Ce qu'a coûté le démantèlement du Clemenceau à la France

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Selon nos informations, le fiasco de la déconstruction de la coque Q 790 a englouti plus de 20 millions d'euros.

Paix à son âme. Pour autant, le ministère de la Défense ne pouvait ne pas tirer des leçons du fiasco du démantèlement du porte-avions Clemenceau, la coque Q 790, dont la déconstruction a été achevée fin 2010 dans le chantier britannique Able UK d'Hartlepool. Un rapport du ministère de la Défense tire à boulets rouges sur la Marine : elle « avait fait le choix d'initier la déconstruction de ses bâtiments par celle de l'ancien porte-avions, sans avoir bien évalué les difficultés qui allaient se présenter du fait des contraintes de la réglementation relative à l'amiante, de la difficulté à sélectionner une entreprise compétente pour conduire l'opération, et des retombées médiatiques qui allaient en découler pour une opération qui se voulait exemplaire ».

Exemplaire, ce fut loin d'être le cas. Car la Marine et le service des Domaines, propriétaire des matériels militaires en fin de vie opérationnelle, ont dû s'y reprendre à trois fois pour signer le bon contrat en vue de démanteler le « Clem ». En 2003, ils ont choisi l'entreprise de démolition espagnole GDRS, « l'industriel le moins-disant pour le marché initial de la déconstruction en 2002, sans définir suffisamment les prestations de désamiantage à réaliser ». GDRS convoie la coque Q 790 de façon irrégulière vers la Turquie. Premier scandale. La Marine la récupère finalement à proximité de l'Italie. La caution versée par GDRS (460.000 euros) est conservée par l'État « après rupture du contrat », précise le rapport.

En 2004, le deuxième contrat, passé à la société SDI, représente « un coût de 11,8 millions pour les travaux de désamiantage effectués à Toulon et le passage du canal de Suez » en vue de sa déconstruction finale en Inde, selon le rapport. C'est le début des fameuses tribulations du « Clem », l'Inde, sous la pression des organisations internationales, refusant in fine de l'accueillir en raison des fortes quantités d'amiante à bord. À la veille de la visite de Jacques Chirac en Inde en février 2006, la France finit par le rapatrier. « Pour le remorquage de la coque de l'Inde vers Brest, le montant payé s'est élevé à 1,6 million d'euros ». Au final, la Marine signe un contrat de démantèlement en 2008 avec Able UK.

« La déconstruction de la coque Q 790 a un coût, environ 20,8 millions d'euros, peu élevé et non encore définitif, mais qui aurait pu l'être moins, 12,2 millions d'euros si l'opération avait été conduite sans les aléas de son désamiantage et de ses voyages imprévus ». Sans oublier les frais de contentieux (480.000 euros).

Le rapport conclut que « cette opération, difficile, montre clairement qu'il revient au ministère de la Défense de conduire seul la déconstruction des navires ». Et de prévoir le démantèlement des matériels militaires dès leur conception dans le cadre de la conduite des opérations d'armement.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2011 à 3:53 :
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a écrit le 12/10/2011 à 8:08 :
je ne vois pas en quoi le fait de faire faire le travail par des fonctionnaires du ministère de la défense aurait amoindri les difficultés dues à la présence d'amiante.
Tout au plus les 8 millions de surcoût (peanuts !) seraient passés à la trappe dans un trou noir budgétaire et l'opinion publique n'aurait pas su que démanteler une coque est un vrai problème technique. Donc la solution retenue était bien la bonne et j'espère qu'elle sera reconduite, maintenant qu'on sait trouver les bons fournisseurs sélectionnés sur les bons cahiers des charges.
a écrit le 05/10/2011 à 8:33 :
Un vieux dossier certes maltraité,mais qui par rapport au coût de soutien à l'économie grecque,à Dexia,fini par être Peanuts?
Que chacun réfléchisse sur ce qu'il peut faire pour aider le Pays à faire face et tout ira mieux.Encore faut-il participer aux cercles constitués,et peu importe la sensibilité politique.Le dialogue et la prise encompte des idées doit se faire jour.
a écrit le 04/10/2011 à 7:20 :
L'opportunité de créer une filière industrielle de déconstruction n'a jamais traversé l'esprit de nos édiles,... pour le même prix, combien de chômeurs en moins??
Réponse de le 05/10/2011 à 8:27 :
Mais c'est un travail de bagnard indigne du col bleu et encore moins du Blanc,parlons du col...
AAh,conditions de travail en France quand tu nous tiens!!!!!
Et puis se vautrer dans l'assistanat,n'est-ce pas the must§§
a écrit le 02/10/2011 à 13:58 :
et on s'étonne !
c'est un perversion de la comptabilité publique, mais surtout de l'utilisation qui en faite : on a un projet, on regarde l'investissement, puis le fonctionnement. Et on "oublie" la déconstruction. Les générations à venir se démerderont. Un oubli qui arrange tout le monde : les commanditaires, les politiques. Eh oui ! les politiques ! parce que leur irresponsabilité les conduit à enterriner n'importe quoi.
Une question... pour les centrales nucléaires, c'est la même chose ?
Réponse de le 03/10/2011 à 11:38 :
Il a bien fallu lancer les centrales sans connaitre les contraintes de déconstruction. Mais désormais le processus industriel est connu:
10 ans pour l'arrêt;
40 ans d'attente pour reduire les radiations
10 ans pour deconstruire le batiment réacteur
50 ans pour les autres bâtiments et rendre un site propre ^^

Réponse de le 03/10/2011 à 15:29 :
C'est plus un probleme de génération que de commandiotaire ou de comptabilité publique : dans les années 1970 et 1980, personne ne pensait ni déconstruction, ni recyclage (ce qui relève d'une même logique au final). C'est vrai des portes avions, des centrales, mais aussi des modèles de voitures ou d'ordinateurs de cette époque. Pour les voitures ou les ordinateurs par exemple, les premiers modèles "desconstructibles" remontent à combien de temps ? 5 ans maximum je dirais. Donc imaginer pour les constructions dont la durée de vie est de 30 ou 50 ans ?. Je pense que là ils ont voulu au contraire "trop bien faire" : déconstruire un navire dont la conception remonte aux années 60. Malgré cet echec, je pense que pour une fois c'est plutot positif en ce sens ou il aura permit de se confronter à un nouveau domaine, car la deconstruction est bel et bien un nouveau domaine.
a écrit le 01/10/2011 à 14:04 :
Encore un bon exemple de fonctionnaires incapables et qui n'en ont rien à faire parce qu'ils ont le travail assuré et la promotion garantie. Vous imaginez si un groupe privé - Total par exemple - avait conduit une opération aussi foirée ? Le scandale médiatique plus nombre de licenciements pour incompétence !!
Réponse de le 03/10/2011 à 9:51 :
et encore une couche pour les fonctionnaires qui sont responsables de TOUS les maux de la planète. Et vous, vous êtes qui Jjean ? un irresponsable sans doute car vous ne donnez que des leçons. Savez-vous comment aurait agit le "privé" ? sans perte par principe : le navire aurait été démantelé en Inde ou au Vietnam comme tant d'autres ou coulé dans le Pacifique.
Allez-vous coucher et dormez au lieu de mettre des messages imondes sur la toile.
a écrit le 01/10/2011 à 12:48 :
et pendant ce temps là les américains ont coulé les leurs en pleine mer et cela permet aux poissons d'y trouver refuge.
voila encore les excès financiers ou nous conduisent les écolos extrémistes.
a écrit le 01/10/2011 à 9:13 :
Commencez à économiser parce que lorsqu'il faudra démanteler le Charles de Gaulle, le traitement des réacteurs nucléaire assurant sa propulsion coutera une fortune pour peu que l'on puisse le faire!!!
a écrit le 30/09/2011 à 20:37 :
Triste fin pour cet emblème de la Marine. Ceci est à l'image de l'institution livrée à on ne sait quelle logique. Bien d'autres bâtiments moins glorieux et bourrés d'amiante et d'autres choses encore ont été envoyés par le fond sans autre forme de procès, mais ce démantèlement à moindre coût dans une poubelle étrangère est tout simplement honteux.
Réponse de le 04/10/2011 à 7:41 :
La Royale n'a rien à voir avec la construction ou déconstruction des batiments , ces batiments sont la propriété de l'état et non de la Marine ! Les batiments sont confiés à la Marine aprés validation des essais à la mer par l'Etat, la Marine en assure le fonctionnement et l'entretien, ensuite c'est l'état (les domaines) qui assure la fin de vie ! l'honneur de la Royale c'est d'avoir maintenu en parfait état ces 2 PA pendant 40 ans , la preuve le Foch navigue toujours au Brésil
a écrit le 30/09/2011 à 10:04 :
Remerciez les écolos pour ces coûts que le contribuable français payera car il existait un protocole avec l'inde qui devait bénéficier de l'aide technique de la France pour désamianter. Cette aide aurait permis d'améliorer considérablement la technique indienne de démantellement des navires et probablement de sauver des vies humaines car ce sont toujours les indiens qui démantellent la plupart des navires et ce dans des conditions de travail lamentables
Réponse de le 30/09/2011 à 11:14 :
Si l'Etat décide de céder à la démagogie des verdâtres parce qu'il n'a pas le talent ou le courage pour expliquer pourquoi ceux ci ont tort, il faut qu'il assume les conséquences ...
Réponse de le 01/10/2011 à 19:54 :
'' il faut qu'il assume les conséquences ...'' Ouais, c'est plutôt le contribuable qui assume les conséquences. A-t-on seulement jamais vu un politicien ou un fonctionnaire assumer les conséquences de ses erreurs ?
a écrit le 30/09/2011 à 9:23 :
C'est bien dommage que ce travail ne soit pas rétribuer à nos chômeurs qui a tant besoin de travailler pour mieux vivre de sa passion.
Réponse de le 01/10/2011 à 12:14 :
je doute fort que nos chômeurs acceptent ce travail !!!
a écrit le 30/09/2011 à 7:26 :
quelle triste fin pour un si beau navire trimballé comme une poubelle d'un pays à un autre il aurait vraiment mérité autre chose Mais je suppose que comme beaucoup d autres sujets les choses ont changés et pas en mieux c est vraiment pas à l'honneur de la "Royale"
Réponse de le 30/09/2011 à 11:46 :
Pas mal de navires sont coulés comme récif artificiel, je pense que le clémenceau aurait fait un beau récif. Par contre je ne sais pas si cela aurait été si facile : il aurait sans doute fallu quand même le désamianter et le dépolluer je suppose, et sans doute découper l'intérieur pour eviter qu'il devienne un piège pour les plongeurs en visite. Mais ça aurait été une fin autrement plus belle pour ce navire.
Réponse de le 30/09/2011 à 14:22 :
Je partage cet avis c'est une triste fin.
J'aurais bien vu le bateau positionné en musée de l'aéronavale a Cherbourg par exemple qui a déjà le redoutable.
A NYC il y a un porte avion qui se visite et fait le plein.
Sinon quel belle épave pour les plongeurs ou quel beau récif pour casser des vagues cela aurait pu faire.
Je note que les autres pays, comme les USA, s'embétent moins de considérations écologiques avec leurs vieilles coques
Réponse de le 04/10/2011 à 7:19 :
La Royale n'a rien à voir avec la construction ou déconstruction des batiments , ces batiments sont la propriété de l'état et non de la Marine ! Les batiments sont confiés à la Marine aprés validation des essais à la mer par l'Etat, la Marine en assure le fonctionnement et l'entretien, ensuite c'est l'état (les domaines) qui assure la fin de vie ! l'honneur de la Royale c'est d'avoir maintenu en parfait état ces 2 PA pendant 40 ans , la preuve le Foch navigue toujours au Brésil
a écrit le 30/09/2011 à 7:18 :
La responsable du fiasco est Michèle Alliot-Marie, ministre non regrettée de Nicolas Sarkozy, qui a été une incarnation de l'incompétence même.
Réponse de le 30/09/2011 à 14:18 :
Dans les (très) nombreux gouvernements de NS 1er, on se demande qui est le plus incompétent. Douillet, Baroin, Alliot-Marie, Pécresse, Dati, tous se disputent la palme.
Mais ce n'est pas grave, ils sont (grassement) payés quand même, et pour (trop) longtemps.
Réponse de le 30/09/2011 à 17:40 :
Bonjour l'amalgame et commentaire non fondé. Mme Dati , par exemple, a mené une reforme de la justice qui en a besoin de beaucoup d'autres. Elle aurait pu continuer si des gens d'en votre genre ne s'étaient mis en travers en soutenant une campagne médiatique orchestréee dans quel objectif ? Les metiers jacquards , sont pas morts .Dommage pour la France en tout cas.
Réponse de le 03/10/2011 à 10:21 :
Mme Dati compétente...réforme de la justice?
On a les prisons les plus immondes du monde..Mme Dati et ses prédéssesseurs des "immondes" ministres oui!
Je vous souhaite de ne jamais tomber dans un commissariat immonde nationale et encore moins d'aller ne serait-ce un jour dans une prison française de cul de basse fosse! Il n'y a pire que l'aveugle...

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