Inflation dure et reprise molle : l'inquiétude qui monte à Wall Street a contaminé les Bourses européennes

Durant la première moitié de la semaine passée, les marchés boursiers s'étaient inquiétés de l'accélération de l'inflation avant de se redresser, alors que les grandes économies sont en phase de réouverture. Mais, à cause de plusieurs indicateurs américains ressortis en dessous des attentes, les investisseurs s'interrogent maintenant sur la vigueur de la reprise économique.

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(Crédits : BRENDAN MCDERMID)

Les Bourses européennes perdaient du terrain lundi à la mi-journée, tandis qu'un repli se dessinait avant l'ouverture à Wall Street, face aux interrogations sur l'inflation et sur la réalité de la reprise économique.

Inquiétude corrosive

Vers 12H00 GMT, l'Europe continuait à perdre du terrain: Paris se retrouvait à -0,44%, Londres (-0,66%), Francfort (-0,36%) et Milan (-0,17%).

À New York, les contrats à terme esquissaient un repli sur les trois principaux indices avant l'ouverture : de -0,39% pour le S&P 500, de -0,41% pour le Dow Jones et de -0,46% pour le Nasdaq. Les marchés américains avaient réussi à rebondir en fin de semaine dernière, moins inquiets d'une surchauffe de l'économie américaine.

La plupart des indices de référence continuent de "consolider, les investisseurs attendant de nouveaux catalyseurs haussiers pour pousser les prix vers de nouveaux sommets", écrit Pierre Veyret, analyste chez ActivTrades.

Les indicateurs en berne interrogent sur la réalité de la reprise

Durant la première moitié de la semaine passée, les marchés boursiers s'étaient inquiétés de l'accélération de l'inflation avant de se redresser, alors que les grandes économies sont en phase de réouverture.

Mais depuis des récentes statistiques économiques ressorties en dessous des attentes aux États-Unis, des interrogations sur la vigueur de la reprise économique se sont ajoutées aux préoccupations liées au sursaut de l'inflation.

Lundi, les ventes de détail qui n'ont pas augmenté aussi vite que prévu en avril en Chine, soulèvent aussi des inquiétudes sur la reprise de la deuxième économie mondiale.

"Il ne faudrait pas que la reprise économique soit plus molle que prévu avec une inflation plus forte que prévu en parallèle", prévient Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC.

Les banquiers centraux tentent de calmer le jeu

À ce stade, les banquiers centraux martèlent qu'une normalisation de la politique monétaire n'est pas pour tout de suite mais les opérateurs de marché se demandent à quel moment le rebond de l'inflation deviendra problématique.

Dans ce contexte, le compte-rendu de la dernière réunion monétaire de la Réserve fédérale américaine qui sera publié mercredi sera au centre de l'attention dans l'espoir de pouvoir anticiper un calendrier des éléments de réponses.

Avant cela, les investisseurs suivront l'intervention du vice-président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Richard Clarida et celle du président de la Fed d'Atlanta Raphael Bostic dans l'après-midi.

Sur le marché de la dette souveraine, le taux du bon du Trésor américain à dix ans était stable malgré des anticipations d'inflation qui ne faiblissent pas, tandis que les rendements européens progressaient.

  • LES VALEURS À SUIVRE

Ryanair optimiste

Le titre progressait de 0,98% à 17,01euros. La compagnie irlandaise a enregistré une perte record de l'ordre du milliard d'euros lors de son exercice décalé 2020 en raison d'un effondrement du trafic combiné à de mauvais paris sur le prix du kérosène, mais se dit optimiste sur la reprise.

GlaxoSmithKline et Sanofi en bonne voie

Le laboratoire britannique et son partenaire français Sanofi ont publié lundi des résultats positifs d'un essai clinique sur leur candidat-vaccin contre le Covid-19, après un revers qui avait occasionné plusieurs mois de retard. Le titre GlaxoSmithKline perdait 0,25% à 1367 pence tandis que celui de Sanofi gagnait 0,22% à 86,91 euros.

Bayer pâtit de Monsanto

Le titre baissait de 1,96% à 55,94 euros. Une cour d'appel de Californie a confirmé vendredi la condamnation de Monsanto, racheté par le groupe allemand Bayer, dans le procès intenté par un retraité malade d'un cancer qu'il attribuait à l'utilisation du désherbant Roundup.

Le bitcoin à nouveau secoué par Musk

Le bitcoin est tombé brièvement à 42.185 dollars, son plus bas depuis février, après que le patron de Tesla Elon Musk a attisé des spéculations pendant le week-end sur la vente possible ou déjà en cours des avoirs en bitcoin de son groupe.

Elon Musk a ensuite renversé la tendance, en tweetant lundi:

"Pour lever toute spéculation, Tesla n'a pas vendu le moindre bitcoin."

Lire aussi : Polluer avec Elon Musk et les « mineurs » de bitcoin chinois

Vers 12H00 GMT, la plus célèbre cryptomonnaie remontait autour des 45.700 dollars (+3,54%) mais elle s'échangeait à plus de 50.000 dollars vendredi.

L'euro était stable (+0,07%) face au billet vert, à 1,2151 dollar.

Le pétrole redescend

La situation sanitaire en Inde faisait craindre pour la demande du pays en or noir.

Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet cédait 0,25% à 68,54 dollars à Londres.

A New York, le baril américain de WTI pour le mois de juin reculait de 0,31% à 65,17 dollars.

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Commentaires 6
à écrit le 18/05/2021 à 9:04
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Bref les matous de la finance ont peur d'avoir était trop otimiste quelques jours auparavant mais la planche à billets devrait encore une fois les rassurer. Nous sommes guidés par des girouettes.

à écrit le 17/05/2021 à 19:01
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reprise molle? ils ont injecte aujourd'hui et demain 50% de pib en dette, et on parle de reprise molle? il vaut mieux parler de mesures decalleees, ca serait plus juste ( euh oui, ' financeees par personne', comme en france, c'est plutot ca le pb ...

à écrit le 17/05/2021 à 18:17
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"La Bourse, ce n'est pas l'économie" Ben si ! un peu quand même et c'est pas si mal de remettre les pendules à l'heure. De toutes façons, Covid ou pas, le mal est présent depuis longtemps, nous n'échapperons pas à une crise économique et financière ...

à écrit le 17/05/2021 à 16:42
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Bel ete mais le rentree avec l'inflation va vite remettre les pendules a l'heure.

à écrit le 17/05/2021 à 16:14
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Tant mieux, ça fait longtemps qu'on l'attend, cette crise. Personnellement, j'en ait plus que raz le bol, que les médias mettent tout sur le dos du COVID-19, alors que tout le monde sait que la politique de la planche à billets que suit la FED et la ...

à écrit le 17/05/2021 à 15:50
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La plus grande prudence s'impose, avec la future réforme sur les retraites. Il faut anticiper et économiser. Ne pas se laisser dépasser par l'émotion lors du déconfinement, mais se contrôler sur nos envies d'achats.

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