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Ryanair ne ferme pas la porte à l'A320 Neo...si Airbus baisse ses prix

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Olivier Mirguet (à Strasbourg)  |   -  322  mots
Trois semaines après l'annonce d'une commande géante de Boeing 737, le directeur général de la compagnie irlandaise à bas coûts a reconnu les atouts de son concurrent, l'A 320 NEO, qu'il juge simplement trop cher. Et observe avec malice la stratégie d'Easyjet.

« Nous achèterons des Airbus le jour où leurs avions seraient moins chers que Boeing ». Après l'annonce, le 19 mars, d'une commande de 175 Boeing 737-800 livrables sur cinq ans à un prix catalogue de 15,6 milliards de dollars (12 milliards d'euros), le directeur général de Ryanair Michael O'Leary a esquissé une stratégie de croissance qui n'exclurait plus, après 2018, le recours à une flotte d'A 320 NEO, la version remotorisée et moins gourmande du moyen-courrier européen. « Airbus a beaucoup de succès avec ses avions. Ils n'ont pas eu besoin de Ryanair parce qu'ils ont déjà signé des centaines, que dis-je, des milliers de commandes pour le NEO, avec d'autres transporteurs. Nous entretenons une relation sur le long terme avec Boeing. Mais si Airbus venait nous voir en nous proposant des prix inférieurs, nous achèterions », a-t-il déclaré à La Tribune. Ryanair disposera en 2018 d'une flotte totale de 400 avions, après le remplacement de 75 unités par des appareils neufs. Le modèle d'exploitation low-cost, basé sur une flotte mono-type, est-il remis en question ? « Nous changerions de modèle sans difficulté », confirme Michael O'Leary. « La meilleure preuve ? Nous avons tenté récemment de racheter AerLingus, qui opère une flotte d'Airbus ».

Easyjet évite le combat
Easyjet, concurrent européen de Ryanair, et qui exploite des Airbus, va-t-il servir de modèle ? « Non », déclare Michael O'Leary, « mais leur stratégie est assez maligne. Elle consiste à éviter l'affrontement direct avec Ryanair. Ils ont décidé depuis 5 ans de se poser à Charles de Gaulle et à Orly. Nous nous posons à Beauvais. Ils volent à Bruxelles. Chez nous, c'est Charleroi. A Charles de Gaulle, quand ils sont 25 % moins chers que la concurrence en place chez Air France, ç'est assez pour prendre des parts de marché. A Beauvais, nous sommes 60 % moins chers. Easyjet ne sera jamais capable de se battre avec nous sur les prix. Personne ne veut se battre avec Ryanair. Ils ne peuvent pas ».

 

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Commentaires

illogique  a écrit le 12/04/2013 à 14:02 :

le patron ultraliberal de ryanair vends ses billets majoritairement à des européens, mais ne veut pas leur donner de travail !!!
il n'est malheureusement pas le seul!
en continuant comme ça il supprime ses futurs clients potentiels, cela s'appelle scier la branche sur laquelle on est assis ou aussi tuer la poule aux ?uf d'or!
il faudrait plutôt qu'il fasse sien cet adage:
put your money where your mouth (and your company) is

citoyenneutre  a écrit le 12/04/2013 à 13:48 :

Le Président de Ryanair n'est pas franchement honnête dans ses propos! Le chantage financier qu'il fait aux différentes CCI n'est pas franchement digne dun européen...

bencello  a écrit le 12/04/2013 à 13:42 :

je comprends le comportement d?Airbus dans cette histoire.
Quel intérêt pour lui de "polluer" ses créneaux de livraison avec un MOL qui traite ses fournisseurs de matériels comme ses fournisseurs de main d'oeuvre ou ses fournisseurs d?aéroports à coup de chantage ou de ristourne mirobolante. Au grand jeu du rapport de force, (trop souvent en sa faveur) MOL vient de perdre une manche.
Il découvre que tout le monde n'est pas prêt à perdre de l'argent pour "travailler" avec lui.
Alors qu'il prône et applique le libéralisme à tout va, il vient pleurer quand il y est confronté. Je préfère qu'Airbus fasse des bénéfices plutôt que Ryanair.

Ben voilà  a écrit le 12/04/2013 à 12:29 :

200 avions c'est moins de 4 mois de production pour Airbus ou Boeing (au rythme actuel), qui ont chacun presque 8 années en carnet de commandes. Pas de quoi motiver l'un ou l'autre à brader leurs avions ! Par contre on peut supposer que les potentiels Clients qui hésitent ont le choix entre un prix négociable sur le long terme, ou bien le prix fort pour des creneaux court terme. Enfin, ce qui sera déterminant, c'est le cout siège-passager, le prix brut d'un avion est sans importance : le discours du boss de Ryanair ne veut donc rien dire, sauf qu'il est peut-etre en train de se rendre compte que sur ce dernier chapitre un A320 néo serait pas si mal placé !!!

ursus  a écrit le 12/04/2013 à 8:10 :

Ryanair permet de voyager a bas prix dans des avions modernes et dans des aéroports a visage humain.Tout le monde n'a pas les moyens de voyager 1re classe.

@ursus  a répondu le 12/04/2013 à 11:18:

Il y a une voie médiane entre la première classe et Ryannair, ne caricaturez pas la situation. Ce que Ryannair vous permet, vous est permis au détriment notamment des salariés de cette entreprise. Intéressez-vous à la manière dont ils sont traités. Compte tenu des profits de Ryannair, il y a nécessairement quelqu'un qui paie ce que vous ne voulez pas payer. Cette situation vous convient ?

blutch  a écrit le 11/04/2013 à 21:48 :

Personnellement j'ai voyagé il y a quelques années sur Ryanair pour un vol sec Grenoble Charleroi pour 1? (+taxe d'aéroport)! Comment est ce possible, si ce n'est par le jeu des subventions européennes et locales? J'en ai bien évidemment profité, mais sur le fond c'est tout de même complètement anormal d'avoir ce type de subventions publiques uniquement pour faire vivre leur aéroport. Surtout que l'aéroport de Grenoble est maintenu sous perf par le département, alors que l'aéroport de Lyon Saint Exupéry est accessible en train depuis Grenoble (et non l'aéroport de Grenoble), et même par la route il faut à peine 20 minutes de plus! C'est tout simplement aberrant...

capcha  a écrit le 11/04/2013 à 21:15 :

En clair, Ryanair veut acheter un hybride, au prix d'une fiat 500.
Avec le plein svp!

Antiirlandais  a écrit le 11/04/2013 à 20:03 :

QUE RYANAIR AILLE AU DIABLE... Si j'étais Président de la République Française la première chose que je ferais en dehors de la sortir la France de l'UE actuelle, et e l'UEM et de la renégociation de toutes les conventions fiscales, c'est de virer les compagnies low cost irlandaises ou anglaises de notre sol, et de virer toutes les banques anglaises et américaines ou tout au moins celles qui nous ont baisé ou tenté de le faire.

Serge  a répondu le 12/04/2013 à 8:22:

Comme le disait CDG: " vaste programme !"

arakao  a écrit le 11/04/2013 à 20:00 :

Il serait de salut public que Ryanair et surtout son CEO recoivent une bonne leçon de la quasi totalité des pays de l'UE qui devraient casser le "modèle". Rappelons que le "modèle" Ryanair est basé sur des légisalations irlandaises de type "paradis fiscal et surtout social" a quoi s'ajoute du racket à la subvention avec il est vrai l'active complicité d'élus locaux mégalo...clientélistes....et bien sûr irresponsables. Rappelons aussi et surtout que cette compagnie est irlandaise et a donc bénéficié certes indirectement mais pour autant "à plein" du sauvetage de son pays d'origine obtenu avec le plein soutien du "contribuable européen". Mon pays ne survit que par l'UE; mes consommateurs sont pour la quasi totalité des européens; mes "subventions camouflées" viennent des collectivités européennes; mes recettes se font essentiellemnt en euros......etc.... et le "crache" sur Airbus.....qui fait travailler des dizaines de milliers d'européens....!!! qui plus est en donnant des leçons.Trop c'est trop.

roro  a écrit le 11/04/2013 à 19:24 :

Que cache ce faux appel du pied envers Airbus...son choix pour du matériel Us , le tout avec une clientèle
Européenne...ou le nationalisme s'exacerbe en zone Euro .Quant aux aides...Bruxelles se penche dessus .Alors..
des nuages s'approchent......

contrarian  a écrit le 11/04/2013 à 17:44 :

Et si Ryanair ne recevrait plus de subventions des aéroports régionaux?Serait-il capable de
faire autant de bénéfices et nous faire un pied de nez en commandant autant d'avions américains?Quel cynisme et provocation! Je lui conseille de financer les funérailles de son égérie,madame Tatcher.

Aucun juste milieu !!!  a écrit le 11/04/2013 à 16:48 :

Michael O'Leary tout les bénèfs pour moi rien pour mes salariés qui sont obligés d'acheter leur tenue de travail. Ryanair l'esclavagiste des temps modernes cela change d'Air France Club med des paresseux ex-entreprise d'état français type SNCF... Deux monde du travail à l?opposer...

Thargor  a répondu le 11/04/2013 à 17:11:

Vous oubliez qu'avant ils doivent aussi payer leur formation à l'école RyanAir.

PNC AF  a répondu le 11/04/2013 à 18:12:

Quand vous aurez fait comme moi 5 vols vers l'amerique nord dans le mois, ce qui fait cinq nuits en l'air plus 60 h de décalage horaire, je veux bien discuter avec vous de mon statut de " club med paresseux".
Il me semble que le " juste milieu" ne consiste pas à insulter les personnels d'une entreprise.

Pedro  a répondu le 08/10/2013 à 9:12:

Non mais AF a trop d'acquis..GP, syndicat en béton etc...Ryanair n'a pas le quart de ça..du coup AF s'endette Et se repose sur ses acquis..quand on voit certains pilotes sur A380 qui gagnent 20 à 28000?/ mois et que celui de Ryanair 4000? voire 5000 grand max pour un captain il y a de quoi se faire du souci...par contre quand on touche à leur salaire...oups grève génèrale

Corso  a écrit le 11/04/2013 à 16:42 :

Airbus utilise sa tarification Neo comme cvariable d'ajustement pour les grandes compagnies lors de l';achat de flottes complètes ou en appui pour la pénétration des marchés asiatiques, pas pour satisfaire des compagnie à marché mature. C'est le problème de Ryanair qui se voit refiler le fond de catalogue de Boeing et n'arrive pas à s'intégrer comme compagnie européenne dans un circuit classique. Elle trouvera toujours de clients, à commencer par ceux de Charleroi ou de Beauvais, mais seront_ils suffisants pour être rentable ? Ryanair pourrait bien avoir fait son dernier gros pari sans la certitude de pouvoir l'honorer....

arthur  a écrit le 11/04/2013 à 16:17 :

Ryanair est dirigé par un rapace qui veut faire prendre ses coûts en charge par ses fournisseurs et par les collectivités locales. Son "modèle" de low cost va un jour se cogner au mur de la réalité des vrais coûts.

CQFD  a écrit le 11/04/2013 à 15:34 :

Si on compte le temps et le coût de déplacement pour aller à Beauvais, en particulier si on habite dans les banlieues sud et est de Paris ou à Paris même, la différence de prix entre Ryanair et EasyJet est en faveur de ce dernier. S'agissant de le Belgique, le problème est identique et je vois mal les flamands ou les Bruxellois du nord de la ville aller à Charleroi prendre un avion s'il faut 2 heures pour aller à l'aéroport. Sinon il faut que les horaires d'avions soient particulièrement commodes sans avoir à passer une nuit à l'hôtel pour avoir le vol le matin. Le raisonnement de Ryanair est à revoir. J'ai personnellement comparé pour mon usage personnel.

low-cost à tout prix?  a écrit le 11/04/2013 à 15:02 :

Ryanair a beau se défendre d'être moins cher que Easy jet, il possède malgré tout un gros défaut! sa situation à Beauvais engendre des coûts pour l usager car les horaires sont aussi très "élastiques".Sur un vol Beauvais-Faro ai du prendre une chambre d'hotel pour compenser les horaires démentiels ou aurai du prendre un taxi (venant du sud de Paris, bonjour le gain!).
Finalement je préfere privilégier les bonnes affaires Air France ou Autres en s'y prenant 3 à 6 mois en avance, on bénéficie de prix attractifs et nets! (pas de supplement bagages, etc...)

louis  a répondu le 11/04/2013 à 15:25:

Entièrement d'accord. Si on ajoute taxi, bagages la différence est franchement minime. Ou alors Easyjet qui est beaucoup plus transparent et utilise les aéroports principaux comme les autres compagnies.

hung  a écrit le 11/04/2013 à 14:36 :

C'est malin ce monsieur, il a abordé ce problème pour atirer les journaux parler de lui et son entreprise. Si non, il ne veut que dire son achat Boeing 737 Max est mauvais choix?

bill  a répondu le 11/04/2013 à 16:10:

Surtout qu'il n'a pas commandé de MAX... mais des 737 classiques

michel  a écrit le 11/04/2013 à 14:26 :

Il faut surtout recevoir un maximum de subventions publiques !!

prolo  a écrit le 11/04/2013 à 14:12 :

Ryanair n'a rien à opposer de valable à Easyjet. La compagnie orange propose de bonnes prestations à un prix bas mais sans voler sur les aéroports secondaires, courir derrière les subventions publiques ou jouer avec la sécurité et les pleins de carburants. Easyjet a le modèle low cost le plus abouti: prestations de qualités mais coûts d'exploitation très bas.
Enfin, si Ryanair voulait s'équiper d'Airbus pourquoi pas. Le seul problème pour une compagnie low cost est qu'il faut avoir le même modèle d'avion pour faire des économies d'échelle. C'est tout Boeing ou tout Airbus.....

Labo  a écrit le 11/04/2013 à 13:41 :

Personne ne veut se battre avec Ryanair sur les prix ! Bien sûr ! Pour avoir les m^mes prix, il faut faire de sacrés concessions sur la qualité (départ de Beauvais, horaires pas confortables, lignes secondaires, suppléments généralisés pour tout...)

skyreacher  a répondu le 11/04/2013 à 14:06:

Tout à fait. Une fois réintégré tous les frais cachés chez RYANAIR, il n'y a plus un fossé à prestations equivalentes.

Patrick  a répondu le 11/04/2013 à 14:21:

@Labo: sans oublier les retards et le traitement des passagers. J'ai personnellement volé 1 seule fois sur Ryannair parce que je ne pouvais pas faire autrement. J'ai d'ailleurs payé le même tarif que sur une autre compagnie. Résultat: 3 h 30 de retard sur Londres-Montpellier, pas d'excuses, rush d'embarquement dans la bétaillère parce qu'il n'y a pas de sièges assignés et donc ceux qui connaissent se ruent pour les meilleurs places, bruit assourdissant de l'appareil (on se croirait dans un Transall), etc.

CQFD  a répondu le 11/04/2013 à 15:42:

Expérience perso également avec EasyJet : 3 décollages, demi-tours vers Orléans et atterissages avec le même avion qui avait des ennuis techniques, puis changement d'avion pour nous retrouver à Marrakech avec 6 heures de retard. Néanmoins, j'ai continué à réserver des vols de cette compagnie ultértieurement car elle présentait les meilleurs compromis qualité-prix-horaires.