Le salaire des cadres continue de progresser

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L’évolution de la rémunération des cadres varie selon leur situation professionnelle. Ainsi, 66 % d’entre eux ont bénéficié d’une augmentation en 2017 contre 40 % pour ceux qui ont connu une période de chômage, souligne l'Apec.
"L’évolution de la rémunération des cadres varie selon leur situation professionnelle. Ainsi, 66 % d’entre eux ont bénéficié d’une augmentation en 2017 contre 40 % pour ceux qui ont connu une période de chômage", souligne l'Apec. (Crédits : Reuters/Charles Platiau)
Le niveau de rémunération médian des cadres a légèrement augmenté entre 2016 et 2017 pour s'établir à 49.100 euros. C'est dans le secteur industriel que le salaire médian de cette catégorie socio-professionnelle est le plus important (52.000 euros).

Les perspectives économiques des cadres sont au beau fixe. Après le dernier baromètre Expectra, publié le 3 septembre, qui annonçait une hausse de leur salaire au premier semestre 2018, l'association pour l'emploi des cadres (Apec) confirme cette tendance lourde dans sa dernière note. De fait, la rémunération annuelle brute médiane des cadres s'est établie à 49.000 euros en 2017 (fixe et part variable comprise) en légère augmentation sur un an (2 %).

Cette progression devrait se poursuivre en 2018 comme peut notamment en témoigner l'optimisme croissant des cadres quant à leurs perspectives salariales. En effet près de la moitié d'entre eux ont l'intention de demander une augmentation. Parmi ceux-là, 38 % estiment pouvoir l'obtenir soit trois points de plus qu'en 2017. Par ailleurs, les cadres les plus jeunes apparaissent comme les plus optimistes sur l'avenir de leurs salaires. 62% des cadres interrogés de moins de 30 ans (12 points de plus qu'en 2017) pensent que leurs perspectives d'évolution des rémunérations à l'horizon de trois à cinq ans, seront "intéressantes, voire très intéressantes."

Une disparité des rémunérations selon les entreprises

Selon l'Apec, le salaire moyen s'est élevé à 56.000 euros. Les auteurs du document précisent que la grande majorité des cadres (80 %) profitaient de rémunérations comprises entre 35.000 euros et 85.000 euros. A titre de comparaison, le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France s'élevait à 20.520 euros par an, soit 1.710 euros par mois selon la dernière enquête de l'Insee publiée mardi 11 septembre.

Lire aussi : Les salaires des cadres décollent en 2018

Pour les cadres, la grande diversité des rémunérations s'explique par plusieurs facteurs tels que l'âge, la formation initiale, le parcours professionnel, le poste
occupé et les caractéristiques de l'entreprise. En effet, la taille de la société peut également être un facteur déterminant pour comprendre de tels écarts. Pour cause, "les grandes entreprises (1.000 salariés et plus) affichent les niveaux de rémunération les plus élevés et proposent plus souvent une rémunération comprenant plusieurs composantes (partie variable à court terme, salaire différé, avantages additionnels)", souligne l'Apec.

L'industrie rémunère mieux ses cadres

Les niveaux de rémunération varient de manière importante selon les secteurs d'activité. Selon l'étude, le secteur industriel demeure le plus rémunérateur. Les cadres de l'industrie déclarent un salaire annuel brut médian de 52.000 euros stable par rapport à l'an dernier.

Dans le détail, les cadres des secteurs de la filière chimie, caoutchouc, plastique (56.000 euros) et de l'industrie pharmaceutique (54.000 euros) disposent des rétributions les plus importantes. A l'inverse, ceux officiant dans la mécanique, la métallurgie, le meuble ou l'industrie textile obtiennent les émoluments les moins élevés (50.000 euros).

Les entreprises favorisent les augmentations individuelles

La tendance des augmentations salariales pour les cadres se fait sur une base individuelle. Ainsi, parmi les cadres qui ont connu une hausse de leur rémunération fixe, la majorité de ces augmentations a pris la forme d'augmentations exclusivement individuelles.

Selon l'Apec, "2017 confirme ainsi le constat établi l'année précédente : la part des augmentations collectives connaît une érosion lente au profit des augmentations individuelles." L'association explique cette tendance par l'émergence d'une norme salariale tout en soulignant "l'individualisation des objectifs professionnels."

Méthode : cette étude s'appuie sur les résultats de l'enquête Situation professionnelle et rémunération des cadres 2017 réalisée auprès de cadres du secteur privé (enquête Internet par e-mailing). Le terrain de cette enquête a été réalisé en avril 2017 et l'enquête a permis d'obtenir près de 14 000 réponses exploitables.

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Commentaires
a écrit le 13/09/2018 à 22:07 :
Pas chez Orange y a que les émoluments du boss qui progressent vertigineusement
a écrit le 13/09/2018 à 18:59 :
En janvier 2019, les distinctions entre catégories de salariés vont disparaître, avec la fusion de l'Agirc (cadres) et de l'Arrco (tous les salariés) . Du coup, la tranche B va être fondue avec la tranche C Agirc (salaire des cadres de 13.200 à 26.500 euros) et avec la tranche 2 Arrco (salaires des non-cadres, de 3.300 à 9.900 euros). L'année prochaine, il n'y aura plus que deux tranches, la première en dessous de 3.300 euros, et la deuxième au-dessus. Gain attendu : 300 millions d'euros par an.Cette remise à plat du système a fait l'objet d' une négociation technique l'année dernière . La réforme va peser sur les salariés qui ne sont pas cadres mais qui perçoivent des salaires supérieurs à 3.300 euros. Aujourd'hui, ils ne cotisent pas à l'Agirc, ce qui fait qu'ils ne contribuent pas au-delà de 9.900 euros par mois. Demain, ils cotiseront comme les cadres, à due proportion de leur salaire, jusqu'au plafond de 26.500 euros par mois.Par ailleurs, avec la fusion des deux régimes complémentaires, tous les salariés gagnant plus de 3.300 euros par mois vont devoir payer quelques euros par mois pour solder les droits déjà acquis par les cadres les moins bien payés. En effet, jusqu'à la fin de l'année 2018, les cadres gagnant un peu moins que 3.600 euros par mois acquittent une cotisation forfaitaire qui leur permet en quelque sorte de « tenir leur rang » de cadres et de bénéficier d'une retraite Agirc. Cette « garantie minimale de points » va disparaître du paysage. Les droits acquis seront financés via la nouvelle contribution d'équilibre technique (CET) au taux de 0,35 %.
a écrit le 13/09/2018 à 11:39 :
Cela reste très en deça de la véritable inflation. +4;5% sur fruits et légumes sur un an, +40% sur essence en 18mois etc....
Les cadres souffrent moins de la stagflation mais, comme tous les prolétaires, subissent et subiront l'effondrement économique des classes moyennes.
a écrit le 13/09/2018 à 10:39 :
En Ile-de-France, la flambée des prix de l’immobilier met à mal la mixité sociale dans le parc privé. En 2017, quatre logements sur dix ont été achetés par des cadres, des artisans, des commerçants ou des dirigeants d’entreprise. C’est ce que révèle une étude publiée le 6 septembre par les notaires franciliens.
Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active (source INSEE 2015), sont donc surreprésentées parmi les acheteurs franciliens. « La hausse générale des prix constatés depuis vingt ans a entraîné une augmentation massive de la part des acquéreurs appartenant à ces catégories socioprofessionnelles », constatent les notaires.
a écrit le 13/09/2018 à 10:02 :
Bonjour. Encore un article en trompe l'oeil. La realite est toute autre car les augmentations generales sont quasi inexistantes et les individuelles sont de l'ordre de 2 a 2.5% et lorsque la cinquantaine est depassee, les AI sont a 0%. Le probleme est double: 1. Trop de monde sur le marche de l'emploi et 2. Il ne reste plus d'industries en France. Par ailleurs, les nouvelles technologies ne creeent que tres peu d'emplois donc le futur de l'emploi (et des augmentations) est tres sombre.

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