Biodiversité : en 42 ans, 58% des animaux présents sur Terre ont disparu

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Les populations les plus touchées sont celles d'eau douce. Or, 10% des espèces connues sur le globe vivent dans ce milieu, qui ne couvre pourtant que 0,8% de la surface terrestre.
Les populations les plus touchées sont celles d'eau douce. Or, 10% des espèces connues sur le globe vivent dans ce milieu, qui ne couvre pourtant que 0,8% de la surface terrestre. (Crédits : Reuters)
Les populations de vertébrés ont chuté de 2% par an en moyenne depuis 1970, constate le dernier Rapport Planète Vivante du WWF. En 2010, la baisse par rapport à 1970 était de 52%.

Entre 1970 et 2012, le nombre de mammifères, oiseaux, poissons, amphibiens et reptiles peuplant la Terre a diminué de plus de la moitié. Et la baisse, continue, ne montre aucun signe de ralentissement. Le Fonds mondial pour la nature (World Wildlife Fund, WWF) s'en alarme dans son dernier Rapport Planète Vivante, publié internationalement jeudi 27 octobre.

L'Indice Planète Vivante (IPV) mis en avant par l'ONG tous les deux ans pour mesurer l'état écologique de la planète, calculé par la Société zoologique de Londres à partir des données collectées sur 14.152 populations appartenant à 3.706 espèces, fait notamment état d'une chute de 58% des vertébrés en 42 ans, au rythme annuel moyen de 2%. Le rapport constatait une chute de 52% entre 1970 et 2010. Si cette tendance persiste, la baisse pourrait atteindre 67% en 2020: année au cours de laquelle doivent être réalisées les premières actions environnementales inscrites dans l'Accord de Paris et dans les nouveaux objectifs de développement durable (ODD) adoptés en 2015 par les Nations Unies. Le WWF souligne que, selon les études récentes, il est pertinent de parler de "sixième extinction de masse": un événement demandant normalement des centaines de milliers d'années et qui pour la première fois se produit à l'échelle de la vie humaine.

Les populations d'eau douce en baisse de 81%

Les populations les plus touchées sont celles d'eau douce: la baisse moyenne de l'effectif constatée entre 1970 et 2012 a été de 81%, soit 3,9% par an. Or, 10% des espèces connues sur le globe vivent dans ce milieu, qui ne couvre pourtant que 0,8% de la surface terrestre. Les populations d'espèces terrestres ont pour leur part décliné de 38%, et celles marines de 36%. "Et il n'y a pas de raisons d'imaginer que les invertébrés, qui se trouvent au début de la chaîne alimentaire, soient moins impactés, bien au contraire", souligne Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF France.

Quant aux menaces que subissent les populations en déclin, la plus fréquente est la perte et la dégradation de leur habitat, en raison de l'urbanisation, des pratiques de déforestation et de la désertification. "Tant que nous le voyons comme un espace vide, il y aura toujours une bonne raison pour détruire un habitat", souligne Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Suit la surexploitation (surpêche, chasse, braconnage etc.), principale cause notamment de la baisse des effectifs des espèces marines. La pollution, le changement climatique, mais aussi la prolifération d'espèces invasives sont aussi des causes de déclin, directes comme indirectes.

Lire: Pêche, déforestation et agriculture menacent la biodiversité davantage que le réchauffement

Parmi les premiers facteurs de dégradation des habitats et de surexploitation des espèces, de pollution et d'érosion des sols, figure notre système alimentaire, souligne le WWF, qui y consacre cette année un regard particulier. A elle seule, l'agriculture occupe en effet un tiers de la surface terrestre totale, cause 80% de la déforestation mondiale et consomme 70% de l'eau disponible sur Terre. La biodiversité en prend un énorme coup: 75% de l'offre alimentaire mondiale est produite à partir seulement de douze plantes et cinq espèces animales. La transition implique d'agir sur deux leviers: une optimisation de la production, mais aussi une diminution de la consommation, notamment de produits d'origine animale, puisque 70% des céréales produites dans le monde sont destinées à l'élevage. "On peut diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 25% sans devenir végétarien", estime Arnaud Gauffier.

Lire: La durabilité, enjeu incontournable de l'agro-alimentaire de demain

Une nouvelle époque géologique

Si l'IPV se concentre sur la faune vertébrée, le caractère insoutenable de la pression humaine sur la planète est par ailleurs confirmé par une autre donnée, rappelle le WWF: l'empreinte écologique,  publiée annuellement par le Global Footprint Network. En 2016, l'ensemble des ressources renouvelables de la Terre avait été consommé le 8 août, ce qui signifie qu'il nous faudrait désormais 1,6  planète pour répondre à nos besoins de consommation sans épuiser les ressources. En 55 ans, cette empreinte écologique globale n'a d'ailleurs fait que croître: les quelques rares épisodes de réduction ne dépendent que des grandes crises économiques, et ont été rapidement suivis par une tendance haussière.

Les conséquences de cet impact sont désormais aussi globales que dangereuses et inconnues, souligne l'ONG.  Alors que jusqu'à présent la pression sur l'environnement se manifestait surtout sous forme de détériorations locales, nous aurions désormais dépassé quatre (intégrité de la biosphère, perturbation des flux biogéochimiques, changement climatique et modification des écosystèmes terrestres) des neufs limites de la résilience naturelle planétaire -qui comprennent aussi l'acidification des océans, l'utilisation insoutenable de l'eau douce, l'altération des aérosols atmosphériques, la pollution par des substances nouvelles et la réduction de l'ozone stratosphérique. On serait même entré dans une nouvelle époque géologique, l'Anthropocène, marquée par les effets (déchets plastiques, grandes métropoles etc.) de l'action d'une seule espèce, l'Homo sapiens... qui ne sait pourtant pas encore en prédire ni contenir les effets.

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Commentaires
a écrit le 28/10/2016 à 9:31 :
Conclusion il faut castrer chatrer les humains.... il y en a trop.... Coupons les têtes.

Belle enquête qui mélange les choux les carottes et les cailloux.
Tout en pourcentages sans faits précis mélangeant les cumuls les moyennes etc...

Bref on sort des chiffres forts qu'on mouline pour dire attention c'est mal... on va dans le mur.

Bref inutile.
a écrit le 27/10/2016 à 18:18 :
La personne qui a répondu: "je ne connais pas, ça m'intéresse pas" est un superbe égocentrique; qu'il ait au moins la décence de la fermer et d'essayer d'augmenter ses connaissances, s'il en a les capacités, ce dont je doute.
a écrit le 27/10/2016 à 11:08 :
La disparition des éléphants, tigres, grands singes, rhinocéros ou dauphins dans leurs milieux naturel me laisse indifférent car je n'ai pas les finances pour aller les voir. Par contre je me préoccupe plus de la disparition des abeilles certains insectes des hirondelles ou des simples moineaux dont la raréfaction devient problématique et là personne ne s'en aperçois. Bizarre.
Réponse de le 27/10/2016 à 13:58 :
quel commentaire stupide...
Réponse de le 27/10/2016 à 17:51 :
C'est le genre de commentaire qui me fait désespérer de l'espèce humaine
Réponse de le 28/10/2016 à 11:19 :
Donc les gens qui n'ont pas les finances pour visiter des gens comme patoche ? Pitoyable et dangereuse comme logique.
a écrit le 27/10/2016 à 10:32 :
"A elle seule, l'agriculture occupe en effet un tiers de la surface terrestre totale, cause 80% de la déforestation mondiale et consomme 70% de l'eau disponible sur Terre."

Et pourtant tous les états du monde subventionnent massivement les agro-industries engraissant leurs actionnaires milliardaires.

En effet le capitalisme nous mène droit vers notre auto destruction, les profiteurs pensant qu'ils seront à l'abri dans leurs bunkers.

Merci pour cet article même si particulièrement désespérant.
Réponse de le 27/10/2016 à 17:47 :
sachant que 76% de la surface terrestre, c'est de l'eau salée, il ne va plus rester grand chose pour les déserts, les zones montagneuses et les zones infertiles.
Si l'on parle de la surface émergée et selon la banque mondiale, c'est 37.7% de terres agricoles.

Pour le reste on est d'accord.
Réponse de le 28/10/2016 à 9:30 :
Je ne comprends rien à votre objection je pense que vous vous êtes totalement planté de commentaire étant donné que je ne parle absolument pas des conséquences directes de la montée des eaux.

Essayez d'être attentif je vous prie, merci.
a écrit le 27/10/2016 à 10:21 :
mais l'homme est à la fois une espèce nuisible, invasive et proliférante.

Avec un peu de recul, on doit être la seule espèce à détruire son biotope avec autant de constance et de détermination.
Le barbu là haut doit regretter d'avoir joué à la pâte à modeler.
Réponse de le 27/10/2016 à 18:20 :
Certes.
a écrit le 27/10/2016 à 10:00 :
Et là on ça fait le plus mal, c'est qu'ils ont été remplacés par le Hollandus Socialistus et autres espèces dangereuses pour notre avenir :-)
Réponse de le 27/10/2016 à 11:14 :
Le soucis de la peuplade c'est de regarder loin les risques a venir alors que le danger est juste devant ses pieds. Lorsque le sage montre la lune l'imbécile regarde le doigt, nous disait le philosophe.
a écrit le 27/10/2016 à 9:53 :
Article sans queue ni tête, on confond les espèces et les populations animales et les variétés. Vu de ma fenêtre, en tout cas en France, il y a de plus en plus d'animaux, des oiseaux, des insectes, des chevaux. Il y a peut être moins d'espèces différentes mais elles sont en plus grand nombre. Par ailleurs, le nombre de 5 espèces pour nourrir principalement les hommes est certainement faux ou alors on compte ainsi: veau, vache, cochon, poissons, poulet...sauf qu'il y a des tas d'espèces dans ces genres...
Le wwf malgré de louables intentions passe son temps à assener des chiffres sans raisons, il participe lui aussi à la confusion générale qui ne permet pas de prendre les bonnes décisions.
Par ailleurs il n'est pas sûr que la baisse des espèces soit due au réchauffement climatique, a l'homme sans doute mais le lien avec les températures paraît moins evident. Quand il fait froid, les animaux meurent en plus grand nombre.
Enfin, l'histoire des 1,6 planètes pour vivre, on se demande toujours comment c'est calculé, comment se fait il que chaque année on prélève plus que ce que l'on a et qu'au premier janvier on recommence 😊 Et que cela continue ?
Réponse de le 27/10/2016 à 11:37 :
@wikimobile. Une bonne partie du problème est le développement agricole pour soit nourrir toujours plus de bétail et volaille (soja entre autre), la déforestation massive pour la monoculture (palmier...). Ça n'ait malheureusement pas le seul rapport tirant la sonnette alarme sur la sixième extinction d'espece de masse. Le dérèglement climatique ne fait que commence et ces conséquence rapides sur la modification de habitats naturelles ne fera que precipiter les extinction. On ne peut pas prendre la France comme exemple de la disparition des espèces, mais on sait que le nombre d'abeilles s'effondre et que loups, ours, lynx, vipères ont en grande partie disparus de nos forêts
Réponse de le 27/10/2016 à 17:47 :
"... Vu de ma fenêtre, en tout cas en France, il y a de plus en plus d'animaux, des oiseaux, des insectes, des chevaux...." - Oui, il paraît même qu'il y a de nouvelles espèces qui apparaissent depuis un certain temps et dont on ne connait pas l'origine. Une provenance extra-terrestre, va savoir...

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