Sous pression, Twitter interdit les publicités climato-sceptiques
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Stephen Lam
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Alors que la modération des contenus de la plateforme est critiquée à gauche et à droite, par ceux qui l'accusent de censure comme par ceux qui lui reprochent son laxisme, Twitter a fait savoir vendredi - le 22 avril, soit le "jour de la Terre" - que les publicités trompeuses sur le changement climatique seraient désormais interdites, afin de ne pas saper les efforts en faveur de la protection de l'environnement.
Ainsi, les annonces qui "contredisent le consensus scientifique" sur le sujet ne passeront plus.
Pour arbitrer, le réseau social se servira des données du GIEC, les experts climat de l'ONU. Début avril, cet organe qui fait autorité a publié de nouveaux rapports montrant une nouvelle fois que les humains étaient "indiscutablement" responsables du réchauffement de la planète, qui a gagné environ +1,1°C depuis l'ère pré-industrielle. Il devrait atteindre +1,5°C ou +1,6°C autour de 2030, soit dix ans plus tôt qu'estimé précédemment, avec des conséquences dévastatrices.
L'annonce intervient alors qu'Elon Musk, le patron de Tesla, est en train d'essayer de racheter Twitter pour en faire une entreprise privée (non cotée en Bourse), et a pour cela lancé une OPA hostile de 43 milliards de dollars il y a quelques jours. L'homme le plus riche du monde, grand amateur des provocations, plaisanteries et moqueries, estime que le réseau des gazouillis bride la liberté d'expression. Il a promis de la modération des contenus moins stricte et plus transparente s'il parvient à ses fins.
Comme le rappelait mi-avril à La Tribune Olivier Ertzscheid, spécialiste des nouvelles technologies à l'Université de Nantes, Elon Musk se fait en effet le porte-voix d'un mouvement contestataire selon lequel les réseaux sociaux dominants entraveraient la liberté d'expression.
A l'inverse, l'ancien président américain Barack Obama a appelé jeudi à plus de régulation des réseaux sociaux, afin qu'ils soient "plus responsables" et "plus transparents", dans un discours passionné prononcé à l'université de Stanford (Californie) au cœur de la Silicon Valley. Le leader démocrate y a tenu des propos forts, affirmant que le problème au cœur de la désinformation était moins "ce que les gens publient" que "les contenus que ces plateformes promeuvent".
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Hasard du calendrier, la nouvelle tombe également la veille de l'adoption par l'Union européenne et le Parlement européen d'un nouveau cadre législatif visant les plateformes numériques, qui sont priées d'amplifier leurs efforts pour combattre les contenus illégaux en ligne. De quoi rajouter de la pression sur le réseau social, alors que la lutte contre la désinformation fait pleinement partie du texte, qualifié d' "historique" par l'exécutif européen. De fait, les grandes plateformes sont régulièrement accusées de ne pas lutter suffisamment contre la désinformation, notamment sur des sujets sensibles, de la politique au climat, où les implications dans la vie réelle peuvent être dramatiques. Les géants du numérique, dont fait partie Twitter près de 430 millions d'utilisateurs mensuels, se verront ainsi imposer une transparence accrue sur leurs données et algorithmes de recommandation.
YouTube (Google) avait pris des mesures similaires fin 2021, tandis que Facebook (rebaptisé Meta) privilégie la mise en avant des faits scientifiques indiscutables via une section consacrée à l'environnement. La société interdit également les publicités faisant la promotion d'informations climatiques que ses vérificateurs de faits tiers jugent fausses, selon le porte-parole de Meta, Aaron Simpson.
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Pourtant, concernant ce réseau social en particulier, un rapport publié en 2021 par le groupe de défense de tendance libérale Avaaz a révélé qu'entre le 6 avril 2021 et le 15 novembre 2021, les cinq principaux désinformateurs sur le changement climatique ont réussi à accumuler plus de 60 millions de vues sur des messages contenant des mensonges sur le climat - dont la plupart n'ont pas été étiquetés par Facebook comme faux. Par ailleurs, en août dernier, un rapport publié par le groupe de réflexion britannique InfluenceMap assurait que les annonces faisant la promotion des combustibles fossiles, fortement émetteurs de gaz à effet de serre, avaient été vues plus de 431 millions de fois sur les plateformes américaines de Facebook rien qu'en 2020.
(Avec AFP et Reuters)
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