Mobile : le gouvernement britannique n'est pas contre une consolidation

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Le gouvernement britannique s’inquiète que les quatre opérateurs mobiles du pays rechignent à se lancer franchement dans la 5G par manque de moyens.
Le gouvernement britannique s’inquiète que les quatre opérateurs mobiles du pays rechignent à se lancer franchement dans la 5G par manque de moyens. (Crédits : Yves Herman)
Dans un rapport, l’exécutif argue qu’un marché à quatre opérateurs pourrait freiner les lourds investissements à venir pour déployer la future 5G.

C'est une surprise. Comme l'a rapporté le 23 juillet le Financial Times, le gouvernement britannique n'est plus opposé à une consolidation du marché du mobile. Dans un rapport, l'exécutif soutient même qu'un passage de quatre à trois opérateurs aura sa bénédiction si les acteurs actuels peinaient à justifier les investissements à venir dans la future 5G. Aux yeux du gouvernement, selon le FT, il y aurait une « tension » entre la politique d'incitation aux investissements et celle de protection des consommateurs contre des prix trop élevés si le marché devait passer de quatre à trois acteurs.

D'après le rapport, cité par le quotidien économique, « l'investissement dans le mobile devrait être étroitement surveillé par l'Ofcom [le régulateur des télécoms outre-Manche, Ndlr], et des options devraient être envisagées s'il devenait clair que la structure actuelle du marché ne soutenait pas les investissements dans les réseaux 5G à des niveaux soutenables ».

Autrement dit, le gouvernement britannique s'inquiète que les quatre opérateurs mobiles du pays rechignent à se lancer franchement dans la 5G par manque de moyens. Sous ce prisme, il estime qu'un passage à trois opérateurs pourrait leur permettre d'investir davantage, sans que les prix des abonnements montent, en parallèle, en flèche. Cette prise de position est plutôt inattendue. D'autant qu'il y a deux ans, l'Ofcom et Bruxelles ont fait capoter un projet de consolidation entre les opérateurs mobiles Three et O2. À l'époque, Sharon White, la patronne de l'Ofcom, a évoqué des problèmes de concurrence. « Le groupe combiné contrôlerait plus de quatre connexions mobiles sur dix », a-t-elle souligné. En parallèle, elle craignait que ce deal ne débouche sur une flambée des prix pour les particuliers et les entreprises.

Lire aussi : Royaume-Uni: le régulateur s'alarme d'un retour à trois opérateurs

Pourquoi le gouvernement du Royaume-Uni a-t-il changé son fusil d'épaule ? Peut-être parce qu'il sent le vent tourner... Aux États-Unis, Sprint et T-Mobile US ont décidé de se marier au printemps dernier. Ces deux géants du mobile ont argué que leur mariage leur permettrait de bâtir au plus vite un grand réseau 5G au pays de l'Oncle Sam. En outre dans l'Hexagone, l'Arcep, le régulateur des télécoms, a récemment affirmé qu'il n'était plus opposé à une consolidation. Pour justifier cette nouvelle position, Sébastien Soriano, son président, a fait référence au mariage entre Sprint et T-Mobile US, et à la volonté de ces acteurs d'être parmi les premiers à se lancer dans la 5G.

Lire aussi : Télécoms : quand le gouvernement fait de la 5G "une priorité"

De manière générale, la 5G est en train d'être élevée au rang de priorité stratégique dans de nombreux pays. C'est particulièrement vrai aux États-Unis et en Chine. Washington et Pékin estiment tous les deux que le pays qui disposera le premier de cette technologie aura un important avantage économique. Sur le Vieux Continent, qui a longtemps souffert d'un retard dans le déploiement de la 4G, plusieurs gouvernements clament qu'ils ne veulent pas, avec la 5G, répéter les erreurs du passé. Pas de quoi, pour autant, lever les inquiétudes sur la compétitivité des opérateurs européens en la matière... « Jusqu'à présent, la Commission européenne n'a pas vraiment réussi à créer de véritable élan concernant cette technologie », indiquait en mars dernier Vincent Maulay, analyste chez Oddo-BHF.

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Commentaires
a écrit le 25/07/2018 à 8:32 :
Je ne comprends pas pourquoi ce ne sont pas les GAFA et les opérateurs qui financent les infrastructures de communication étant donné que ce sont eux qui en tirent les plus gros bénéfices.

Plutôt que de leur courir après pour leur faire payer des impôts alors qu'elle propose à son oligarchie des paradis fiscaux, l'UE ne devrait elle pas les obliger à investir dans ces infrastructures ?

Mais bon on voit bien ce que c'est l'UE, mike le poulet sans tête... Mais attention JUncker va aller défendre l'UE aux états unis ! :D

Vite un frexit.

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