« Le plan social de Nokia est une douche froide, une trahison »
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1.233 postes sont concernés par les coupes d'effectifs.
Reuters
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Ils ont répondu présent. Ce mercredi, plusieurs milliers de salariés de Nokia France ont manifesté contre un nouveau plan social. Dévoilé par La Tribune le 15 juin dernier, celui-ci vise à supprimer un tiers des effectifs de la branche Alcatel-Lucent International. Au total, 1.233 postes sont concernés, dont 831 à Nozay (Essonne) et 402 à Lannion (Côtes d'Armor). Ces coupes d'effectifs visent principalement, et pour la première fois, la R&D. Pour la plupart des salariés, c'est le signe que le géant finlandais des équipements télécoms souhaite fermer, à terme, ses activités dans l'Hexagone.
Pour protester contre ce quatrième plan social en quatre ans, les salariés de Nokia ont marché, ce mercredi matin, de la place Montparnasse à l'ambassade de Finlande. Venu spécialement de Lannion, Pierre-Henri, la trentaine et dix ans de maison, est désabusé. « C'est une douche froide, une trahison », fustige le jeune ingénieur, qui travaille chez Nokia Software. C'est la première fois qu'il est concerné par des coupes d'effectifs. Lors des précédents plans, seules les fonctions support étaient visées. Il ignore encore s'il restera chez Nokia. Mais même si c'est le cas, il s'inquiète pour la pérennité du site de Lannion. « Aujourd'hui, nous sommes un peu plus de 700, explique-t-il. Avec 400 postes en moins, le site n'aura plus la masse critique pour être maintenu. »
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Pierre-Henri estime avoir été floué par la direction. Lors du rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia en 2016, le groupe finlandais s'était notamment engagé auprès de l'Etat à fortifier ses troupes en R&D. Depuis, plusieurs centaines d'ingénieurs, dont beaucoup de jeunes, ont été embauchés. Aux yeux de Pierre-Henri et de beaucoup de salariés, c'était le signe que Nokia comptait bien préserver des activités à forte valeur ajoutée en France. Aujourd'hui, force est de constater que ce n'est pas le cas, puisque Nokia a enclenché son plan social visant la R&D juste après l'arrivée à échéance de cet engagement...