Telecom Italia : autopsie d’une débâcle boursière
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
YARA NARDI
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
YARA NARDI
Pour n'importe quel grand groupe coté en Bourse, la communication est essentielle. S'il y a bien un moment où la direction ne doit surtout pas se rater, c'est lors de la présentation de son plan stratégique pour les années à venir. Cet événement est toujours suivi de près par les investisseurs et une cohorte d'analystes financiers, qui connaissent la société sur le bout des doigts. A cette occasion, toute erreur, imprécision, ou manque d'explication sur une projection financière peut coûter très cher. Et c'est précisément la mésaventure qui est arrivée, jeudi dernier, à Telecom Italia.
Ce jour-là, l'opérateur historique transalpin, qui est l'équivalent d'Orange en Italie, a précisé les contours de son plan stratégique pour la période 2024-2026. Baptisé « free to run » (« va de l'avant »), celui-ci a, chose rare, plongé les investisseurs et les analystes dans un épais brouillard, à un moment pourtant éminemment important pour son avenir. C'était la première fois que la direction dévoilait ses objectifs financiers à horizon 2026, en prenant en compte la vente, en cours, de son réseau Internet fixe, de loin son actif le plus précieux.
« Nous ne retrouvions pas nos petits ! »
À lire également
Analyste chez Oddo BHF, Stéphane Beyazian souligne qu' « au regard des chiffres avancés jeudi, le groupe tablait sur une dette nette se situant entre 7 et 7,5 milliards d'euros en 2026 ». « Le problème, c'est que celle-ci ne devait, du coup, baisser que de 500 millions d'euros entre 2024 et 2026, alors que la direction financière indiquait prévoir 1,5 milliard d'euros de flux de trésorerie disponible cumulé sur cette période... » D'après lui, « il y avait une incohérence entre tous les objectifs financiers et la direction financière s'est montrée incapable de l'expliquer ». Analyste chez Alphavalue, Jean-Michel Salvador ne cache pas, non plus, son étonnement. « Les projections en matière de dette ne collaient pas avec les objectifs de revenus, renchérit-il. Nous ne retrouvions pas nos petits ! »