Les salaires des cadres décollent en 2018

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Cette hausse inédite depuis 2012, ne doit rien au hasard. Ils bénéficient d’une conjoncture porteuse, marquée par un taux de chômage inférieur d’un point au plein emploi, selon Christophe Bougeard, directeur général d’Expectra.
"Cette hausse inédite depuis 2012, ne doit rien au hasard. Ils bénéficient d’une conjoncture porteuse, marquée par un taux de chômage inférieur d’un point au plein emploi", selon Christophe Bougeard, directeur général d’Expectra. (Crédits : Reuters/Charles Platiau)
Les salaires des cadres ont bondi de 2,7% cette année. Il s'agit de la plus forte hausse depuis six ans. L'amélioration de la conjoncture économique et la transformation numérique des entreprises ont fortement contribué à booster les salaires.

Les revenus des cadres s'envolent. Selon le dernier baromètre Expectra, filiale du groupe Randstad, publié ce 3 septembre, les salaires des cadres ont augmenté de 2,7% au premier semestre 2018 par rapport à la même période de l'année précédente. C'est la plus forte hausse depuis six ans et elle concerne l'ensemble des secteurs.

L'amélioration de la conjoncture économique et le retour de la confiance des chefs d'entreprise ont contribué à booster les hausses de revenus. Le salaire médian des cadres s'établit à 44.700 euros en 2018.

Hausse individuelle des salaires

Face à une quasi-situation de plein emploi, les entreprises ont tendance à faire de plus en plus en plus d'efforts pour attirer certains profils. Ces efforts passent par la mise en avant des atouts tels que l'intérêt de la mission, le cadre de travail, les plans individuels de formation. Mais cela ne suffit pas, selon les auteurs de l'enquête. "Les employeurs cèdent de plus en plus à la surenchère des salaires."

Aussi, les chefs d'entreprise privilégient de plus en plus les hausses individuelles de salaires.

"L'augmentation du salaire des cadres reste en majeure partie individuelle et associée aux performances et aux compétences spécifiques de chacun. Cela est d'autant plus vrai pour les talents, principaux acteurs de la transformation digitale."

La conjugaison de plusieurs facteurs (carnets de commandes pleins, adoption d'outils numériques) rend plus difficile le recrutement de profils déjà rares. Ce phénomène peut aboutir à une pénurie de main d'oeuvre dans certains secteurs.

Lire aussi : Emploi : une pénurie de main d'oeuvre à prévoir dans le numérique

Le BTP enregistre la plus forte hausse

Toutes les filières étudiées lors de l'enquête enregistrent une hausse des salaires des cadres et celle-ci est très homogène autour de 2,6%. Le secteur du bâtiment se démarque avec une hausse de 4,2% en 2018 (contre 1,3% en 2017) et la plus forte évolution enregistrée ces ces cinq dernières années. A la seconde marche du podium, figure le secteur de l'informatique et des télécoms (+2,7%) et enfin arrive la filière commerciale et marketing (2,7% ) sur la dernière marche.

Les cadres du BTP ont connu une telle progression en raison d'une réelle amélioration dans ce secteur.

"Sur les cinq dernières années, la croissance des salaires dans le secteur s'établit à 9,5%, soit la plus forte hausse tous secteurs confondus."

De nombreux projets de construction ont été lancés dans la continuité de la bonne année 2017. La croissance du secteur est notamment soutenue par des investissements qui décollent dans le domaine des grands projets et des infrastructures (réfections et aménagement de quartiers en Île-de-France, extensions d'infrastructures aéroportuaires à Paris, Lyon et Marseille, construction de lignes ferroviaires, perspective des Jeux olympiques de Paris 2024, etc).

L'informatique toujours en forme

Les salaires dans l'informatique et les télécoms ont également bondi en 2018 avec une hausse de 2,7%, contre 1,3% en 2017. L'activité du secteur reste stable et bien orientée pour cette année selon le communiqué, avec des perspectives d'accroissement du chiffre d'affaires autour de 3,6%. L'accélération de la transformation numérique des entreprises contribue à faire monter les salaires avec le renforcement de la sécurité informatique, le déploiement des technologies liées à la blockchain ou encore le développement du e-commerce.

"Ainsi, il y a une forte pénurie sur certaines compétences concernant l'architecture et la sécurité des systèmes informatiques, à l'instar du métier d'ingénieur sécurité qui enregistre une hausse de salaire de +7,9%."

Les salaires s'envolent pour les chefs de projet webmarketing

Parmi les professions étudiées lors de la réalisation de l'enquête, les chefs de projet webmarketing ont enregistré la plus forte hausse de salaire à 9,5% (le salaire médian se situe à 39.900 euros). Arrivent ensuite les responsables des études avec une augmentation de 8,6% (salaire médian de 45.720 euros) et enfin les ingénieurs BTP  avec 8,5% (salaire médian à 39.730 euros).

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(*) Méthodologie : le baromètre Expectra des salaires cadres est bâti à partir de l'ensemble des postes pourvus par Expectra (Intérim*, CDD et CDI) sur des profils allant de bac + 2 à bac + 5. Au total, 77.249 fiches de paie ont été analysées, représentant 133 qualifications dont 67 fonctions cadres et 66 fonctions ETAM (agents de maîtrise), sur les métiers de six grandes filières d'activité : l'informatique et les télécoms, le BTP et la construction, l'ingénierie et l'industrie, le commerce et le marketing, la comptabilité et la finance et, enfin, les RH, la paie et le juridique. Il présente les rémunérations (médianes, minimales et maximales) et les évolutions de salaire enregistrées sur l'ensemble de l'année 2018 par rapport à 2017.

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a écrit le 07/09/2018 à 22:17 :
C'est vraiment de l'enfumage ... 40Ke correspond à 30ke en 2000 soit le salaire d'un ingénieur débutant.
Les salaires n'ont fait que baisser , seuls les professions rentières : médecins, notaires , ...ont augmenté leur pouvoir d'achat.
a écrit le 04/09/2018 à 18:44 :
Faites le bilan avec l'inflation de dites-nous quelle hausse cela représente…Comparez, de même, avec les augmentations de distribution des dividendes...
Réponse de le 05/09/2018 à 17:58 :
On parle de celui des cadres (ou disons plutôt des très haut cadre) eux ont toujours eu des augmentation des quelques dizaine de pourcent par ans depuis plusieurs années pendant que les travailleurs eux quedale (souvent en dessous de l'inflation)... Faut pas se leurrer ce pays n'encourage pas le travail mais à le fuir !
a écrit le 04/09/2018 à 10:42 :
Faut relativiser ces hausses en brut....
Entre les 25% de cotisations puis les 30% d’impôt sur le revenu (ça dépend de la tranche), il ne reste en général pas grand chose au bout du bout...
a écrit le 04/09/2018 à 9:13 :
Pendant ce temps :

Mauvaise nouvelle pour les salariés du privé. Trois ans après avoir été décidées par les partenaires sociaux pour redresser les régimes de retraite complémentaire, de nouvelles mesures d'économie vont entrer en vigueur à l'Agirc-Arrco. On a abondamment commenté la décote et la surcote qui vont être instaurées en janvier, pour inciter les actifs à partir un an plus tard à la retraite. Mais l'accord de 2015 prévoit également trois mesures techniques qui ont fait moins de bruit et qui vont grignoter le pouvoir d'achat de tous les cotisants.

L'Agirc-Arrco doit avec ces trois mesures économiser 1,7 milliard d'euros en 2020, qui s'ajouteront aux 200 millions d'euros de coupes par an déjà enclenchées sur la période 2016-2018 (augmentation du coût d'achat du point, extension de la cotisation AGFF). L'impact négatif de ces augmentations de charge sur la feuille de paie sera bien plus important que l'effort de 500 millions d'euros attendu de la décote-surcote.
L'augmentation de deux points du « taux d'appel » devrait ainsi rapporter 800 millions d'euros par an à l'Agirc-Arrco. Au lieu de récolter 100 % du montant de la cotisation due, le gestionnaire des retraites complémentaires prélève aujourd'hui 125 %. Ce taux passera à 127 % en janvier. Tout ce qui est supérieur à 100 % ne crée pas de droits pour l'assuré et sert à renflouer le régime.

Les partenaires sociaux ont également convenu d'une nouvelle répartition des cotisations sur la tranche B Agirc (la fraction du salaire des cadres comprise entre 3.300 et 13.200 euros par mois). Au lieu de laisser 62 % des cotisations à la charge de l'employeur, ce pourcentage va tomber à 60 %, les salariés remontant à 40 % via une augmentation de la cotisation salariale de 0,56 point. Cette mesure d'harmonisation des régimes doit rapporter 600 millions d'euros en 2020.Et ce n'est pas fini. En janvier, les distinctions entre catégories de salariés vont disparaître, avec la fusion de l'Agirc (cadres) et de l'Arrco (tous les salariés) . Du coup, la tranche B va être fondue avec la tranche C Agirc (salaire des cadres de 13.200 à 26.500 euros) et avec la tranche 2 Arrco (salaires des non-cadres, de 3.300 à 9.900 euros). L'année prochaine, il n'y aura plus que deux tranches, la première en dessous de 3.300 euros, et la deuxième au-dessus. Gain attendu : 300 millions d'euros par an.

Cette remise à plat du système a fait l'objet d' une négociation technique l'année dernière . La réforme va peser sur les salariés qui ne sont pas cadres mais qui perçoivent des salaires supérieurs à 3.300 euros. Aujourd'hui, ils ne cotisent pas à l'Agirc, ce qui fait qu'ils ne contribuent pas au-delà de 9.900 euros par mois. Demain, ils cotiseront comme les cadres, à due proportion de leur salaire, jusqu'au plafond de 26.500 euros par mois.
a écrit le 04/09/2018 à 4:53 :
Et celui des cadres fonctionnaires recule
a écrit le 03/09/2018 à 21:35 :
Et les pensions des retraités baissent!
Réponse de le 04/09/2018 à 9:19 :
Les retraités sont là pour les impots :Ils n"ont pas de pouvoir de nuisance !!
Réponse de le 05/09/2018 à 17:02 :
en 2008 la plupart des cadres ont vu leur salaire baisser (dans mon cas -30 % car toute la part variable a saute) alors que les retraites ont fait +1 %. Alors chacun son tour. Surtout quant on sait que les retraites ont un niveau de vie superieur aux actifs
a écrit le 03/09/2018 à 19:12 :
Comment fait-on pour demander une augmentayion des pensions de retraite ?
a écrit le 03/09/2018 à 18:26 :
et les autres "sans grades " (exécutant, maitrise du privé ou public etc...) peuvent aller se rhabiller ..un travers bien FRANCAIS...tant dans le reste de l 'EUROPE les augmentations de salaires sont plutôt d' ordre général et parfois forfaitaire...
faudra pas s ' étonner de la croissance du populisme dans les catégories populaires et intermédiaires.... (l Italie est là pour le rappeler )
quant à l' ascenseur social c est un mythe sauf exception:
ton milieu social d ' origine t' enferme toute ta vie: à l' école, ton lieu de résidence, ton parcours scolaire puis professionnel , ta santé, tes loisirs , tes déplacement , tes repas ta santé et ta retraite seul salut le mariage et encore.....c ' est désespérant
Réponse de le 04/09/2018 à 3:32 :
100% d'accord aqvec vous pour ce qui concerne ce mythe qu'est l'ascenceur.
Par contre je me permets de signaler que le determininisme social peut -etre modifie si l'on s'en donne les moyens.
L'experience du travail a l'etranger meme sans diplome est possible. Certes cela demande abnegation et volonte sur une longue periode. Mais au final l'on est gagnant. Vaut mieux etre droit que couche.
a écrit le 03/09/2018 à 16:14 :
Surtout comme les gouvernements successifs le disent, n'hésitez pas à envoyer vos enfants en formation CAP, dans les métiers de bouche (boucher, boulanger, cuisinier etc...) mais ce ne sont pas les mêmes augmentations de salaires. Merci les gouvernements.
a écrit le 03/09/2018 à 15:55 :
Tant mieux pour les cadres, ils vont pouvoir aider leurs parents retraités si malmenés par Macron.
Réponse de le 03/09/2018 à 16:29 :
Le nouveau président remporte 80 % des voix chez les plus de 65 ans et 83 % chez les cadres.Les Echos

https://www.lesechos.fr/08/05/2017/lesechos.fr/0212055297040_macron-largement-en-tete-chez-les-seniors-et-les-cadres.htm

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