Tarifs d'assurances : en hausse toute !

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Pour la deuxième année consécutive, les primes pour les particuliers sont en augmentation. La branche habitation progresse davantage que l'auto.

De nombreux assurés ont déjà reçu leur rappel de cotisation et découvert la mauvaise surprise de cette fin d?année : les tarifs ont de nouveau augmenté. L?assurance habitation accuse une forte hausse : de 4% à 5% en moyenne selon le comparateur Assurland. Maif a déjà annoncé une hausse moyenne de 3%, Aviva entre 6 et 7% et Axa 2,7%. Quant à Maaf et MMA, les deux mutuelles annoncent des augmentations respectives de 1% et 1,5%. Mais celles-ci sont données hors indices du coût de la construction, ce qui représente une hausse d?environ 4,5% en chiffres réels, selon Assurland.

Les raisons de la montée en flèche des tarifs d?assurance habitation depuis deux ans ne manquent pas. "Les augmentations de tarifs appliquées l?an dernier ont été insuffisantes par rapport aux problématiques que connaît l?assurance habitation. Les événements naturels sont récurrents, les cambriolages se multiplient et le parc immobilier vieillit, ce qui augmente les risques d?incendie par exemple", explique Claude Zaouati, directeur des produits dommages et santé d?Aviva France.

Au final, les résultats techniques des assureurs se sont dégradés au fil du temps, les primes versées par les assurés ne couvrant plus le remboursement des sinistres. De plus, cette année, les assureurs n?ont pas vraiment pu compter sur les performances des marchés financiers pour faire fructifier ces primes.

Certains assureurs seraient par conséquent favorables à l?instauration d?un système comme le bonus-malus pour l?assurance habitation, afin de construire les tarifs en fonction du risque (emplacement de l?habitation, état du logement?), ce qui n?est pas le cas aujourd?hui. "Pour l?habitation, le sujet prix ne suffira pas à redresser la barre. Il faudrait prendre en compte collectivement la réalité du risque et arriver à mieux l?appréhender, notamment par une segmentation des risques, comme en auto", affirme Claude Zaouati. Un projet de réforme dans ce sens a été annoncé par François Fillon fin novembre et pourrait être présenté avant la fin de l?année.

L?assurance auto n?échappe pas à la tendance haussière : +2 à +3%, selon Assurland.. "Nous devons prendre en compte l?inflation des coûts des sinistres matériels et corporels, ainsi que leur fréquence", déclare Claude Zaouati. Macif constate ainsi que les coûts des bris de glace augmentent de 6,3% par an depuis sept ans, ceux de la réparation de 4% à 5% par rapport à 2010, et ceux des sinistres corporels de près de 17% en un an.

Les prix de l?assurance santé sont également en hausse, notamment à cause de l?allongement de la liste de médicaments déremboursés, des dépassements d?honoraires et de l?augmentation de 3,5% de la taxe sur les complémentaires santé. Celle-ci pourrait cependant être répercutée sur plusieurs années.

"C?est la santé qui augmente le plus. C?est donc plus sur ce poste-là que les gens vont économiser", estime Stanislas di Vittorio, président d?Assurland. Déjà, de nombreux Français souscrivent à une couverture minimum et d?autres renoncent même à s?assurer, en pariant sur leur bonne santé ou en épargnant "au cas où". "La prime moyenne pour les nouveaux clients baisse, ce qui veut dire qu?ils prennent de moins en moins de garanties", affirme Claude Zaouati.

Au total, le comparateur estime à 60 euros le surcoût de ces différentes hausses sur un budget assurance de 1.300 euros par ménage.

L?assurance vie n?échappera certainement pas non plus à cette tendance à la hausse des tarifs. Dans un contexte de baisse de la collecte et d?augmentation des rachats, les assureurs pourraient augmenter leurs frais de gestion, en particulier sur les nouveaux contrats, pour conserver leurs marges.

Mais ces augmentations servent les comparateurs de produits d?assurance comme Assurland, Hyperassur ou Assuremieux. Ainsi, une soixantaine de compagnies d?assurance sont aujourd?hui référencées sur Assurland, contre à peine la moitié il y a cinq ans. "Le taux de rotation des clients en santé augmente. Comme c?est un secteur qui fonctionne beaucoup avec des promotions ou des mois gratuits, les clients cherchent à optimiser leur facture", confirme Claude Zaouati.

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Commentaires
a écrit le 06/12/2011 à 10:26 :
concernant l'habitation, bizarrement, c'est tjs les memes qui ont des sinistres, et les memes qui n'ne n'ont pas; et bizarrement, quand vous n'avez jamais rien eu, en cas de pbs, on sait vous expliquer les choses...

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