ENTRETIEN. Premier fabricant français de câbles pour les télécoms, Acome vend sa fibre aux opérateurs et acteurs impliqués dans le plan France Très haut débit (PTHD). Ce programme ambitionne de couvrir tout l'Hexagone en fibre d'ici à 2025. Dans ses usines de Mortain (Manche), Jacques de Heere, le PDG d'Acome, fait le point sur son activité. Il précise comment le groupe compte rebondir lorsque le PTHD arrivera à son terme.LA TRIBUNE - Le déploiement de la fibre se poursuit à toute vitesse en France. En profitez-vous, malgré la concurrence chinoise ?
JACQUES DE HEERE - Nos ventes progressent. Elles ont augmenté de près de 30% par rapport à l'an dernier. Mais nous sommes encore en retard par rapport à 2019. Cette année-là, nous avons été perturbés par l'importation massive de fibre chinoise par les opérateurs et installateurs français, lesquels en ont ensuite beaucoup stocké. Ces stocks se sont résorbés entre la fin 2020 et début 2021. Voilà pourquoi l'activité est bien repartie.
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Où votre fibre est-elle installée ?
Nous terminons la couverture des grandes villes et zones denses, ainsi que des zones moyennement denses [essentiellement les villes moyennes et les périphéries des grandes agglomérations, Ndlr]. Nous équipons de plus en plus les réseaux d'initiative publique (RIP), situés dans les territoires ruraux. Le rythme est soutenu. Aujourd'hui, en France, il y a environ 1,5 million de prises raccordables à la fibre de plus par trimestre.
Dans ce contexte, votre chiffre d'affaires va-t-il augmenter de manière significative ?
Sur le volet télécoms, qui représente 60% des ventes du groupe (contre 40% pour les câbles pour l'automobile). J'espère que la progression de notre chiffre d'affaires va effacer la baisse de 2020. Au global, l'an dernier, nous avons fini à 420 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit 115 millions d'euros de moins que l'exercice précédent. Cette année, nous devrions nous situer aux alentours de 550 millions d'euros. Cela reste une belle remontée. Mais elle sera ternie, en cette fin 2021, par la crise des semi-conducteurs dans l'automobile. Chez-nous, elle ne se traduit pas par des pénuries, mais par de nombreuses annulations de commandes, de l'ordre de -20% à -30% par rapport au prévisionnel des constructeurs.
Vous attendiez des mesures de Bruxelles pour en finir avec la concurrence chinoise. Où en est-on ?