Depuis des années, les opérateurs télécoms fustigent la fiscalité du secteur. Dans leur viseur figure notamment l'« imposition forfaitaire des entreprises en réseau (Ifer) fixe », une taxe sur les réseaux Internet fixe (ADSL et fibre). La facture est, selon eux, trop salée. En 2021, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont déboursé 381 millions d'euros. Selon nos informations, ce montant s'établit à 357 millions d'euros en 2022. Il est attendu à 358 millions d'euros cette année, et à 365 millions d'euros en 2024.
Or, ce montant devrait être amené à exploser, ce qui hante les opérateurs. Depuis 2019, ces derniers bénéficient d'une exonération de l'Ifer fixe pour les nouveaux réseaux de fibre jusqu'en 2024. L'inclusion imminente des réseaux de fibre, qui couvrent désormais plus de 80% de la population, promet ainsi d'alourdir significativement la facture.
Selon le quotidien Les Echos, l'exécutif envisage donc de plafonner l'Ifer fixe à 400 millions d'euros à compter de 2024. Cette mesure doit encore être votée au Parlement. Selon nos informations, aucune contrepartie n'a été demandée aux opérateurs. Le gouvernement, qui n'a pas répondu à nos sollicitations, a sans doute été sensible au lobbying du secteur. Les opérateurs télécoms ne cessent de dénoncer une fiscalité qui grossit à mesure qu'ils déploient les réseaux, dans un contexte où les investissements sont de plus en plus coûteux, du fait de l'inflation et de la hausse des coûts de l'énergie.