Orange va bientôt débuter la fermeture de son réseau cuivre, utilisé pour le téléphone et l’ADSL, dans l’Hexagone. Mais ce chantier pharaonique, essentiel pour l’avenir des télécoms françaises, suppose notamment que la fibre soit disponible partout et qu’elle fonctionne correctement. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Explications.C'est une révolution dans les télécoms françaises. A partir du début de l'année prochaine, Orange va commencer à fermer, progressivement, son réseau historique en cuivre. Celui-ci a été déployé dans les années 1960, d'abord pour apporter le téléphone. Il a ensuite été modernisé pour permettre aux Français d'accéder à Internet, via l'ADSL. Orange, qui a présenté son plan de fermeture du cuivre en février dernier, a dressé une première liste de 162 communes où ce réseau sera éteint. Après avoir prévenu en amont la population, une fermeture commerciale des offres sur le réseau cuivre interviendra. Elle sera suivie, ensuite, par une fermeture technique, et définitive. A partir de 2026, plus aucun opérateur ne pourra, en France, proposer à ses clients des offres ADSL ou un abonnement téléphonique. En 2030, ces mêmes offres disparaîtront complètement.
Ce chantier est prioritaire pour Orange comme pour les pouvoirs publics. L'opérateur historique est en effet confronté à une forte baisse des clients - et donc des revenus - sur le réseau cuivre, à mesure que les abonnés migrent vers la fibre. Sachant qu'aujourd'hui, environ 80% des Français peuvent disposer de cette technologie. En outre, le réseau cuivre, vieillissant, est particulièrement coûteux à entretenir : Orange affirme y consacrer environ 500 millions d'euros par an. Pas question, pour l'opérateur historique, de garder cette infrastructure en parallèle du réseau fibre. « C'est économiquement et techniquement inacceptable, impossible », a insisté ce jeudi Nicolas Guérin, le secrétaire général d'Orange, lors d'un colloque organisé à Paris par l'Avicca, qui regroupe les collectivités impliquées dans le numérique.
Finir le déploiement de la fibre : un impératif
Cette analyse est partagée par le gouvernement. Au colloque de l'Avicca, Jean-Noël Barrot, le ministre délégué en charge du Numérique et des Télécoms, a aussi rappelé que la fin du réseau cuivre était un impératif pour des raisons environnementales. « La fibre est trois fois moins énergivore que le cuivre », a-t-il insisté.