La 5G et l'environnement sont compatibles, affirme le régulateur des télécoms

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Dans la 5G, il peut aussi y avoir certains usages aux conséquences positives pour l'environnement, assure Sébastien Soriano, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (Arcep).
"Dans la 5G, il peut aussi y avoir certains usages aux conséquences positives pour l'environnement", assure Sébastien Soriano, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (Arcep). (Crédits : Arcep)
Pour Sébastien Soriano, le patron du régulateur des télécoms, "l'enjeu n'est pas d'être pour ou contre la technologie, ni d'opposer la 5G à la question environnementale, mais de construire les conditions pour que la technologie, qui est la plupart du temps neutre, se développe dans le sens que l'on veut".

La technologie n'est pas l'ennemie de l'environnement, assure à l'AFP le patron du régulateur des télécoms (Arcep) Sébastien Soriano, appelant au dialogue après le rejet de recours contre la procédure d'attribution des fréquences 5G pour des motifs environnementaux et de santé publique.

Saisie en référé par les associations Agir pour l'Environnement et Priartem, le Conseil d'État a estimé qu'il n'y "avait pas d'urgence justifiant la suspension des textes relatifs au déploiement de la 5G", la nouvelle norme de téléphonie mobile qui doit être lancée cette année, et se prononcera sur le fond du dossier avant l'été 2020.

Lire aussi : Santé : des associations tirent à boulets rouges sur la 5G

AFP - Le débat sur l'utilité et les conséquences de la 5G n'aurait-il pas dû être lancé plus tôt, alors que l'attribution des fréquences est imminente?

SÉBASTIEN SORIANO - À partir du moment où le Conseil d'État ne suspend pas la procédure, on ne peut qu'inviter les associations qui ont déposé des recours et celles qui le souhaiteraient à venir dialoguer avec les pouvoirs publics. Nous pensons fondamentalement qu'il faut qu'il y ait une discussion collective pour faire de la 5G une technologie qui soit bonne pour les Français, qui respecte nos valeurs.

L'enjeu n'est pas d'être pour ou contre la technologie, ni d'opposer la 5G à la question environnementale, mais de construire les conditions pour que la technologie, qui est la plupart du temps neutre, se développe dans le sens que l'on veut. La clé, c'est de savoir ce qu'on veut en faire.

Lire aussi : Exposition aux ondes, hyperconnexion... des ONG réclament un moratoire sur la 5G

Or, nous voulons pouvoir parler de quelque chose qui est réel, et ne pas avoir une discussion seulement théorique. Nous sommes dans le bon tempo: la 5G va se déployer de manière progressive, commencer à être utilisée, on va commencer à voir se développer des usages. C'est le bon moment pour avoir ces discussions.

La 5G est-elle vraiment nécessaire, au regard de son impact sur l'environnement?

Une partie importante des conséquences environnementales des télécoms vient des équipements et des terminaux. Il y a aussi des pratiques plus énergivores que d'autres. On pourrait interroger la manière dont les opérateurs poussent ou non à l'achat de nouveaux téléphones, à certains comportements des plateformes de streaming comme la fonctionnalité de lecture continue (autoplay) de Netflix. Du côté de l'utilisateur, il faut sans doute mieux l'informer sur ses usages. C'est l'objectif d'applications comme Carbonalyser, de l'organisation The Shift Project (qui permet de visualiser la consommation électrique liée à la navigation internet).

Mais dans la 5G, il peut aussi y avoir certains usages aux conséquences positives pour l'environnement, qui vont permettre par exemple d'économiser un certain nombre de déplacements.

Et désormais, on arrive à saturation sur la 4G.

Jamais le lancement d'un réseau mobile n'a été aussi critiqué. Comment analysez-vous votre rôle dans ce contexte?

Le regard de la société change, c'est évident. L'Occident est en train de refermer une séquence techno-enthousiaste dans laquelle on pensait que, par définition, la technologie était fondamentalement bonne, alors que ce présupposé existe encore beaucoup en Asie.

Il y a également l'idée que la technologie est poussée par le marché, dans son propre intérêt. De ce changement de regard, on en tire un changement de posture, indépendamment des contentieux en cours. Nous pensons que le régulateur va être celui qui va mettre des limites au marché, ce qui passera le cas échéant par la loi. Le politique pourrait être amené à prendre ses responsabilités.

Propos recueillis par Jules Bonnard, AFP

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a écrit le 07/03/2020 à 12:08 :
Le cerveau humain , c’est un récepteur , le cerveau des animaux aussi ( par exemple les dauphins et les oiseaux ont des formes de cristaux au niveau frontal pour les aider dans leur orientation)
Oui il faut un moratoire sur cette technologie, car à l’avenir les gens d’aujourd’hui ne pourront pas désengager leurs responsabilités des conséquences à venir pour l’humanité, quand la neuroscience ,la science quantique aura évoluée ainsi que la métaphysique.
Les chercheurs en énergie atomique savent qu’ un dépassement de ces énergies peuvent provoquer : des os qui se collent sur le squelette humain et un impact neurologique dont nous avons pas d’études dessus encore( par exemple les chiens qui deviennent agressifs...)

Un conseil moratoire est un minimum sur le sujet.
a écrit le 06/03/2020 à 15:18 :
Être juge et parti devient la règle dans ce mandat présidentiel!
a écrit le 06/03/2020 à 13:19 :
"l y a également l'idée que la technologie est poussée par le marché, dans son propre intérêt" : ben évidemment, il faut vraiment être naïf pour ne pas le croire !


"La 5G est-elle vraiment nécessaire, au regard de son impact sur l'environnement?" : bien sûr que non, et pas seulement pour l'environnement. Passez la 5G & tout ce qui en dépend dans une procédure de vérification sécuritaire de même niveau que pour les médicaments, vous allez être drôlement surpris !!
Réponse de le 06/03/2020 à 16:40 :
N'avalez pas votre smartphone ! Il n'a pas été jaugé à l'aune de la sécurité des médicaments. :-) Je suis encore en 2G, un vrai dinosaure (pas besoin de tout ce progrès, ordi Mac et Windows à la maison, fibre depuis janvier, quand je vais 6 semaines en Suède c'est déconnecté de tout, même les ondes courtes ont du mal à passer. :-) on capte souvent des radios chinoises en français avec cours de chinois à la clé).
La 6G sera pire ou meilleure ? Par satellite peut-être, fini les antennes dans les champs et dans les villes.
a écrit le 06/03/2020 à 12:33 :
Notre pays va devenir un gigantesque four à micro- ondes , on verra dans 20 ans
si ces technologies sont néfastes pour la santé , à suivre.....
Réponse de le 06/03/2020 à 16:46 :
Four Micro ondes vers 2,2GHz (résonance des molécules d'eau) le Wifi vers 2,4GHz, le Wifi chauffe-t-il l'eau si y a pas résonance ? C'est souvent très précis (en fréquence) les effets physico-chimiques.
L'étude des effets nécessite de séparer chaque contribution, si vous avez un effet "cocktail" c'est pas facile à débobiner (comme le sécurité routière, quand ça baisse ou augmente, c'est multifactoriel, bien malin qui peut attribuer un effet à une cause unique et précise (hors politiques qui ont des discours à faire pour stimuler les gens ou leur attribuer la dégradation)).
a écrit le 06/03/2020 à 10:50 :
la technologie n 'est pas neutre puisque le induit des "usages"....
et pour "juger" avec pertinence des conséquences de ces usages..... en terme de santé ( je ne parle même pas du temps passé sur les écrans)..... il faut s en donner les moyens, dans la transparence.....
dit autrement, arrêter d avoir confiance dans les études faites par les opérateurs et financer, par exemple avec le fruit des licences 5 g, des laboratoires publiques sur le sujet.....

c'est le même sujet sur l agro alimentaire avec l anses qui fait confiance aux études menées par les industriels, ou dans l agricole avec monsanto qui fournit les études

ceci étant, sans 5 G, le monde tournerait quand même.....et la période actuelle va montrer que dans les zones rurales, pour suivre un cours sur le net... en fixe, il y a encore du boulot a faire....

c 'est bien la fuite en avant techno pour les centres ville surpeuplés.... mais la france ne se résume pas à ça....
a écrit le 06/03/2020 à 10:50 :
Des fréquences de plus en plus élevées, des portées de plus en plus courtes ... Peut être serait-il temps de s'arrêter et d'accepter les débits qu'on a déjà, non ?
a écrit le 06/03/2020 à 10:41 :
Réponse de politicien, à savoir à côté de la plaque, du genre du lobby nucléaire qui nous dit que l'irradiation n'est pas mauvaise pour l’environnement, ce qui est vrai, sans par contre préciser que c'est néfaste pour l'homme.

Soit de la bêtise pure soit de l’obscurantiste donc puisque la 5G va encore plus nous bombarder de micros ondes qui en effet ne sont pas néfastes à l’environnement mais par contre qui permettent de cuire nos aliments ou de verrouiller la cible d'un chasseur sachant que cela tuerait un humain.

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