Climat : pour stocker le CO2 de ses usines, la France tisse sa toile en Europe
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YVES HERMAN
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Cela peut paraître paradoxal : loin de l'idée d'une économie locale et sobre en matériaux, la décarbonation de l'industrie passera par un gigantesque écosystème de pipelines et de navires reliant des pôles manufacturiers à travers l'Europe. Le principe : capter, transporter puis stocker le dioxyde de carbone (CO2) émis par les usines à travers une logistique complexe et mondialisée, pour éviter que ce gaz à effet de serre ne se retrouve dans l'atmosphère. C'est en tout cas ce qu'espère le gouvernement français, conscient que les efforts de réduction des émissions de CO2 ne suffiront pas.
Après la Norvège mi-janvier, l'exécutif tricolore a en effet annoncé, lundi 4 mars, avoir signé un accord bilatéral avec le Danemark pour y exporter du CO2 « dès cette année ». Et ce, afin de le stocker en sous-sol, principalement dans d'anciens champs gaziers et pétroliers.
Or, « le Danemark a des ambitions importantes en la matière », poursuit-on. En effet, Copenhague a déjà réalisé une cartographie complète des opportunités de son sous-sol, et commence à offrir des permis de stockage à différents opérateurs.
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Même si « à ce stade », l'Hexagone n'a pas réservé de capacités dédiées, les deux pays ont ainsi signé une lettre d'intention politique - comme l'avait fait la France avec la Norvège le 16 janvier -, indiquant leur volonté de « construire des partenariats entre industriels ». Mais également un accord plus « réglementaire » actant le transport transfrontalier de CO2, une pratique actuellement encadrée par la Convention de Londres de 1972 qui réglemente l'immersion de déchets et d'autres matières en mer. Ce traité oblige les deux parties à convenir du transport en amont de l'enfouissement des stocks de CO2. Les entreprises françaises sont donc incitées à capter leurs émissions de CO2 en leur offrant la possibilité de les stocker dans une zone qui y est spécifiquement dédiée et adaptée.