La Tribune

Eurocopter obtient une aide financière pour son projet X4

Eurocopter
Eurocopter (Crédits : eurocopter)
Michel Cabirol  |   -  405  mots
Matignon a arbitré en faveur de la filiale hélicoptériste d'EADS. Elle bénéficiera de 550 millions d'euros pour développer le successeur du Dauphin.

C'est une très bonne nouvelle pour toute la filière hélicoptériste française - pour Eurocopter et ses grands fournisseurs comme Turbomeca et Sagem (groupe Safran) ainsi que Thales. Selon des sources concordantes, la filiale hélicoptériste d'EADS, basée à Marignane, près de Marseille, a finalement réussi à obtenir autour de 550 millions d'euros de financements pour le développement du successeur de l'un de ses best-sellers, le Dauphin, dans le cadre du grand emprunt pour les investissements d'avenir. Au total, Eurocopter, qui s'est pour la première fois entouré de plusieurs partenaires à risque, évalue le coût du développement de cet appareil à environ 1,5 milliard d'euros pour une mise en service à l'horizon 2018-2020.

C'est Matignon qui a arbitré en faveur d'Eurocopter, qui demandait ce montant pour financer la R&T (recherche et technologies) et la R&D (recherche et développement) pour son projet X4 (4 comme un hélicoptère de 4 tonnes), un dossier défendu par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Cet arbitrage, explique-t-on à La Tribune, n'a pas encore fait l'objet d'une signature officielle.

Ancrage solide en France

Initialement, le comité de pilotage du Commissariat général à l'investissement (CGI) n'avait accordé que 400 millions d'euros (La Tribune du 26 janvier).

L'arbitrage de Matignon est très important pour la filière hélicoptériste française. Il permet notamment à Eurocopter de garder un ancrage solide en France en confiant le développement du successeur du Dauphin à Marignane. Car, régulièrement, des rumeurs font craindre un transfert d'activités du site marseillais proche de l'asphyxie vers l'Allemagne, précisément à Donauwörth, où il existe des possibilités d'agrandissement autour de l'actuelle usine.

Avec cette enveloppe de 550 millions d'euros, l'hélicoptériste franco-allemand et ses partenaires pourront également développer un programme ambitieux au niveau technologique (turbines, avionique, rotor, pales, fuselage...) dans la gamme des quatre tonnes fortement attaquée par la concurrence, notamment par l'italien AgustaWestland, qui a dévoilé l'AW169 au salon aéronautique de Farnborough, en juillet 2010. "C'était vraiment important d'obtenir ce montant pour faire ce saut technologique qui fera la différence avec la concurrence", assure un bon connaisseur du dossier.

D'ici là, Eurocopter, en retard dans le renouvellement de sa gamme, prévoit de mettre en service dès 2016 un hélicoptère, doté de quelques-unes des briques technologiques suffisamment matures, pour occuper ce créneau commercial essentiel.

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Commentaires

chri  a écrit le 21/06/2011 à 8:28 :

Gaspillage d'argent! EUROCOPTER n'a pas besoin d'aide.

mariealbert  a écrit le 07/04/2011 à 13:22 :

gaspillage inadmissible !
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pourquoi ?  a répondu le 07/04/2011 à 14:37:

pourquoi ? recherche, emplois, l'usage de ce type d'appareil est pour le sauvetage en mer, l'accès aux plates formes petrolières (bon là ok, si on veut leur disparition on est contre) evacuation sanitaire, police et gendarmerie... où est le problème de mettre de l'argent là dedans ?

ludo31  a écrit le 07/04/2011 à 11:50 :

Maintenant quand c'est les USA qui apportent une aide auprès de Boeing on condamne par le biais de l'OMC mais c'est quand Matignon , tout est permis !!

THIB12  a répondu le 07/04/2011 à 17:20:

Airbus a été condamné lui aussi

Alain  a écrit le 07/04/2011 à 6:51 :

Et pourquoi ce ne sont pas les banques qui ont pris le risque du financement ? C'est au contribuable de financer le privé ? Comme les autoroutes, qui ont été vendues et qu'on paie à vie ?

oui et non  a répondu le 07/04/2011 à 8:54:

Parce que le retour sur investissement est sur 10-15 ans, et on est aux limites de ce qui est les horizons du privé. L'autre point est qu'il y a une part importante de R&D, et qui se situe là aussi à la limite en la recherche et l'innovation d'entreprise, et celle de la recherche publique (ONERA et autres). Mais il est vrai que dans ce cas, des domaines comme les infrastructures autoroute, aéroport, électricité, ne devraient pas être privatisées alors que leurs horizons est de 50 ans.