Comment l’Etat manœuvre pour qu’Alcatel Submarine Networks reste dans le giron français

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Il y aurait, aujourd'hui, environ 430 câbles sous-marins actifs dans le monde. Ces infrastructures sont essentielles pour le bon fonctionnement d'Internet et des communications intercontinentales.
Il y aurait, aujourd'hui, environ 430 câbles sous-marins actifs dans le monde. Ces infrastructures sont essentielles pour le bon fonctionnement d'Internet et des communications intercontinentales. (Crédits : DR)
Selon nos informations, un consortium composé par BPIFrance, le fonds Aleph Capital et Ekinops serait en bonne voie pour racheter le fleuron des câbles sous-marins à Nokia.

Le deal pourrait être annoncé d'ici peu, et plus précisément dans une dizaine de jours si tout se passe bien. Selon nos informations, un consortium composé par BPIFrance, le fonds Aleph Capital et l'équipementier français Ekinops est en passe de mettre la main sur Alcatel Submarine Networks (ASN), un des leaders mondiaux de la fabrication et de la pose des câbles sous-marins. Il resterait encore quelques points d'importance à régler avec Nokia. L'équipementier français serait l'opérateur d'ASN mais n'en serait qu'un actionnaire minoritaire, selon nos informations.

Car Ekinops n'arrive pas seul. Il est accompagné par BPIFrance et le fonds Aleph Capital (qui sont déjà tous les deux au capital de l'équipementier). Cette solution rassure et a les faveurs du gouvernement, qui souhaite qu'ASN, une société à l'activité stratégique, reste sous pavillon français de façon pérenne.

L'État dispose, en effet, d'un droit de regard sur la vente d'ASN. Et plus encore depuis que le groupe est passé sous la coupe du géant finlandais Nokia, en 2015, lors de son rachat d'Alcatel. Il faut dire que les câbles sous-marins assurent aujourd'hui 99% des communications intercontinentales. Outre des considérations économiques, les États cherchent à avoir la main sur ces tuyaux où transitent des monceaux d'informations sensibles, et qui sont à la fois dans le collimateur des militaires et des espions.

Orange hors-jeu

Orange, qui était un temps pressenti pour participer au rachat d'ASN, est désormais hors-jeu. L'opérateur historique aurait pu avoir un intérêt à mettre la main sur les six navires câbliers du groupe, afin de compléter sa propre flotte qui compte aussi six bateaux. Mais il ne voulait pas des usines d'ASN spécialisées dans la fabrication de câbles sous-marins et d'équipements télécoms, qui se situent à Calais et en Grande-Bretagne.

À ses yeux, cette activité reste trop éloignée de son cœur de métier. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Orange avait déjà refusé, l'an dernier, de se porter acquéreur  d'ASN. À l'époque, selon Challenges, ASN était valorisé 800 millions d'euros.

Lire aussi : Les actionnaires-salariés d'Orange appellent le groupe à participer au rachat d'ASN

Mi-octobre, Ekinops avait indiqué être en "discussion préliminaire" avec Nokia pour racheter ASN. À ce moment-là, beaucoup estimaient que l'équipementier, basé à Lannion (Côtes-d'Armor), et qui a réalisé un chiffre d'affaires de 63 millions d'euros sur les neuf premiers mois de l'année, n'avait pas les reins assez solides pour avaler ASN. Délégué CFDT d'ASN, Bryan Fackeure avait bien résumé cette inquiétude à l'AFP.

"C'est quand même une boîte beaucoup plus petite que la nôtre. Si demain notre actionnaire ferme le robinet des besoins en investissement pour développer les produits du futur, on ne pourra plus répondre aux attentes des clients, et on n'aura plus de commandes."

Le fait que BPIFrance participe au deal est censé, sous ce prisme, apporter des garanties pour l'avenir d'ASN. Quoi qu'il en soit, Ekinops, de son côté, voit dans ce rachat l'opportunité de réaliser d'importantes synergies dans les terminaux optiques. Contactés par La Tribune, Ekinops, Nokia et BPIFrance se sont refusés à tout commentaire sur l'opération.

Lire aussi : Les câbles sous-marins, autoroutes vitales de l'Internet mondial

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Commentaires
a écrit le 28/11/2018 à 22:09 :
Ca fait très scolaire de donner des bons points, mais quand c'est bien faut le dire aussi.

Espérons que le marché se fera.
a écrit le 28/11/2018 à 19:57 :
c'est plus intelligent que de racheter heuliez qui doit devenir numero 1 mondial de la fabrication atumobile electrique, mais ca va rapporter moins d'electeurs aux socialistes, qui ont l'interet general dans la peau, tant que c'est le leur ( bon, apres, s'ils peuvent refiler leurs dettes a l'aquitaine, ca va aussi)
a écrit le 28/11/2018 à 19:45 :
L'état s'en occupe... alors c'est fichu.

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