Le coût de votre assurance auto indexé sur votre conduite ?

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Chez Allianz, en conduisant très bien, il est possible d'obtenir jusqu'à 30 % de réduction de sa prime d'assurance. Amaguiz promet jusqu'à -36%. Quant à YouDrive (Direct Assurance), les très bons conducteurs peuvent obtenir jusqu'à 50% de remise. Seul YouDrive prévoit de faire payer plus cher ceux qui ne conduisent pas bien (+10% maximum par rapport au tarif de base).
Chez Allianz, en conduisant très bien, il est possible d'obtenir jusqu'à 30 % de réduction de sa prime d'assurance. Amaguiz promet jusqu'à -36%. Quant à YouDrive (Direct Assurance), les très bons conducteurs peuvent obtenir jusqu'à 50% de remise. Seul YouDrive prévoit de faire payer plus cher ceux qui ne conduisent pas bien (+10% maximum par rapport au tarif de base). (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
Près de 15.000 assurés ont déjà franchi le pas, optant pour une assurance auto au prix variable selon la qualité de la conduite. Les assureurs voient là un modèle d'avenir : à long terme, les clients devront-ils accepter que leur profil de risque soit mesuré à l'aide du big data? Faute de quoi, ils paieraient plus? Bienvenue chez Big Brother...

« Acceptez-vous que votre conduite soit notée en permanence ? » Espérant payer moins cher leur assurance auto, environ 15.000 automobilistes ont franchi le pas. C'est évidemment peu, en comparaison des 34 millions de voitures que possèdent les particuliers en France... Mais le mouvement est là, initié depuis quelques mois. Bien après le succès grandissant de cette formule dans des pays comme le Royaume-Uni, l'Italie, les États-Unis ou même l'Afrique du Sud.

Direct Assurance (filiale d'Axa) a tenu à ouvrir le feu avec YouDrive, au printemps 2015, sous forme d'un format test, avant de se lancer vraiment en novembre, tandis qu'Allianz avait proposé son offre en octobre. Amaguiz (Groupama) débarque actuellement sur ce nouveau marché. Les assureurs manquent évidemment de recul. Mais ils estiment que la demande française est bien là.

« À ce jour, nous totalisons 7.000 ventes en "Pay how you drive", nous constatons d'ailleurs une accélération des souscriptions », affirme Delphine Asseraf, directrice Digital, marque et communication d'Allianz France.

Chez Direct Assurance, l'ordre de grandeur est le même. Ce sont donc au moins 15.000 assurés qui ont opté pour ce type d'assurance. Le modèle est contraignant. Pas techniquement -, il suffit de connecter un boîtier sur un « port » disponible sur toutes les voitures mises en circulation depuis 2001. La contrainte est de voir sa conduite surveillée en permanence. Les données sont communiquées au smartphone du conducteur, qui les transmet automatiquement à l'assureur. Déconnecter le smartphone est inutile : lors de la re-connection, le boitier transmet toutes les données du dernier déplacement. YouDrive retient quatre critères de « bonne conduite » : l'accélération, le freinage, la prise de virage (plus ou moins brutale) et l'allure. Allianz prend en compte aussi la fréquence d'utilisation.

Le principe est le même, celui de donner une prime à la bonne conduite, sous forme de baisse du coût de l'assurance.

« Notre objectif est d'offrir une assistance à la conduite, un accompagnement, et de valoriser les bons comportements », souligne Delphine Asseraf.

Chez Allianz, en conduisant très bien, il est possible d'obtenir jusqu'à 30 % de réduction de sa prime d'assurance. Amaguiz promet jusqu'à -36%. Quant à YouDrive (Direct Assurance), les très bons conducteurs peuvent obtenir jusqu'à 50% de remise. Le paiement ayant lieu par prélèvement mensuel, la prime est ajustée chaque mois.

Seul YouDrive prévoit de faire payer plus cher ceux qui ne conduisent pas bien (+10% maximum par rapport au tarif de base). Pour les autres, la prime annoncée initialement ne peut être augmentée. Mais la comparaison est difficile, sachant que le public visé n'est pas le même.

Pour tous ou réservé aux jeunes conducteurs ?

Allianz et Direct Assurance (YouDrive) s'opposent dans le choix de la clientèle cible. Direct Assurance réserve cette offre aux jeunes assurés (moins de sept ans de permis ou première assurance). Allianz, qui propose la formule à tout automobiliste, entend faire de cette large ouverture un atout commercial.

« Nous ne voulons pas réserver cette offre à telle ou telle catégorie d'assurés, il faut que chacun puisse s'y reconnaître », souligne Delphine Asseraf. « Il y a une vraie maturité des Français, désormais prêts à retenir ce genre de formule innovante. »

La moitié des clients ont entre 30 et 50 ans, annonce-t-elle, et pour 64 % ce sont des hommes.

Chez Direct Assurance, Anne-Gaëlle Moisy, en charge de YouDrive, explique le choix de réserver l'offre aux jeunes conducteurs.

Trois raisons sont mises en avant.

« D'abord, ils sont les plus touchés par les accidents, et doivent donc payer des primes d'assurance considérables. C'est pour eux qu'une réduction est la plus incitative. Ensuite, avec ces jeunes conducteurs qui n'ont pas d'antécédent d'assurance, la volatilité du risque est très grande. Le tarif est a priori élevé en raison notamment de cette méconnaissance de leur comportement. La "DriveBox" permet de lever cette incertitude rapidement, un très bon conducteur peut obtenir une réduction de 50% de sa prime immédiatement, sans attendre treize ans (le délai légal pour obtenir une telle réduction, avec le système bien connu de bonus). En revanche, pour un assuré plus âgé, qui aurait déjà le bonus de 50%, la possibilité de baisser le tarif est bien plus faible. L'intérêt est donc moins évident. Enfin, cette offre implique des coûts - installation, gestion - que nous aurions du mal à imputer sur une prime d'assurance déjà faible a priori. »

Pourtant, en dépit d'une cible commerciale différente, l'écart de gain pour l'assuré n'est pas si important entre Allianz et YouDrive.

« Les premières échéances arrivent pour nos abonnés à l'"Allianz Conduite connectée", et nous constatons qu'ils bénéficient effectivement d'une réduction de leur prime : en moyenne, elle sera diminuée de 15 % », affirme Delphine Asseraf.

Quand le type de conduite induit l'accidentologie

C'est un peu plus pour YouDrive.

« À ce jour, 90% des assurés bénéficient d'une réduction par rapport à leur tarif de base. En moyenne, cette réduction est supérieure à 20% », déclare Anne-Gaëlle Moisy.

Mais il est plus facile de diminuer une prime d'assurance de l'ordre de 1.500 euros par an - un montant souvent atteint pour les jeunes conducteurs - que d'accorder une ristourne significative quand le coût annuel de l'assurance est limité à 400 euros.

Du point de vue de l'assureur, la qualité de la conduite est une donnée intéressante dans la mesure où une corrélation peut s'établir avec le nombre d'accidents, seuls déterminants des coûts. De ce point de vue, à l'heure où le big data s'implante à peine, l'incertitude demeure. « On ne sait pas encore vraiment ce qu'est un bon conducteur, quel lien il y a précisément entre le mode de conduite et la sinistralité », souligne Julien Hue, Directeur Innovations et télématique chez Amaguiz. Anne-Gaëlle Moisy confirme: « Notre préoccupation est que la réduction de la prime soit cohérente avec l'accidentologie. »

Pour les dirigeants de la branche assurance du groupe Société générale, qui n'excluent pas de se lancer eux aussi dans le « Pay how you drive » d'ici quelques mois, cela ne fait plus de doute : le lien entre bonne conduite et réduction des accidents est bel et bien établi. À l'appui de cette affirmation, leur expérience d'assurance de flottes de voitures en Italie équipées de capteurs. Ils ont pu constater que les conducteurs prudents, roulant plutôt lentement, avaient effectivement moins d'accidents. On s'en doutait, encore fallait-il vérifier.

Un panel de services liés à la voiture connectée

Amaguiz, qui vient de se lancer sur ce nouveau marché, conçoit le « Pay how you drive » comme partie prenante d'une offre globale d'assurance connectée.

« Nous voulons développer une véritable offre d'assurance connectée, souligne Julien Hue. Elle comprend le « Pay how you drive », mais pas seulement. Dans le courant de l'année, nous voudrons offrir un service de partage de véhicule, et de covoiturage (domicile-travail, par exemple). La réduction de la prime d'assurance accordée aux bons conducteurs prendra la forme de bons d'achats cumulables mois après mois. Au-delà, c'est un véritable panel de services attachés à la voiture connectée que nous voulons offrir. Au besoin, directement sur la voiture. »

Afficher sa bonne conduite ?

Véritables pionniers, les clients du « pay how you drive » aiment bien sûr les nouvelles technologies. Et ils en redemandent. "Les utilisateurs sont très friands de données détaillées sur leur conduite », souligne Anne-Gaëlle Moisy. « Nous leur fournissons déjà un accès en temps réel à l'analyse de leurs trajets et de leur score de conduite, mais ils réclament encore plus d'informations".
De cet intérêt, on tirait la conclusion chez Allianz, que les abonnés au nouveau service seraient demandeurs de partage sur les réseaux sociaux, prêts à afficher leurs progrès en matière de conduite auto. Or, c'est une surprise, les réticences semblent importantes à cet égard. « Ce qui rencontre moins de succès, c'est le partage des notes de conduite : les assurés ne sont manifestement pas « fans » », relève Delphine Asseraf.

Démutualisation

 Ces offres connectées s'inscrivent dans un mouvement de démutualisation de l'assurance : de plus en plus, les assureurs abandonnent l'idée traditionnelle d'un tarif commun à tous, les bons risques payant peu ou prou pour les mauvais. À l'avenir, chacun paiera quasiment selon son propre risque, celui qu'il fait courir à l'assureur, les données collectées (big data) permettant de le mesurer.

Qu'arrivera-t-il à ceux qui ne voudront pas jouer le jeu, qui refuseront, en l'occurrence, de connecter leur voiture ? « Aujourd'hui, ces clients ne sont pas concernés, ils ont droit au tarif de base auto, qui évolue pour eux avec le système de bonus-malus, relève un analyste financier. Mais, à l'avenir, on peut imaginer que ce prix de base soit relevé. Pour obtenir un tarif d'assurance auto intéressant, il faudra sans doute accepter de se connecter. » « Off the record », un assureur confirme :

« De plus en plus, nous allons faire payer les clients selon leur profil de risque. Ceux qui ne veulent pas qu'on le mesure devront, dans un avenir plus ou moins lointain, accepter des tarifs plus élevés. »

Le règne de Big Brother ? Un autre assureur le déplore, en tant qu'automobiliste.

« Vous vous rendez compte, il faudra passer son temps à surveiller sa conduite, être rivé chaque soir sur son score du jour. Qui a envie de ça, à la longue ? »

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Commentaires
a écrit le 21/03/2016 à 16:33 :
Bonne idée, et pourquoi ne pas indexer le point d'indice sur le solde du budget.
a écrit le 21/03/2016 à 10:06 :
Pas la peine d'essayer de tenter de donner le moindre argument contradictoire à cette posture des assurances, de toute façon ils prétendront avoir la science infuse pour nous mettre un scud dans l'arrière train !
Mais on aura bien compris que leur système de gouvernance idéal est la dictature !
a écrit le 20/03/2016 à 19:30 :
Sachant que je peux, comme tout bon programmeur, prendre le contrôle d'un smart-phone, vous imaginez les données que je pourrais récupérer ainsi ?
a écrit le 20/03/2016 à 19:12 :
C'est des voleurs ayez 2 accidents de stationnement avec tiers identifié reconnaissant les faits et vous prenez +30% d'augmentation la 1ere annee et encore +8% la deuxième année...alors facile de baisser les primes
a écrit le 20/03/2016 à 18:13 :
pas anormal , mais le système du bonus/malus est déjà une indexation du risque de même que l'assurance au km ; cela fera t'il réellement baisser le prix pour les automobilistes vertueux ?
a écrit le 20/03/2016 à 16:43 :
Mais où vas-tu liberté chérie ?
Finalement, ne pas avoir de voiture, ne pas avoir de cartes bancaires, ne pas avoir de mobile, etc... In fine, n'être plus rien...
a écrit le 20/03/2016 à 13:23 :
Il faut déjà avoir un smartphone pour transmettre les données de mesure, ça fait un obstacle.
Conduire 25 000km par an ou 2 000, lequel est 'bon conducteur' ?
Pour payer moins cher, on va tous prendre ce système, on conduit tous bien, qui pense mal conduire (ce sont toujours les autres, les chauffards) ?
"il faudra passer son temps à surveiller sa conduite, être rivé chaque soir sur son score du jour." les gens ont déjà du mal à surveiller leur compteur de vitesse (sinon, étant sous la limite, pourquoi freinent-ils quand ils voient un radar, donc sans raison ??), ça deviendra stressant de conduire.
A mon époque, on payait (GMF) le double en tant que conducteur novice pendant deux ans, mais pas à la Maif, le risque "jeune" étant réparti sur toute la vie de conducteur (solidarité intergénérationnelle).
Sur leur contrat, il faudrait expliciter l'algorithme de "bonne conduite", les critères concernés, leurs "fourchettes" (accélération dite dangereuse, combien de m/s², ..), le 80 sur route à 70, ... ?
a écrit le 20/03/2016 à 12:37 :
Bien que juste, cette initiative n'est que démagogie dans un pays staliniste comme la France ! Il me paraît évident que les assureurs jubilent quand on leur dit qu'ils vont pouvoir augmenter les primes de certains, sans vraiment baisser les primes d'autres :-)
a écrit le 20/03/2016 à 11:47 :
Le big data pourrait aussi être utile à la sécurité routière...

J'ai essayé l'application, juste pour savoir comment ma conduite était jugée.

C'est très interessant.

En terme de sécurité routière, il n'y a que les idiots du village pour croire que la vitesse est le seul levier.
Le plus important c'est l'allure... Et la capacité d'anticipation....

Dans mon cas, mes habitudes de scootériste sautaient aux yeux de l'outil : j'arrivais trop vite aux rond points...
Et cela change la conduite à l'approche d'un feu...

Je suis pour une approche collaborative de NOTRE sécurité lors des déplacements....
Dommage que les français n'aient pas confiance dans l'état...
PS. :
a écrit le 20/03/2016 à 10:27 :
en theorie, ca sera avantageux
en pratique, ca sera comme avec les contrats petits kilometrages!!! ca coute moins cher de prendre km illimites meme si on ne roule pas bcp....
apres va y avoir un gros pb... quand on se fait resilier car on a des accidents on comprend, quand c'est parce qu'a 3 reprises on a pris un tournant trop vite au gout de l'assureur, ca devient complique.....
et d'ailleurs ca sera quoi et quand ' trop vite ou trop brutal'?

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