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Concentration des médias : Bernard Arnault dément tout objectif d’« influence » via ses journaux

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 20 janvier 2022 à 15:07 - Mis à jour le 20 janvier 2022 à 15:07

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Interrogé ce jeudi par la Commission d’enquête du Sénat sur la concentration dans les médias, la première fortune de France, à la tête de LVMH, mais aussi des Echos, du Parisien ou encore de Radio Classique, se voit comme un simple mécène de la presse. Sans lui, argue-t-il, certains de ses titres n’auraient peut-être pas survécu.

Pour les grands industriels français propriétaires de nombreux journaux, radios et chaînes de télévision, minimiser ces actifs est décidément tendance. Dans le sillage de Vincent Bolloré, le chef de file de Vivendi (Canal+, CNews), qui a relativisé la taille de son groupe, ce mercredi, devant la Commission d'enquête du Sénat sur la concentration des médias, Bernard Arnault a fait de même. Ce jeudi matin, devant cette même commission, la première fortune de France a estimé que ses titres de presse (Les Echos, Le Parisien, Investir), auxquels il faut ajouter Radio Classique, constituaient à ses yeux « un sujet assez marginal ». Bref une minuscule goutte d'eau à l'échelle de son groupe, le géant du luxe LVMH. Ce qui justifierait un intérêt moindre. « Cette activité n'est pas ma spécialité, a-t-il lancé. Je n'y consacre qu'assez peu de temps. »

Pourquoi, alors, investir dans la presse ? Devant les sénateurs, Bernard Arnault a jugé que cette activité était « proche du mécénat ». Le chiffre d'affaires de ses médias s'élève, selon lui, à environ 400 millions d'euros, « mais, malheureusement, les pertes sont substantielles ». A l'en croire, « cet ensemble s'est constitué lentement, sans plan concerté ». A chaque fois, le milliardaire assure qu'on est venu le chercher pour « sauver », finalement, des titres en difficulté. « En 2016, nous avons acquis Le Parisien parce que le groupe Amaury ne pouvait plus en assurer la charge », a-t-il déclaré. Bernard Arnault affirme être ici animé par un soucis « d'intérêt général ». « Sinon, poursuit-il, certains de ces titres n'auraient peut-être pas survécu. »

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Pas question, toutefois, d'acheter n'importe quoi. Il sélectionne ses médias parce qu'ils constituent des « fleurons » dans leurs domaines respectifs. A l'instar des Echos, précise-t-il, qualifié d'« irremplaçable » en matière d'économie. Son objectif n'est, ensuite, que d'aider ses journaux à survivre au « bouleversement » de la révolution digitale et à la baisse des recettes publicitaires, en misant gros, notamment, sur l'acquisition d'abonnés numériques. « L'objectif, pour nous, est de faire en sorte que ces entreprises réussissent à redevenir rentables », argue-t-il.

Pierre Manière

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