Rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia : les dirigeants reçus par François Hollande

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Des spéculations sur un éventuel rapprochement ou une transaction entre les deux sociétés avaient déjà eu cours fin 2014, sans se concrétiser.
Des spéculations sur un éventuel rapprochement ou une transaction entre les deux sociétés avaient déjà eu cours fin 2014, sans se concrétiser. (Crédits : REUTERS/Gonzalo Fuentes)
Les deux groupes ont confirmé être en discussions avancées. Le rapprochement prendrait la forme d'une offre publique d'échange en actions. François Hollande recevra les dirigeants des deux groupes. Bercy a par ailleurs prévenu qu'il sera très vigilant sur la question de l'emploi alors que le groupe compte 6.000 employés en France.

| Article publié à 9h47, mis à jour à 14h05.

Les dirigeants de Nokia, Rajeev Suri, et d'Alcatel-Lucent, Michel Combes, qui ont annoncé mardi 14 avril être "en discussions avancées" en vue d'un rapprochement, seront reçus dans l'après-midi par le président de la République François Hollande, a annoncé l'Elysée.

Plus tôt dans la matinée, l'équipementier en télécoms finlandais a annoncé négocier avec son concurrent franco-américain Alcatel-Lucent pour acquérir tout le groupe, et non juste ses activités mobiles comme le rapportaient en premier lieu l'agence Bloomberg et Les Échos.

Le rapprochement "prendrait la forme d'une offre publique d'échange en actions", a indiqué Nokia dans un communiqué, en précisant qu'il n'y a "pas de certitude à ce stade" que ces négociations aboutissent. Le groupe n'a donné aucun détail supplémentaire, n'évoquant aucune valorisation ni les raisons d'un rapprochement avec Alcatel-Lucent.

Le gouvernement français sera "très attentif"

Le ministère français de l'Économie a réagi à cette annonce en se disant très vigilant sur les conséquences sur l'emploi d'une telle opération de fusion, alors qu'Alcatel emploie 6.000 personnes en France sur un total de 52.000 dans le monde.

Le gouvernement "sera très attentif [aux] éventuelles conséquences sur l'emploi et l'activité des sites français d'Alcatel-Lucent, notamment en recherche et développement, et à ses effets sur l'ensemble de la filière télécoms en France", a indiqué une porte-parole de Bercy.

Les activités d'Alcatel dans le domaine des télécoms entrent dans le champ d'application du décret dit "Montebourg" de mai 2014 qui soumet les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques à l'autorisation préalable des pouvoirs publics français.

Envolée en Bourse d'Alcatel-Lucent

L'annonce de ces négociations de fusion ont fait grimper Alcatel-Lucent de près de 14% à la Bourse de Paris, à 4,4 euros, la plus forte hausse de l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300. L'action franchit ainsi la barre des 4 euros pour la première fois depuis juillet 2011 et touche son plus haut niveau depuis juin 2008.

Cours de l'action Alcatel-Lucent le 14 avril après l'annonce de discussions avec Nokia

Alexander Peter, analyste chez Exane BNP Paris, a estimé l'action en cas de vente à 4,50 euros, ce qui valoriserait le groupe quelque 12,7 milliards d'euros. A contrario, le titre Nokia cédait 6,3% à la Bourse d'Helsinki, ramenant la capitalisation du finlandais à 27 milliards d'euros environ.Nokia perd quasiment 8% à Helsinki.

Grandir face à Ericsson et Huawei

Des spéculations sur un éventuel rapprochement ou une transaction entre les deux sociétés avaient déjà eu cours fin 2014, sans se concrétiser. Pour le Finlandais, l'intérêt serait de grandir face à son grand rival Ericsson et au Chinois Huawei. La capitalisation boursière du nouveau groupe lui permettrait en effet de dépasser celle du Suédois.

Capitalisation boursière Noka + Alcatel-Lucent face à Ericsson

Acculé à gager ses brevets pour pouvoir obtenir un prêt de ses banques fin 2012, Alcatel-Lucent a depuis opéré un spectaculaire redressement sous la houlette de Michel Combes, son directeur général depuis avril 2013. Le groupe français a toutefois encore accusé une perte de 118 millions d'euros l'an dernier pour un chiffre d'affaires de 13,2 milliards, tandis que Nokia engrangeait un bénéfice net de 1,2 milliard sur un chiffre d'affaires de 12,7 milliards.

Numéro un mondial des téléphones portables pendant une dizaine d'années avant d'être dépassé par le sud-coréen Samsung, le Finlandais a cédé en avril 2014 son activité téléphones portables et tablettes au géant américain du logiciel Microsoft. Depuis, il a gardé dans ses coffres l'essentiel des 5,4 milliards d'euros tirés de cette vente.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 15/04/2015 à 8:10 :
Nokia n'a t il pas été racheter pour les USA par "Window"?
a écrit le 15/04/2015 à 8:03 :
Rien qu'en 2015 (et c'est pas fini) Lafarge absorbé en Suisse (Hocim), Alcatel absorbé en Finlande (Nokia)... Reste quoi en France au juste, depuis 20 ans de débâcle industrielle accélérée ?
Réponse de le 15/04/2015 à 18:46 :
Il ne faut pas tout confondre !!! Depuis des lustres, Alcatel se traine a quelques Euros sur le marché... Avec des pertes continuelles, alors qu'il a un très beau potentiel technologique (32000 brevets...)... Nécessairement,il allait être racheté et Nokia est une solution préférable a Cisco (US) ou Huawei (Chine). Bien entendu, la recherche reste en France ou en dépit de ce que disent les médias "French bashing", "it's the place to be !!!" Demandez donc au patron de Cisco qui veut former 200 000 chercheurs en France sur 3 ans, mais ça on n'en parle pas beaucoup !!!
a écrit le 15/04/2015 à 3:20 :
La déchéance d'Alcatel est plus antérieur que le médiatique mais court passage ministériel de Montebourg.
Il ne reste hélas quasiment plus des feux Société alsacienne de constructions mécaniques, d'Alcatel, d'Alsthom, de la Compagnie générale d'électricité. Tout cela formait un des plus grands conglomérats du monde qui rivalisait avec Siemens ou les conglomérats japonais ou coréen. Ça regroupait de tout: ferroviaire, construction navale, télécommunication (ah le minitel), turbine, alternateur, nucléaire ...
Ambroise Roux doit retourner dans sa tombe en voyant le résultat, comment ses héritiers ont séparé les activités en entreprises indépendantes au non de la création de valeur. Cela prouve que nos grands patrons sont aussi nuls que nos dirigeants politiques....
C'est le capitalisme à la française où le pratonat est en collusion permanente avec les politiques, et les grandes boites ont la rente des commandes publiques.
Mention spéciale à Serge Tchuruk qui affirmait vouloir faire de son groupe un groupe "fabless" (c'est-à-dire sans usine).
Réponse de le 15/04/2015 à 18:55 :
Tres juste, en tout cas sur Serge Tchuruk, qui de loin n'a pas super réussi !!!! Grosse responsabilité a mon avis, partagée avec Russo. Cela dit la consolidation du secteur était inscrite et on se retrouve avec 3 grands acteurs : Cisco, Huawei, Nokia. Pour la France, ce n'est pas si mal quand même avec l'essentiel de la recherche et des labs qui restent en France, sans compter que Cisco de son côté va y investir fortement ( 200 000 chercheurs sur 3 ans). Donc, de la matière grise plutôt que des briques... Donc ne pleurons pas trop, la France s'en tire plutôt bien grâce a sa productivite, son potentiel scientifique et... Le Credit Impôt recherche !!!!
a écrit le 15/04/2015 à 2:30 :
C'est sans doute la meilleure option pour enfin développer un géant européen dans des domaines critiques pour l'Europe. Pas mal de pays auront bien plus confiance dans un matériel européen qu'un matériel américain ou chinois truffé de backdoor.
a écrit le 14/04/2015 à 23:02 :
On savait qu'elle était mal en point.
Indice supplémentaire : elle avait reçu la visite d'Arnaud Montebourg, agent pathogène tres virulent de ce gouvernement raté.
On pouvait à partir de ce moment là compter les jours avant l'apoptose capitalistique.

Ce sera le tour de quelle entreprise maintenant ?
Qqn a mis la main sur l'ancien agenda de Montebourg ?

La grande faucheuse socialiste a toujours beaucoup de travail.
Réponse de le 15/04/2015 à 1:13 :
Ben voyons, maintenant ce sont les socialistes responsables de la crise ? ils sont responsables de la crise des subprimes aussi ? et de la chute de l'empire romain ? et aussi de la fin des mayas ?
Réponse de le 15/04/2015 à 21:35 :
C'est un peu facilement et bêtement politicien de mettre la situation d'Alcatel sur le dos de l'actuel gouvernement !!! Je suis actionnaire et on boit le bouillon avec Alcatel depuis 15 ans au moins !!! Et qui était au pouvoir ? Peu importe finalement, mais en tout cas Tchuruk et Russo étaient aux commandes... Voilà ce qu'il faut dire, point barre, et ne pas aller chercher de stupides arguments politicards....
a écrit le 14/04/2015 à 22:14 :
En 2013, Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, avait demandé aux opérateurs français de soutenir Alcatel-Lucent, considéré comme une entreprise stratégique pour le pays. Comme Alstom ?
Après Péchiney, Arcelor, Alstom, Numéricable et SFR, Lafarge et tant d’autres, la braderie des joyaux de l’industrie française continue. Les grands groupes, tout comme les petites pépites, passent l’un après l’autre sous contrôle des actionnaires étrangers.
Tout doucement, on nous dépouille, c'est bien triste, et pourtant rien n’est fait pour maintenir la propriété française des entreprises, créées et développées patiemment par le talent et le travail de ceux qui nous ont précédés.
L’Europe dissuade toute politique volontariste de notre part dans ce domaine.
Il faut s’en affranchir avant de se retrouver tout nu, c'est-à-dire sans usines - que les nouveaux propriétaires des entreprises auront peu à peu réinstallées dans leur pays - et avec seulement des chomeurs à payer par les contribuables, tout comme les « élites » qui nous gouvernent si mal, et qui n’ont aucune vision à long terme …
Les Allemands et les Suisses eux se débrouillent mieux et vendent rarement leurs entreprises …
a écrit le 14/04/2015 à 20:13 :
Celle qui sent bon la fleur d'oranger.

C'est la dégringolade à la vitesse de la fibre ce gouvernement.
Et la dépense publique version 4G+.
a écrit le 14/04/2015 à 19:19 :
Peut être un très bon accord, besoin connaître les conditions.........
Alcatel comme Nokia, sont fragiles par rapport aux géants.
Il faut penser long terme
a écrit le 14/04/2015 à 17:34 :
1) il fallait recevoir les pdgs
2) viendra le tour des syndicats
3) faire plein de promesse de préservation de l’emploi
4) filer quelques millions d'argent public pour moderniser...(effet anesthésique assuré)

ainsi quand plusieurs dirigeants repartiront qq millions d'euros par ci par là et quelques sites fermeront, on pourra dire devant la représentation nationale (enfin c'est le nom qu'on lui donne) "le gouvernement a fait son travail, des engagements ont été pris, la courbe de l'emploi sera inversée avant la fin de l'année,...avec de la justice sociale et une France plus forte...blablblabla...dans une Europe moderne".
Réponse de le 14/04/2015 à 18:44 :
Et c'est quoi ta solution au lieu de critiquer ? On t'écoute.
Réponse de le 14/04/2015 à 20:05 :
C'est de mettre quelques syndicalistes sur les listes aux régionales en 2015.
Pour les salariés, c'est cuit. Ils vont passer de 8000 à 2000 dans moins de 4 ans.
Même le ministère du redressement productif n'a rien pu faire, c'est pour dire.
Le génie socialiste n'opère plus, nous sommes coincés.
Peut être une taxe ou une écotaxe pour redresser tout cela ?
a écrit le 14/04/2015 à 13:29 :
Bercy aurait du surveille sturuck et tous ces petits successeurs

Il y a 30 ans on avait un Siemens aujourd'hui l'enterrement est proche
a écrit le 14/04/2015 à 11:54 :
Ils avaient raison de se marier Alcatel Lucent.
Il est temps de parler du de stockage des salariés (avec encore des grèves) et surtout des primes chapeaux.
C'est pour qui les millions d'euros ?
a écrit le 14/04/2015 à 11:30 :
Nokia ou Windows veut racheter Alcatel Lucent??

Rappelons que Windows a racheté Nokia l'an dernier tout de même... Les ricains passent par une autre porte pour s'engouffrer dans le domaine de la communication...

Bizarre ou sales capitalistes?
Réponse de le 14/04/2015 à 13:15 :
"Rappelons que Windows a racheté Nokia l'an dernier tout de même."

Non, NOKIA a vendu la division handheld/lumina à Microsoft, pas la Division Réseaux (Network Services) qui est concernée ici.

Rien a voir donc
a écrit le 14/04/2015 à 10:16 :
Peut être le gouvernement peut faire un lot avec :
- deux centrales hydrauliques
- deux aéroports
- le siège du PCF
- Alcatel Lucent
- 3% de GDF

Ils ont raison de vendre. Tôt ou tard, un consortium chinois-péruvien-roumain aurait racheté le tout pour 1€ symbolique.

Walls peut encore s'opposer et proposer une solution avec la CDC, la Banque postale (devenue bad bank avec le temps), les magasins Bata et Carrefour.
Réponse de le 14/04/2015 à 20:16 :
Car ils manquent de liquide en ce moment.
On ne peut pas tous les recaser dans les départements et les élections régionales approchent.
A choisir, il vaut finalement mieux financer des pistes cyclables en Mongolie ou des canisettes au Pérou.

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