'accord précédent conclu entre Theresa May et l'UE a été mis de côté, ce qui signifie que l'engagement du précédent gouvernement britannique à permettre la circulation des données entre l'UE et le Royaume-Uni n'est plus certain.

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Par Samuel Stolton, Euractiv.com

(Article publié le vendredi 23 août 2019 à 09:54)

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Retrouvez toutes les actualités et débats qui animent l'Union européenne sur Euractiv.fr

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EURACTIV 2017 new logo (Crédits : Euractiv)

Samuel Stolton, Euractiv

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