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Réglementation - 11/01/2012 | 08:20 - 446 mots

Jean Peyrelevade prône la séparation des activités bancaires

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L'ancien patron du Crédit Lyonnais estime que la réforme de la gouvernance bancaire doit aller plus loin encore que les recommandations du rapport Vickers.

Jean Peyrelevade va à contre-courant des établissements bancaires français, qui tiennent à leur modèle de banque universelle comme à la prunelle de leurs yeux. L'ancien patron du Crédit Lyonnais, aujourd'hui à la tête des activités parisiennes de la banque d'affaires franco-italienne Banco Leonardo, estime que la réforme de la gouvernance bancaire doit aller plus loin encore que le rapport Vickers, qui recommande une séparation partielle des activités de détail de celles de marchés au sein des banques britanniques. C'est ce que Jean Peyrelevade a déclaré lundi soir, lors d'un séminaire organisé par le Comité de vigilance et d'analyse économique (Vigi-Eco), dont l'ancien président du Lyonnais est membre.

Créé au lendemain de la victoire de François Hollande à la primaire socialiste dans le but de « proposer aux électeurs une analyse économique du projet porté par François Hollande », Vigi-Eco avait précisément convié pour ce premier séminaire John Vickers, président de la commission bancaire chargée par le gouvernement britannique de réfléchir à la façon d'empêcher une nouvelle crise financière.

"Séparation complète"

La première réforme préconisée par son rapport consiste à obliger les établissements bancaires à filialiser leur activité de détail pour la séparer des activités de marché. L'objectif : assurer le financement des entreprises et des ménages, même en cas de faillite de la partie banque d'investissement. "Cette idée de ring fencing [cantonnement des risques financiers ; Ndlr] est excellente s'il s'agit d'une étape intermédiaire. A terme, je plaide pour une séparation complète des activités de détail des activités d'investissement", a rétorqué Jean Peyrelevade à John Vickers. "Pour une activité de banque d'investissement, qui n'a pas de dépôts et donc pas de sources propres de liquidité, la tentation sera grande de trouver des tunnels, des viaducs, pour accéder à la liquidité de la banque de détail présente au sein du même groupe bancaire", a argumenté Jean Peyrelevade. Et d'alerter : "Si on s'interdit d'aller plus loin (que le cantonnement), on s'expose à la réapparition, sous une forme inattendue, des problèmes de contagion des risques entre banque d'investissement et banque de détail". Et à ceux qui, comme Baudouin Prot, président de BNP Paribas, feraient observer qu'il n'est plus possible de servir la clientèle des entreprises sans combiner une offre de financement et une offre de marché (La Tribune du 1er décembre), Jean Peyrelevade répond que "les synergies entre les deux métiers sont très faibles".

Autant d'arguments à partir desquels Vigi-Eco formulera des propositions à l'attention du candidat socialiste à la présidentielle, en matière de séparation entre banque de détail et banque d'investissement. En attendant, Nicole Brick, sénatrice PS de Seine-et-Marne et rapporteure générale de la commission des finances du Sénat, devait rencontrer mardi la Fédération bancaire française pour évoquer ce sujet brûlant.

Christine Lejoux - 11/01/2012, 08:20  | 
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  • crésus79 a écrit le 12/01/2012 à 19:00 :

    • "Si on s'interdit d'aller plus loin (que le cantonnement), on s'expose à la réapparition, sous une forme inattendue, des problèmes de contagion des risques entre banque d'investissement et banque de détail" Voilà une vision partielle : que feront les banques de détail si elles ne peuvent plus placer leurs excédents de fonds propres sur les marchés ? des investissements immobiliers comme au Japon ?

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  • Yann a écrit le 11/01/2012 à 22:37 :

    • J'ai un peu du mal à comprendre une telle démarche?: D'une part, l'idée de séparer les différentes activités est un processus de complexification qui a favorisé les crises financières récentes (les fameuses SPV). Cette complexification oblige tout investisseur à "relire" les implications d'une banque dans l'autre. Et cette relecture des risques est complexe, exposée à erreurs, ce qui génère du risque. D'autre part, cela ne réduirait pas le risque puisque si un fond d'investissement est en faillite, alors il apparaît que le risque va avoir un impact phénoménal sur la banque de détail. Le seul point positif est que l'on peut séparer les prêts aux petites entreprises et les activités de financement sur les marchés, car ils n'ont pas le même profil d'investissement...

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  • jojo a écrit le 11/01/2012 à 17:29 :

    • Bien vu Jean. Il faut non seulement séparer mais véritablement cloisonner la banque de détail qui doit comprendre les prêts, de la banque d'investissement/spéculation qui sont deux métiers avec deux finalités différentes.

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  • Lafronde a écrit le 11/01/2012 à 14:16 :

    • Aujourd'hui c'est plus facile pour Jean Peyrelevade de prôner la séparation des activités bancaires mais, il n'invente rien. Un peu d'histoire, ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis tentent de mettre un frein aux appétits de leurs banquiers. Ce fut le cas après chaque crise financière. Au lendemain de la crise de 1929, le président Franklin Roosevelt met en place une séparation stricte entre banque de détail et banque d'investissement dans le cadre du "New deal". Le fameux Glass-Steagall Act restera en vigueur outre-Atlantique pendant plus de soixante ans. Il s'agit, déjà, de protéger les économies des Américains contre les prises de risques excessives des financiers. La France adoptera un système comparable au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/09/23/pourquoi-les-anglo-saxons-reforment-ils-leur-systeme-bancaire_1575786_3234.html

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  • QUICK a écrit le 11/01/2012 à 12:31 :

    • Notre président pourfendeur des banksters et autres spéculateurs n'a pas encore le sens du bien commun; la tva sociale comme la taxe Tobin c'est juste un masque; Pour les choses sérieuses d'autres s'en chargeront.

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  • kakech a écrit le 11/01/2012 à 11:50 :

    • Prot a tort. Les PME peuvent largement se financer auprès des seules banques de dépôt , d'autant que leurs besoins concernent majoritairement des crédits de court terme . Les banques "d'affaires" elles pourront ainsi se consacrer aux marchés et opérations concernant les grandes entreprises et groupes internationaux . L'avantage de la séparation permettra en outre à l'Etat d'imposer aux banques de dépôt des standards opératoires et tarifications plafonnées en échange de sa garantie sur les dépôts de leurs clients .Les banques d'affaires elles n'auront d'autres garanties que celles apportées par leurs actionnaires ou assureurs privés. C'est bien sûr ce que ne veut pas Mr Prot .

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  • sb a écrit le 11/01/2012 à 11:45 :

    • 500 000 $ d'amende pour l'affaire Executive Life , Votre avis Mr PEYRELEVADE non merci

      • exactement a répondu le 11/01/2012 à 17:24:

        • peyrelevade, tapie, LCL, executive life... de si brillants gestionnaires !!

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  • bancopasillico a écrit le 11/01/2012 à 11:37 :

    • c'est compliqué de séparer non? car par définition, une banque d'investissement n'ayant pas de fonds.. comment elle fait pour emprunter sur le marché ou placer si elle ne passe pas par les clients des banques de détails.. la tribune pourrait developper le point d evue de ce MR car c'est peu clair.Merci

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  • bancopasillico a écrit le 11/01/2012 à 11:37 :

    • c'est compliqué de séparer non? car par définition, une banque d'investissement n'ayant pas de fonds.. comment elle fait pour emprunter sur le marché ou placer si elle ne passe pas par les clients des banques de détails.. la tribune pourrait developper le point d evue de ce MR car c'est peu clair.Merci

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  • MR.A.B. GLANDU a écrit le 11/01/2012 à 09:26 :

    • Baudouin Prot, président de BNP Paribas, fait observer qu'il n'est plus possible de servir la clientèle des entreprises sans combiner une offre de financement et une offre de marché Jean Peyrelevade répond que "les synergies entre les deux métiers sont très faibles" Prot a bien sur raison et nouvelle fois Peyrelevade nous montre que sa logique est totalement dépassée !.

      • Réflexion a répondu le 11/01/2012 à 11:31:

        • euh explique, démontre???? En quoi il est obligatoire lie d obtenir un financement ou un service et d aller voir ce qui se passe sur le marché des titres..... C'est justement cette "dictature" du cours qui nous a mis dans la merde..... avant, c est pas vieux 30 ans, banque d affaire et banque de depot etaient STRICTEMENT séparé et ca marchaient tres bien... Il faut revenir a l economie reelle, le cours de bourses et bien trop volatile, suivant le gré des rumeurs.... Il suffit qu une rumeur parte sur le changement de dirigeant et hop le cours monte ou diminue..... CA SUFFIT

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    • "Si on s'interdit d'aller plus loin (que le cantonnement), on s'expose à la réapparition, sous une forme inattendue, des problèmes de contagion des risques entre banque d'investissement et banque de détail" Voilà une vision...

      par crésus79 le 12/01/2012 à 19:00

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