Malte : le financement du gazoduc Melita, une histoire controversée digne d’un roman noir
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
YVES HERMAN
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
YVES HERMAN
Business juteux, corruption endémique, assassinat d'une journaliste enquêtant sur le dossier... L'histoire est digne d'un roman noir. A Malte, la construction à venir d'un tuyau à 400 millions d'euros, censé transporter du gaz fossile entre la république insulaire et le sud de l'Italie, en Sicile, concentre les oppositions, tant les controverses s'accumulent autour du projet.
Et pourtant, loin des belles promesses de transition énergétique, la Commission européenne vient tout juste de confirmer son intention de le soutenir, tandis que plus de 4,6 millions d'euros ont d'ores et déjà été alloués par l'UE pour les travaux préparatoires.
Euractiv
, l'exécutif bruxellois a inscrit ce
pipeline, baptisé Melita, sur sa sixième liste des « projets d'intérêt commun » (PCI), ouvrant la voie à davantage de financements par les Vingt-Sept. Et ce, alors même que la Commission s'affiche à l'avant-garde de la bataille pour la préservation du climat, avec son fameux
Green Deal (Pacte vert), et insiste sur la nécessaire désintoxication des Etats membres au gaz fossile importé, pour des raisons de souveraineté énergétique. Surtout, le meurtre d'une journaliste maltaise, Daphne Caruana Galizia, tuée en 2017 alors qu'elle enquêtait sur la corruption autour de ce projet, continue de flotter autour de ce dernier.À lire également
Et pour cause, elle venait de révéler comment le PDG de l'entreprise ElectroGas, Yorgen Fenech, avait obtenu un contrat public de près de 500 millions d'euros pour convertir la centrale électrique de Delimara, qui alimente l'île, du fuel lourd vers le gaz. A l'époque, l'homme d'affaires devait verser plusieurs millions d'euros à deux membres du gouvernement, Keith Schembri et Konrad Mizzi, via sa société 17 Black, basée à Dubaï. Or, le futur gazoduc Melita devra justement relier directement ladite centrale opérée par ElectroGas à l'Italie, grâce à 159 kilomètres de tuyaux (151 km sous l'océan, 8 km sur terre).