Immobilier : le marché locatif est (aussi) gelé

 |   |  406  mots
La proportion de logements locatifs privés remis chaque année sur le marché ne cesse de diminuer depuis 2011
La proportion de logements locatifs privés remis chaque année sur le marché ne cesse de diminuer depuis 2011 (Crédits : © 2009 AFP)
La mobilité dans le parc locatif privé diminue dangereusement. Ce qui fige le parcours résidentiel des Français.

Tout comme le marché des transactions, le marché de la location privée en France se gèle progressivement. La proportion de logements locatifs privés remis chaque année sur le marché ne cesse de diminuer depuis 2011. Elle s'établit à 23.8% en ce début d'année 2014, contre 27,9% il y a un peu plus de deux ans, indique l'Observatoire des loyers Clameur, dont les données proviennent d'une trentaine de professionnels de l'immobilier (Nexity, Icade, Century 21, FPI, UNPI, Maif, etc...).

La demande est déprimée

C'est une nouvelle illustration du blocage du parcours résidentiel des ménages français dans les zones les plus tendues. Ils n'ont en effet plus de choix entre un secteur locatif social à la file d'attente infinie ; un secteur de l'immobilier neuf qui cherche un équilibre économique pour sortir des logements à des prix raisonnables ; un secteur de l'accession dans l'ancien dont les primo-accédants sont exclus ; et donc un secteur du logement locatif privé qui se tend.
Bref, les ménages ont de moins en moins les capacités d'entreprendre une mobilité. "Le marché doit en effet composer avec une demande particulièrement déprimée par la montée du chômage et les incertitudes sur le pouvoir d'achat", souligne Michel Mouillart, professeur d'Économie à l'Université paris Ouest.

Une offre de plus en plus limitée

Preuve que les locataires du secteur privé restent dans leur logement, "plus de 30% du parc locatif est occupé par des locataires depuis plus de 6 ans", remarque Michel Mouillart.
Ceux qui souhaiteraient se loger dans ce parc se retrouvent donc sur un marché à l'offre limitée et éprouvent les pires difficultés à trouver un logement répondant à leurs besoins.

De surcroît, plus le marché est tendu, plus les locataires restent longtemps dans leur logement. A Paris par exemple, ils ne sont que 16% à rester moins de 3 ans dans leur location et 33,3% à rester 9 ans et plus ! Résultat dans la Capitale, "45% du marché parisien est alimenté par moins de 17% du parc", indique Michel Mouillart. 

Les prix élevés restent stables

Concernant les prix, les loyers du secteur privé continuent globalement de croître, certes doucement, de 0.6% en 2013 pour une inflation de 0,9%, après avoir augmenté de 2,2% en 2012 pour une inflation de 2%.

La hausse reste pourtant modérée au regard des tensions sur le marché locatif. Il faut dire que les prix des loyers sont proches d'un niveau plafond au regard des ressources des locataires.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 07/03/2014 à 13:26 :
Monsieur le "journaliste",
Pourriez vous relire les communications / interventions de M.Mouillart de ces 5 ou 6 dernières années, les confronter à la réalité des chiffres, et m'expliquer pourquoi vous l'interrogez encore sur un sujet qu'il ne connait manifestement pas, ou, tout au moins, qu'il envisage avec l'âme d'un lobbyiste bruxellois. Un peu de travail de votre part, voire, si vous vous sentez une âme de reporter, une étude sur les conflits d'intérêts manifestes de ces interventions pourraient même être envisagées ??
a écrit le 05/03/2014 à 17:44 :
Yaka fokon... aller, une idée : transplanter 2 ou 3 millions de francilliens dans le Cantal, l'Ardèche, les Ardennes ou la Creuse, et vous verrez qu'il n'y aura plus de problème de logement.
Réponse de le 06/03/2014 à 9:51 :
Voilà exactement, yaka !
Réponse de le 09/03/2014 à 16:46 :
@Picrochole

Autre idée: suppression des multiples passeports. Après cela vous observerez un fort mouvement migratoire vers l'Afrique...
Réponse de le 09/03/2014 à 19:35 :
Décidément Michel, vous avez une dent contre les étrangers.
a écrit le 05/03/2014 à 10:58 :
Il faut taxer au niveau d'un loyer les locaux et habitations vide comme en Allemagne ou en Belgique !
Réponse de le 05/03/2014 à 12:20 :
Les mairies recherchent désespérement les logements vides pour leurs appliquer la taxe prévue à cet effet,elles ont déchantés car ils sont beaucoup moins nombreux que prévu.Pas de bol
a écrit le 05/03/2014 à 10:20 :
Votez mes amis, votez... Nous sommes en démocratie et donc responsable de nos malheurs.
a écrit le 05/03/2014 à 9:36 :
on a aidé les promoteurs à vendre aux riches pour defiscaliser notamment sur le neuf (perissol, robien, scellier, duflot) du coup ces promoteurs on vendu 40% trop cher des bien qui étaient en realité à moitié financés par le contribuable! Ca a tracté tous les prix à la hausse, et avec l'effet d'aubaine, ils ont même pu faire de la surenchere sur les zones hyper tendues comme a Paris. Peu importe si les classes moyennes ne peuvent pas se loger du moment que l'etat "arrose" les copains ...
Réponse de le 05/03/2014 à 12:12 :
Les riches c'est 4000€,les classes moyennes 2000€ par mois même avec une chute des prix de 50% les classes moyennes ne pourront pas acheter,d'ailleurs ces soi disant classes moyennes sont en réalité des pauvres qui s'ignorent et que l'état flattent en les traitant de classes moyennes pour qu'elles restent tranquilles
a écrit le 05/03/2014 à 8:57 :
gelé...à l'image du pays : une gérontocratie qui protège sa rente
a écrit le 05/03/2014 à 4:19 :
Y a moins d'offres car les proprios s'en fichent de l'argent, ils préfèrent avoir un logement vide...
Réponse de le 05/03/2014 à 12:17 :
Duflop les a recensé à Paris et n'en a trouvé que 400 vides de façon volontaire alors le mythe du proprio qui n'en a rien à foutre faut se calmer
Réponse de le 05/03/2014 à 12:29 :
Mais pourquoi voulez vous louer avec 150e de gain pour un studio ( province ) loué 450 e avec risque de dégradations ?Je préfère le louer à des amis ou famille gratuitement
Réponse de le 05/03/2014 à 12:37 :
Les gens qui appellent Cécile duflop , ce sont ceux qu'elle empêche de tourner en rond , continue Cécile.
Réponse de le 06/03/2014 à 8:27 :
"Duflop les a recensé à Paris et n'en a trouvé que 400 vides de façon volontaire" : Si on compte les immeubles laissé en ruine (spéculation sur le foncier), on atteint combien?
Réponse de le 07/03/2014 à 11:01 :
Pareil pour moi. Deux locataires successifs ont dégradés mon appartement. Aucun recours possible, et une fois les impôts payés, les revenus des loyers couvrent tout juste les travaux. Je ne loue plus, je prête gratuitement aux amis de passage dans la région.
a écrit le 04/03/2014 à 19:50 :
dommage que cet article qui en fait est la conséquence de la politique du gouvernement et des lois attendues sur le blocage des montants des loyers, que constatetons une augmentation des charges de gestion et de travaux des impots locaux en forte augmentation, un nombre important de mauvais payeurs, on garde donc ces bons locataires...qui peuvent aussi hélas etre touchés par la crise, mais tirons aussi des conclusions fiscales, l'impot sur le revenu la csg font que le propriétaire honnete paye des montants d'impots tels que les gens mettent en vente leurs immeubles locatifs et bien sur la crainte de nouveaux textes législatifs et fiscaux qui aggravent les sauces..
Réponse de le 04/03/2014 à 20:36 :
Vous avez statistiquement plus de chances d'avoir un accident de voiture que d'avoir un incident de paiement de loyer (surtout si vous prenez la précaution de prendre de bons dossiers). Arrêterez vous de prendre la voiture jusqu'à qu'il y ait zéro accident? Sinon lisez l'article, la baisse du marché est d'abord dû à la baisse de la demande. Les locataires sont moins tentés de changer de logement en temps de crise. Donc moins de demandes, moins de propriétaires qui mettent leur biens sur le marché.
Réponse de le 06/03/2014 à 8:34 :
"un nombre important de mauvais payeurs" : 2%, soit un nombre largement inférieur au nombre de parasites louant des studios à des prix délirants à grand renfort de subvention (APL) payées par les impôts de leurs concitoyens.
Réponse de le 09/03/2014 à 16:48 :
@jeff

Aucun modèle mathématique n'est capable de prédire l'avenir et encore moins un krach boursier tel qu'en 1929...
Réponse de le 10/03/2014 à 13:18 :
Quel est le rapport ?
Réponse de le 10/03/2014 à 18:50 :
@anonyme

Cela me paraît évident: les statistiques. Présager des résultats passés est une ânerie monumentale...
a écrit le 04/03/2014 à 19:45 :
Paris should stay one of the most expensive city in order to avoid more degradations caused by the politics of the actual "regime".
Réponse de le 04/03/2014 à 22:48 :
C'est vrai que Paris incommensurablement plus dégradée lorsque l'immobilier parisien valait trop fois moins cher. Il y a 200 ans ? Non, non, il y a tout juste 15 ans.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :