La Tribune

Un nouvel Aulnay... pour Ford?

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Alain-Gabriel Verdevoye  |   -  483  mots
Selon le Wall Street Journal, le constructeur américain Ford envisage de fermer son usine belge de Genk, qui emploie plus de 4.300 salariés.

Selon le Wall Street Journal, le constructeur automobile américain Ford envisagerait de fermer son usine belge de Genk, qui emploie plus de 4.300 personnes. Un nouvel Aulnay? "Le plan n'est pas achevé", assure toutefois le journal des affaires, qui affirme tenir ses informations de sources proches du dossier. Les surcapacités structurelles, sur fond de marchés conjoncturellement en crise, font des ravages. PSA doit fermer en 2014 son site de la région parisienne qui produit la petite C3. L'usine Opel de Bochum en Allemagne est menacée, tout comme les usines italiennes de Fiat, avec Cassino en ligne de mire.

Mondeo, S-Max et Galaxy

Genk fabrique aujourd'hui les "gros" modèles du constructeur à l'ovale bleu en Europe: les berlines et breaks Mondeo, les monospaces S-Max et Galaxy, les véhicules qui souffrent le plus sur le Vieux continent. Ford a produit 150.000 unités en 2011 en Belgique. Les coûts élevés en Belgique, jadis paradis des constructeurs, rendent ce pays vulnérable aux restructurations. Renault avait fermé Vilvorde dans les années 90 et GM a dernièrement suspendu la production de sa filiale Opel à Anvers. Les constructeurs préfèrent s'aliéner syndicats et pouvoirs publics en Belgique que dans leurs pays d'origine. Interrogé, Ford se borne à répondre que la future Mondeo, prévue pour fin 2013, est "d'ores et déjà prévue pour une fabrication à Genk".

Surcapacités flagrantes

Le constructeur américain avait  annoncé fin juillet qu'il prévoyait plus... d'un milliard de dollars de pertes sur le Vieux continent cette année. "Nous évaluons la situation en Europe avec un sentiment d'urgence", avait déclaré le directeur financier Bob Shanks lors d'une conférence téléphonique. "Il s'agit vraiment d'un problème structurel et non cyclique", avait même renchéri le PDG Alan Mullaly. "Nous n'allons pas être sauvés par une remontée des volumes" de ventes, qui vont rester durablement plus bas que par le passé, soulignait le patron du groupe américain, faisant état, comme les autres dirigeants du secteur, d'une "surcapacité" de production sur le Vieux Continent. Le numéro deux américain de l'automobile avait indiqué à la mi-juillet que ses ventes avaient chuté de 19% au premier semestre en Europe, où il emploie 66.000 personnes, principalement en Allemagne.

Exemple des Etats-Unis

La firme est implantée industriellement  outre-Rhin, mais aussi en Belgique, outre-Manche et en Espagne ainsi qu'en Roumanie. Alan Mullaly avait insisté au coeur de l'été sur le fait que le succès du redressement aux Etats-Unis était dû à "l'implication de toutes les parties prenantes, y compris les syndicats", et qu'il comptait faire de même en Europe. "Le pire serait de continuer à perdre de l'argent et de faire faire faillite", a averti le patron de Ford, qui avait supprimé des milliers d'emplois et fermé de nombreux sites outre-Atlantique. Ford avait divisé ses effectifs par deux en Amérique du nord.

Réagir

Commentaires

gerardc27  a écrit le 16/10/2012 à 11:33 :

On ferme des usines en France et en Belgique mais en Allemagne ou les sites industriels sont hyper nombreux on évoque à peine une fermeture et encore partielle même pour les constructeurs qui perdent "énormément" d'argent. Qui croire et que penser dans cet imbroglio.

Fermetures  a répondu le 16/10/2012 à 14:48:

En Allemagne aussi, on commence à en parler, on le voit avec Opel qui prévoit la fermeture de son site de Bochum. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20120613trib000703699/opel-va-fermer-l-usine-de-bochum-apres-2016.html

moerl16  a écrit le 13/09/2012 à 15:00 :

vite envoyer Montebourg pour mettre aux plis le patron de FORD

yoyo  a répondu le 13/09/2012 à 16:12:

le mettre aux plis, pourquoi voulez-vous lui faire envoyer des courriers ? C'est quoi le rapport ?

pas une fatalité  a écrit le 13/09/2012 à 13:55 :

La fermeture des usines automobiles en Belgique (et ailleurs en Europe occidentale) n'est pas une fatalité. L'usine Volvo implantée à Gand et l'usine Audi implantée à Bruxelles produisent à pleine capacité. Mais il est clair qu'on ne peut forcer les gens à acheter une voiture qui ne leur plait pas et qu'il faut donc produire ce que le marché réclame

Milènee  a écrit le 13/09/2012 à 13:27 :

Depuis le 11 septembre 2001 avec la mascarade des attentats du WTC et la complicité de tous les états, et la guerre en IRAK qui s'en est suivit, je ne consomme plus aucun produit américain, voiture, I Phone, ils veulent faire la guerre au monde entier, mais pas avec mon argent..

Damien63200  a répondu le 13/09/2012 à 15:37:

Se priver de Granola... Dur :(

lyon69  a écrit le 13/09/2012 à 10:21 :

et si on exportait aux belges notre Montebourg national : ça relancerait notre commerce extérieur, et pis les Français sont de plus en plus nombreux en belgique ! Peut-être même qu'il adopterait la nationalité belge, et là, on aurait fait d'une pierre deux coups !!!

yoyo  a répondu le 13/09/2012 à 12:35:

Je doute que les Belges n'acceptent la délocalisation de Montebourg, car en Belgique, on a sur vivre un an sans gouvernement prouvant ainsi que les politiques ne servent à rien.

@Yoyo  a répondu le 13/09/2012 à 16:39:

La Belgique est une etat Federal, donc meme s il n y a pas de gouvernement central il a quand meme des instances dirigeantes en Flandre et Wallonie, un peu comme les Landers d Allemagne... donc evitons les raccourcis et jugement a l emporte piece

kizi  a répondu le 13/09/2012 à 19:34:

remarquez ils ont aussi un Montebourg... Leur roi ne sert à rien !

GERARDC27  a écrit le 13/09/2012 à 10:02 :

Après des années d'aveuglement les constructeurs prennent cette fois le problème très au sérieux. Tous les constructeurs seront touchés à des degrés divers et les allemands qui seront les derniers à restructurer souffriront plus que les autres car c'est la "bagnole" et tout ce qu'elle "véhicule" qui va être remis en cause.

yoyo  a répondu le 13/09/2012 à 12:38:

Ce n'est pas un problème pris au sérieux. C'est sûr que c'est plus avantageux pour un employeur et des actionnaires de se passer de toutes les conditions sociales européennes et d'aller produire dans un pays de crèvent la faim, au mépris parfois de certaines lois qu'on juge ici élémentaires.
C'est significatif d'une chose : les gens qui bossent sont trop bons... et Trop bons, trop.....