Enseignement en ligne : levée de fonds exceptionnelle pour GoStudent

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Félix Ohswald (PDG) et Gregor Müller (DG) ont fondé GoStudent en 2016.
Félix Ohswald (PDG) et Gregor Müller (DG) ont fondé GoStudent en 2016. (Crédits : GoStudent)
Avec la crise sanitaire, le marché de l'enseignement en ligne explose. Actif sur le segment scolaire, GoStudent a levé ce mardi 70 millions d'euros au terme d'un nouveau tour de table. Avec cette deuxième levée de fonds, la startup autrichienne veut s'implanter dans de nouveaux pays et se faire une place sur le marché européen de l'apprentissage numérique, en forte progression depuis 2017.

C'est une levée de fonds de taille sur le marché de l'enseignement scolaire en ligne en Europe. La startup de tutorat GoStudent a annoncé ce mardi avoir réuni 70 millions d'euros au terme d'un nouveau tour de table. Au total, depuis sa création à Vienne en 2016, ce sont plus de 86 millions d'euros qui ont été investis dans la société par différents acteurs. Aujourd'hui, c'est la plus grosse levée de fonds jamais réalisée en Europe sur le secteur K-12 des EdTech, c'est-à-dire les startups qui créent des solutions technologies dédiées à l'éducation dans le primaire et le secondaire (les douze premiers niveaux ou K12). En comparaison, la moyenne des levées réalisées sur le marché EdTech européen en 2020 est évaluée à 9 millions d'euros d'après le rapport annuel d'Educapital, un fonds d'investissement spécialisé dans l'éducation et la formation. Parmi ses concurrents dans le scolaire : DigiSchool, qui a levé 14 millions d'euros en 2017, OpenClassrooms, Kartable...

Outre son montant exceptionnel, cette levée de fonds illustre la forte croissance du marché de l'enseignement en ligne européen. En effet, toujours selon les travaux d'Educapital, 118 investissements y ont été réalisés l'année dernière, contre 97 en 2019, soit 21 supplémentaires. En cause : avec la fermeture des lieux de savoir, la crise du Covid a renforcé le rôle de l'apprentissage digital aux yeux du vieux continent, conclut le rapport.

Lire aussi : Marie-Christine Levet : « L'edtech est un enjeu de souveraineté éducative »

Une croissance inédite

En effet, « la demande pour les cours particuliers en ligne a été confirmée par la vitesse fulgurante de croissance de l'entreprise, plus de 800% en 2020 », souligne à ce titre Nenad Marovac, membre du board chez GoStudent. L'année dernière, la startup, qui se rémunère sous forme d'abonnement, a suivi une croissance de 30% en moyenne chaque mois. Au total, ce sont près de 250.000 cours qui ont été réservés en ligne tous les mois.

Cette expansion lui a permis d'attirer un nouvel investisseur de taille. Pour la deuxième levée de fonds de GoStudent, l'américain Coatue a rejoint les investisseurs historiques Left Lane Capital (Etats-Unis) et DN Capital (Royaume-Uni). Parmi les plus grands fonds d'investissement du monde, Coatue gère près de 40 milliards d'actifs et a investi dans des succès mondiaux, comme Snap ou Spotify.

L'enseignement en ligne

Car la startup autrichienne a de grandes ambitions. D'une part, elle cherche à consolider sa place sur le segment K12, qui représente 8% des volumes d'investissements réalisés en Europe dans l'EdTech en 2020, selon le rapport d'Educapital. Elle vise ainsi 5 nouveaux pays européens d'ici la fin de l'année, contre 10 actuellement.

Surtout, elle entend conquérir le reste du marché de l'enseignement en ligne. En effet, en 2019, ce sont les segments de la formation continue et de l'enseignement supérieur qui attirent les leaders de l'EdTech européen, comme en témoigne la valeur des levées de fonds. Par exemple, dans l'enseignement supérieur, JobTeaser et Brainly ont, depuis leur création, levé respectivement 70 et 68 millions d'euros... Même chose dans la formation continue. En 2019, 360Learning a levé 36 millions d'euros et Talentsoft 45 millions.

Ainsi, pour se positionner sur ces segments, GoStudent va augmenter fortement ses effectifs. Elle devait compter 800 salariés d'ici la fin de l'année, contre 300 actuellement.

Le marché européen

Et pour atteindre ses objectifs, l'entreprise peut compter sur la forte croissance du marché européen de l'EdTech. Bien que 70% des montants soient encore levés par des startups chinoises, dont Zuoyebang et DaDa, les investissements en Europe ont dépassé le milliard d'euros pour la deuxième année consécutive en 2020, révèle l'étude d'Educapital.

En cause : dans le vieux continent, comme dans le reste du monde, « la crise du Covid19 a démontré de manière brutale l'insuffisante digitalisation des systèmes et établissements éducatifs », continue le rapport. Dès lors, cette prise de conscience fait croire à « un bond en avant du marché de l'Edtech, qui pourrait valoir jusqu'à 500 Md$ en 2025, contre 325 Md$ (estimations pré-Covid19) », conclut-il.

Et en Europe, la marge de manoeuvre est encore plus importante : par exemple en France, seulement 3% des investissements réalisés dans l'éducation sont des investissements dans le numérique et le digital, expliquait Litzie Maarek, partner chez Educapital, lors d'une interview donnée à Bpifrance Le Hub début 2018.

En particulier, les segments du K12 et de l'enseignement supérieur rassemblés, ainsi que la formation professionnelle et le futur du travail, sont les plus en vogue : ils concentrent respectivement 35% et 34% des volumes d'investissements réalisés en Europe en 2020, d'après le rapport d'Educapital.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2021 à 10:14 :
L'enseigne en ligne, c'est la fin de l'enseignement laïque, républicain.
C'est la porte ouverte à un enseignement déshumanisé, potentiellement orienté, manipulé.
Un retour à l'obscurantisme, la fin de la démocratie déjà bien malmenée à travers le Monde.
L'enseignement en ligne, c'est Facebook, Tweeter... tous les réseaux sociaux réunis pour le pire.

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