Charles Kergaravat, le militant de l'innovation bretonne

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Faisant rimer convictions et qualité de vie, l'anglais avec l'apprentissage du breton, Charles Kergaravat anime avec dynamisme Breizh Amerika, l'association à but non lucratif qu'il a fondée en 2014.
Faisant rimer convictions et qualité de vie, l'anglais avec l'apprentissage du breton, Charles Kergaravat anime avec dynamisme Breizh Amerika, l'association à but non lucratif qu'il a fondée en 2014. (Crédits : DR)
Ancien trader à New York, Charles Kergaravat a fondé l'association Breizh Amerika pour bâtir des ponts culturels et économiques entre la Bretagne et les États-Unis. Après la tournée américaine de musiciens bretons en mai, Breizh Amerika immergera les quatre lauréats de son Startup Contest 2017 dans le monde de la tech new-yorkaise, en juin. Objectif : accélérer leur prochaine implantation outre-Atlantique.

Il aurait pu choisir d'effectuer des kilomètres à vélo chaque weekend, mais Charles Kergaravat a enfourché un autre dada. Ce franco-américain, né à Manhattan de parents bretons, investit ses fins de semaines dans le monde associatif, l'innovation et la cause bretonne. Après plusieurs années dans la finance new-yorkaise, celui qui, à la ville, est le nouveau directeur du marketing international de Klaxoon, la startup rennaise qui dynamise les réunions d'entreprise, s'est installé dans le Morbihan fin 2015.

Faisant rimer convictions et qualité de vie, l'anglais avec l'apprentissage du breton, Charles Kergaravat anime avec dynamisme Breizh Amerika, l'association à but non lucratif qu'il a fondée en 2014. Cette structure a pour but de favoriser des ponts culturels et économiques entre la Bretagne et les États-Unis. Revendiquant 24 membres actifs bénévoles et un réseau de 5 000 personnes des deux côtés de l'Atlantique, elle fait notamment parler d'elle pour son Breizh Amerika Startup Contest.

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Consacré aux jeunes entreprises de Bretagne, ce concours propose aux gagnants une immersion de cinq jours à New York afin de préparer, auprès d'investisseurs (FF Venture Capital, NY Angels, DFJ Gotham Ventures) et d'entreprises technologiques (Skaled, CommonBond, Etsy), une future implantation aux États-Unis. Lancée en janvier en partenariat avec les French Tech Rennes Saint-Malo et Brest +, l'édition 2017 a attiré plus particulièrement des entreprises spécialisées dans la blockchain, l'IoT, la réalité virtuelle ou la 3D. Les quatre lauréats sélectionnés s'envoleront pour les États-Unis à la troisième semaine de juin.

Pour Charles Kergaravat, mener ce type d'action de coopération est une manière de faire partager son expérience biculturelle :

« Quand une startup bretonne est prête à conquérir le monde, pourquoi concentrer son énergie pour essayer d'impressionner Paris quand elle peut séduire New York ? résume-t-il.

J'ai eu envie de créer un réseau entre la Bretagne et les États-Unis, d'aider les artistes comme les entrepreneurs. Petit, je quittais chaque été mon appartement du Queens à New York pour passer les vacances en Bretagne. Le contraste m'a permis de comprendre, à l'âge adulte, la valeur de ma langue d'origine, de ma double culture. »

Mêler culture et économie

Avec le Breizh Amerika Startup Contest, tout comme avec l'Interceltic Digital Day - la journée de conférences sur le numérique et l'innovation organisée par le Festival interceltique de Lorient en juillet dernier -, cet ancien président des Bretons de New York veut montrer que la culture bretonne est aussi un vecteur d'économie. En positionnant Breizh Amerika sur l'innovation et la technologie, Charles Kergaravat garde l'oeil avisé du financier qu'il a été, habitué des salles de marché. Après son diplôme de marketing international décroché à la Fordham University, à New York, il poursuit d'abord sa carrière à Wall Street dans des banques et des services financiers tels Société Générale, Lehman Brothers, BGC Partners. En 2015, le trader quitte la finance et change de vie.

Désormais installé dans le Morbihan, ce militant de la culture bretonne monte en 2015 The Breizh Amerika Collective. Le projet associe des musiciens bretons et américains autour de la création d'une oeuvre originale jouée dans plusieurs villes des États-Unis à l'occasion de la Fête de la Bretagne. Cette initiative a débouché l'an dernier sur l'USA Tour 2016 et une édition est prévue en mai prochain, sur le thème de la Beat Generation. Le concert tournera de Chicago à la Louisiane.

« Nos projets sont le plus souvent financés par des partenaires, poursuit Charles Kergaravat. Cette tournée est sponsorisée par des marques bretonnes comme Hénaff ou Lancelot et permet aux Américains de découvrir la Bretagne. Les événements culturels participent de l'économie, et Breizh Amerika valorise l'innovation. » Avec son Breizh Amerika Startup Contest, l'association fédère aussi un écosystème. Le Crédit Mutuel de Bretagne, la plateforme de financement participatif Kengo, l'accélérateur VentureOut et l'éditeur de logiciel Klaxoon, vainqueur de l'édition 2016, figurent parmi les membres du jury.

Résultats en avril.

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TIMELINE

  • 2016 Directeur du marketing international de Klaxoon.
  • 2016 Première édition du Breizh Amerika Startup Contest.
  • 2014 Fondateur de l'association Breizh Amerika.
  • 2011-2015 Vice-président BGC Partners.
  • 2010-2011 Vice-président MF Global.
  • 2007-2008 Poste au pôle Equity Derivatives Sales, chez Lehman Brothers.
  • 1999-2007 Poste au pôle Equity Derivatives Trading, à la Société Générale.
  • 1998 Études de marketing international à la Fordham University de New York.
  • 1976 Naissance à New York.

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Commentaires
a écrit le 21/04/2017 à 23:06 :
@Réponse de la Bretagne , c'est le paradis sur Terre
bonsoir,
vous savez partir au loin et très bien gagner sa vie et revenir pour le retraite a toujours fait partie de la culture des Bretons, que ce soit la morue à Terre Neuve, la côte est de l'Afrique et l'océan indien, dire fuir n'a pas grand sens, nous sommes des nomades de la mer comme les gitans des terres.
Sinon, le chômage est le plus faible de France, la propriété immobilière par habitant la plus élevée, les autoroutes sont gratuites, le plus haut taux d'enfants en écoles privées, le bord de mer le moins détruit par le tourisme le climat est doux il gèle rarement donc des notes chauffage légères.
a écrit le 18/04/2017 à 10:30 :
La Bretagne ne part pas de rien, bonnes écoles, lycées universités et le bilinguisme naturel est un atout pour communiquer en Anglais, la construction étant proche du Breton et du Gallo.
New York étant à majorité issue de colons irlandais écossais et gallois normal que la plus petite nation celte s'y intègre facilement.
Et c'est chouette cette nation dématérialisée qui survit dans le monde entier, internet est fait pour ça.
Réponse de le 20/04/2017 à 16:26 :
Oui oui oui oui ! On a compris ! La Bretagne ,c'est le paradis sur Terre...C'est pour ça que des millions de Bretons ont fui A TOUTE VITESSE leur région pour aller ailleurs...Oui on vous croit, on est tellement naifs !

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