Sexisme : Google licencie l'ingénieur à l'origine du texte polémique

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Les femmes représentent seulement 31% des employés chez Google, selon son rapport annuel pour la diversité publié en juin.
Les femmes représentent seulement 31% des employés chez Google, selon son rapport annuel pour la diversité publié en juin. (Crédits : Lucy Nicholson)
Un ingénieur chez Google justifiait dans un mémo, communiqué en interne, la très faible présence des femmes dans la tech en raison de "causes biologiques". Le géant de la Silicon Valley, qui a déclaré ne pas partager ses idées, s'est séparé lundi de son employé.

[Article publié le 07 août, à 17h55 et mis à jour le 08 août à 10h30]

Encore une polémique sur le sexisme dans la tech. Google était dimanche au centre d'une controverse après la prise de position d'un ingénieur dans une note interne, où il justifie la très faible présence des femmes dans la tech... pour des "causes biologiques", a dévoilé en premier Motherboard. Pour éteindre la polémique, le moteur de recherches a licencié son employé dans la journée de lundi, selon l'agence Bloomberg. James Damore, l'ingénieur au cœur du scandale, dit avoir été viré pour "perpétrer des stéréotypes sexistes". Il dit "explorer actuellement tous les recours juridiques possibles", selon Bloomberg.

Dans un mémo de 3.000 mots publié en intégralité dimanche par Gizmodole salarié assure : "Les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et (donc) ces différences peuvent expliquer pourquoi on n'a pas une représentation égale des femmes dans la tech et (dans les positions de) leadership".

Selon lui, les aptitudes naturelles des hommes leur permettent plus facilement d'apprendre le code informatique, alors que les femmes sont davantage portées sur "les sentiments et l'esthétique plutôt que vers les idées". Conséquence : elles optent pour des carrières "dans le social ou l'artistique". James Damore sous-entend aussi que les femmes ne sont pas faites pour des postes à responsabilités car elles privilégient leur vie de famille. Ces postes "nécessitent souvent de longues et stressantes heures de travail" et ne permettent pas "une vie équilibrée et épanouissante".

> Lire aussi : Sexisme dans la tech : le début du changement ?

Les femmes sous-payées et sous-représentées

Ce n'est pas tout. L'employé dénonce aussi certains programmes mis en place par Google pour instaurer davantage de diversité. Le géant de la Silicon Valley a admis un manque cruel de diversité au sein de son entreprise, alors que seulement 1% des employés à des postes technologiques sont noirs. Un chiffre inchangé depuis 2014, rapportait le Washington Post en mars. "Ce n'est pas un point de vue que moi et l'entreprise soutenons, promouvons ou encourageons", a dénoncé dans un mail adressé dimanche aux salariés Danielle Brown, la responsable diversité de Google. Recrutée récemment chez Intel, elle est en fonction depuis seulement un mois.

En plaidant pour la "diversité et l'inclusion", Danielle Brown assure qu'une "partie de la construction d'un environnement ouvert et inclusif signifie favoriser une culture dans laquelle ceux qui ont des points de vue alternatifs, y compris des opinions politiques différentes, se sentent en sécurité en partageant leurs opinions." Et de conclure : "Ce discours doit fonctionner aux côtés des principes d'égalité à l'emploi que l'on trouve dans notre Code de conduite, nos politiques et nos lois anti-discriminations."

Plainte contre Google pour inégalité salariale

La publication de cette note intervient après des scandales et démissions liés au manque de diversité dans des fleurons de la Silicon Valley. En avril, le département américain du Travail a porté plainte contre Google pour "disparités de rémunérations systémiques" observées entre les hommes et les femmes au sein de l'entreprise. En plus d'être sous-payées, les femmes y sont aussi sous-représentées. Elles occupent seulement 31% des emplois chez Google, selon son rapport annuel pour la diversité publié en juin.

Google est loin d'être un cas isolé. Travis Kalanick, le co-fondateur d'Uber, a été poussé vers la porte le 21 juin après une série de renvois et de démissions d'employés et de hauts cadres, sur fond d'accusations de sexisme et de harcèlement. L'ancien patron du géant de la location de voitures avec chauffeur, connu pour ses blagues sur ses conquêtes féminines, était accusé d'avoir lui-même encouragé une culture d'entreprise propice aux dérapages.

> Lire aussi : Silicon Valley, French Tech : où sont les femmes et les minorités ?

(Avec AFP)

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a écrit le 08/08/2017 à 10:55 :
Les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et (donc) ces différences peuvent expliquer pourquoi on n'a pas une représentation égale des femmes dans la tech et (dans les positions de) leadership".

Avec cet esprit d'ouverture toute scientifique on comprend mieux pourquoi les ingénieurs étrangers sont très prisés au États Unis !!!
C'est vrai que dans ce pays le diplôme est obtenu suivant finances ,..., le côté rigueur scientifique est réservé aux pays sous développés...

Au pays du coca , un diplôme d' ingénieur américain vaut peut être ( à démontrer ) un bac en France .
Réponse de le 08/08/2017 à 11:38 :
Vu le cout des etudes et les salaires, un americain prefera faire du droit (avocat) ou medecine car c est bien plus remunerateur. Faut pas trop se moquer d eux car la meme chose arrive en France: on voit une desafection pour les etudes techniques. Faut pas leur jeter la pierres, avoir comme perspective de travailler pour une SSII incite a aller faire medecine et gagner le double
Réponse de le 08/08/2017 à 12:51 :
Le rapport à l'argent et aux valeurs de la vie jouent beaucoup pour un scientifique.
La vocation et la motivation vont de paire mais les politiques de conditionnement(sur plusieurs générations) en Europe ou aux usa donnent ce que nous connaissons actuellement sur le terrain.
a écrit le 08/08/2017 à 10:36 :
"En plaidant pour la "diversité et l'inclusion", Danielle Brown assure qu'une "partie de la construction d'un environnement ouvert et inclusif signifie favoriser une culture dans laquelle ceux qui ont des points de vue alternatifs, y compris des opinions politiques différentes, se sentent en sécurité en partageant leurs opinions."

Sauf pour ceux qui ne remettent en cause l'opinion dominante, donc.
a écrit le 08/08/2017 à 7:17 :
ou s'arrete le sexisme et ou commencent le sectarisme , la discrimination et le favoritisme ???
Réponse de le 08/08/2017 à 12:54 :
Le sexisme s'arrête quand on ne généralise pas.
Le sectarisme s'arrête quand on n'a pas de à priori sur x y ou z.
La discrimination s'arrête s'arrête quand on se respecte soi même en respectant autant que les autres sans haine et sans à priori.
a écrit le 07/08/2017 à 20:43 :
On bien loin de l'image cool...(open space avec tables de ping pong, salles de sieste et cie). Une entreprise restera toujours une entreprise avec pour objectif premier de faire du fric.
Réponse de le 14/08/2017 à 19:50 :
Une entreprise restera toujours une entreprise avec pour objectif premier de faire du fric.

A t elle le choix de faire autre chose ?

Ben oui , des dettes !!!
a écrit le 07/08/2017 à 18:10 :
Il n'y a pas de feu sans fumée.
On ne peut pas dire que 100% des femmes sont "ainsi" et on ne peut pas dire que 100% des hommes sont comme le gérant de Uber...
Il ne faut pas généraliser et donner la chance à toutes de prouver qu'elles peuvent être à la hauteur autant que des hommes dans tous les domaines.
a écrit le 07/08/2017 à 18:00 :
"Selon lui, les aptitudes naturelles des hommes leur permettent plus facilement d'apprendre le code informatique, alors que les femmes sont davantage portées sur "les sentiments et l'esthétique plutôt que vers les idées"."

Nouveaux milliardaires mais mêmes vieilles idées rances.
Réponse de le 08/08/2017 à 11:39 :
le gars etait employe et surement pas millardaire. En plus il a ete viré comme quoi la liberte d expression c est bien tant qu on pense comme le chef (ou du moins qu on fait pas trop de vagues)
Réponse de le 08/08/2017 à 12:48 :
Vous pensez que tous les salariés de Google sont milliardaires? Sinon c'est vous qui avez des idées toutes faites.
Réponse de le 08/08/2017 à 13:37 :
"le gars etait employe et surement pas millardaire."

On parle de Google là et ça m'étonnerait que les propriétaires de google ne soient pas milliardaires hein, allez faire de la désinformation ailleurs vp, merci.

"Vous pensez que tous les salariés de Google sont milliardaires?"

Ben non faut apprendre à lire, on parle de google là et c'est sa politique générale qui est remis en question, moi les pions je lesi gnore ce sont les donneurs d'ordres que je vise, toujours.

Les serviteurs fusibles qui n'ont aucun amour propre ne m'inspirent que du mépris. Ok ? Merci.
Réponse de le 08/08/2017 à 18:09 :
la politique de google etait surement pas en accord avec les theses de l inge en question car ca lui a coute sa place. Et si le texte a fuité c est surement qu une partie des employes n etaient pas d accord (cars ils savaient tres bien ce qu il allait arriver une fois su rl aplace publique : pas plotiquement correct -> scandale -> licenciement du coupable)


Il faut quand meme pas oublier qu au USA c est dangeureux d emonter dans un ascenceur avec une femme seule (elle pourrait vous accuser d agression et vous avez pas de temoins pour vous proteger)

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