
Thomas Reynaud ne l'a pas caché : le directeur général d'Iliad a affirmé, ce mercredi, que le groupe essuyait de « vraies tensions inflationnistes ». Au premier trimestre, le groupe de télécoms, propriété de Xavier Niel, a ainsi vu son chiffre d'affaires progresser fortement de 13%, à 2,19 milliards d'euros. Mais son bénéfice net a, en revanche, dégringolé de 88% à 59 millions d'euros. Le groupe explique cette chute par la cession exceptionnelle, il y a un an, de sa participation dans des infrastructures de réseau mobile en France.
Outre l'inflation, et en particulier la flambée des prix de l'énergie, Iliad évoque la hausse « des charges de maintenance des réseaux ». Dans l'Hexagone, le groupe s'est récemment engagé auprès de l'Arcep, le régulateur des télécoms, à remettre en état ses réseaux les plus dégradés, notamment en région parisienne. Rappelons aussi qu'en France, Free est le seul des quatre grands opérateurs nationaux à ne pas avoir augmenté les tarifs de ses abonnements.
Les télécoms professionnelles en ligne de mire
C'est peut-être cette stratégie qui a, d'ailleurs, permis à Free d'engranger de nouveaux abonnés dans l'Hexagone. Au premier trimestre, l'opérateur en a gagné 172.000 dans le mobile, et 42.000 dans l'Internet fixe. En Italie, Iliad Italia poursuit son essor. Dans le mobile, le groupe a séduit pas moins de 282.000 nouveaux clients. Dans l'Internet fixe, Iliad Italia a engrangé 22.000 abonnés à la fibre, portant son total à 131.000 fidèles. C'est peu, mais le groupe est encore un petit nouveau sur ce marché. Enfin en Pologne, Iliad a gagné 69.000 abonnés mobiles, pour un total de 12,8 millions de clients. Le groupe a, en parallèle, gagné 28.000 abonnés dans l'Internet fixe. Sur ce créneau, il dispose désormais de plus de 2 millions de clients.
Afin de « renforcer son potentiel de croissance à moyen et long terme », Iliad joue sur différents tableaux. Après s'être lancé dans les télécoms pour les entreprises en France, le groupe de Xavier Niel a lancé, au tout début du mois, une offre similaire en Italie. Dans l'Hexagone, l'opérateur a, à l'instar de ses rivaux Orange ou SFR, développé une offre de cybersécurité pour les entreprises. Pour ce faire, il a racheté, le mois dernier, la startup ITrust, qui développe une solution de protection à grand renfort d'intelligence artificielle.
Mais tous les observateurs attendent, surtout, de savoir quelle acquisition Iliad pourrait faire en 2023. Le groupe n'a jamais caché ses envies de se développer dans un autre pays européen. Les regards se portent, tout particulièrement, vers les activités de Vodafone en Italie ou en Espagne. Le géant britannique des télécoms traverse une passe difficile. Le groupe taille aujourd'hui massivement dans ses coûts - en témoigne les 11.000 suppressions de postes annoncées cette semaine, et réfléchit à se séparer de certaines filiales jugées non stratégiques.
Vers un rachat de Vodafone Italia ?
Xavier Niel et Iliad font figure de prétendants. En septembre dernier, le milliardaire s'est notamment invité au capital de Vodafone à hauteur de 2,5%. Et d'après l'agence Bloomberg, les discussions concernant le rachat de certaines antennes du géant britannique du mobile ont alors repris. Sachant que Xavier Niel avait déjà, au début de l'année dernière, tenté de racheter Vodafone Italia pour 11,25 milliards d'euros. Mais cette offre avait, à l'époque, été rejetée.
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