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Retraites : dans l'énergie, la CGT veut intensifier les actions avant la mobilisation du 31 janvier

latribune.fr

Publié le 24 janvier 2023 à 10:01 - Mis à jour le 24 janvier 2023 à 10:51

France : la branche energie de la cgt rejoint la mobilisation pour les salaires fin janvier

Certaines de ces actions pourraient concerner des écoles et des hôpitaux même si à ce stade il n'y a encore rien de concret.

ERIC GAILLARD

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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La CGT Mines-Energie va organiser cette semaine de nouveaux « temps forts » dans la mobilisation contre le projet de loi de réforme des retraites. Outre des baisses de production, elle prévoit des opérations de gratuité et des coupures volontaires avec pour objectif de monter en puissance avant la prochaine journée nationale d'action du 31 janvier. En réponse, la ministre de la Transition énergétique encourage à porter plainte contre les coupures d'électricité dont le syndicat menace.

[Article publié le 24 janvier et mis à jour à 10h15]

Des actions « Robins des bois », voilà ce qu'entend mener la CGT pour montrer son opposition au projet de réforme des retraites du gouvernement. Ainsi, des opérations de « gratuité » se précisent. Comme à Marseille, où le syndicat entend réduire la facture de commerçants dont les notes d'électricité montent, à l'instar des boulangers. « On a la capacité technique de faire baisser les factures d'énergie des boulangers, sans mettre en danger les biens ni les personnes », a déclaré à l'AFP Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Energie Marseille.

Sans vouloir préciser comment sera effectuée cette opération « complètement illégale », il indique qu'elle pourrait faire baisser de moitié leur facture. « Ça a dû commencer, on a lancé l'appel la semaine dernière », ajoute Renaud Henry, pas encore en mesure de préciser le nombre de boulangers concernés, et le nombre d'agents impliqués.

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La deuxième ville de France ne serait pas la seule concernée. « Il y a beaucoup de réflexions autour d'actions positives de gratuité, comme à Marseille : tarifs réduits (forçage du passage en heures creuses), suppression du comptage de la consommation, mais aussi rétablissement de tous ceux qui sont coupés malgré la trêve hivernale », a indiqué Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT.

Certaines de ces actions pourraient concerner des écoles et des hôpitaux dans la semaine, a-t-il précisé, même si à ce stade, il n'y avait encore rien de concret.

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Coupures ciblées à venir

À côté de ces actions, des coupures ciblées, et tout aussi illégales, pourraient de nouveau avoir lieu dans les prochains jours, après celles qui ont touché la semaine dernière entre autres une députée Renaissance du Lot, le centre-ville de Montpellier, et les villes de Massy (Essonne) et Chaumont (Haute-Marne). Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a évoqué dimanche la possibilité de couper le courant à des milliardaires, comme Vincent Bolloré.

« On ne s'attaquera pas à l'intégrité des personnes »,assure Fabrice Coudour. Et d'ajouter :« Le gouvernement nous dit qu'il faut faire de la sobriété énergétique pour les bâtiments non-essentiels. Pour nous, ceux qui n'écoutent pas la colère des travailleurs, on peut les considérer comme des bâtiments non-essentiels ».

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Des propos qui n'ont pas ravi du côté du gouvernement. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a, en effet, vivement critiqué mardi la CGT et sa volonté de « manipuler » à Marseille des compteurs électriques pour faire baisser les factures de certains clients. « Ce n'est pas la CGT qui décide en France », « ce n'est pas la CGT qui décide des tarifs », « ce n'est pas à la CGT de faire la loi » mais « aux parlementaires », a-t-il martelé sur Europe 1, jugeant « inacceptables » les mesures évoquées par le syndicat.

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D'autant que, concernant la hausse des factures d'électricité, le ministre a estimé que « les fournisseurs jouent le jeu » au lendemain d'une réunion à Bercy qui a abouti à la mise en place d'un tarif garanti fixé à 280 euros par mégawattheure en moyenne sur l'année 2023 pour les très petites entreprises. Ce mardi matin, TotalEnergies a, en outre, annoncé l'instauration d'un rabais de 100 euros par mégawattheure (MWh) pour contenir la facture d'électricité des très petites entreprises (TPE). Les boulangers, qui ont manifesté lundi devant le ministère de l'Economie à Paris, « ont droit à un bouclier tarifaire », s'est félicité Bruno Le maire Le Maire, qui « reverra » les fournisseurs « la semaine prochaine ». L'inflation, de manière générale, devrait ralentir d'ici quelques mois, à jugé le ministre. « Nous sommes confiants sur le reflux de l'inflation à partir de la mi-2023 » et « les choses vont aller mieux », a-t-il assuré.

Il n'est pas le seul à avoir dénoncé les actions menées et annoncées par la CGT. La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a, elle, encouragé ce mardi à porter plainte contre les coupures d'électricité dont le syndicat menace. « C'est de l'intimidation, et ce n'est pas légal », a-t-elle déclaré sur RMC, en mettant en garde contre le risque de « casser » certaines installations industrielles si l'électricité est arrêtée. « Ce seront les entreprises arrêtées qui porteront plainte, c'est à elles de le faire (...) », a-t-elle suggéré, « et nous, dans notre rôle, nous ferons respecter la loi ». « On peut être contre un projet de loi, on peut manifester, on peut en parler vivement sur les plateaux de télévision, mais l'intimidation est inacceptable », a-t-elle renchéri.

Maintenir la pression avant la mobilisation du 31 janvier

Des mises en garde qui ne devraient pas freiner la contestation. Après avoir réussi, jeudi 19 janvier, leur première démonstration de force contre la réforme des retraites, les huit principaux syndicats de travailleurs ont annoncé une nouvelle journée nationale d'action pour le 31 janvier, date à laquelle le projet de réforme arrivera en commission à l'Assemblée nationale. La CGT et d'autres organisations syndicales auraient préféré une date de mobilisation plus rapprochée, mais la CFDT a pesé pour le 31, selon des sources syndicales. Son secrétaire général Laurent Berger a expliqué vouloir bien « cadencer » les dates de mobilisation afin de permettre aux « salariés qu'on n'avait pas l'habitude de voir dans les manifestations » d'y participer.

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D'ici là, la mobilisation devrait se maintenir. La fédération nationale de la CGT dans les industries chimiques a en effet lancé un appel à la grève de 48 heures à partir du jeudi 26 janvier, puis de 72 heures à partir du lundi 6 février. Les salariés grévistes pourraient décider de procéder à « l'arrêt des installations de raffinage », a précisé Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies.

Concernant les centrales nucléaires, au moins trois d'entre elles ont appelé à une reconduction de la grève et pourraient procéder à de nouvelles baisses de production. À savoir à Civaux (Vienne), Golfech (Tarn-et-Garonne), et Paluel (Seine-Maritime), mais « quasiment toutes s'organisent pour qu'il y ait a minima une heure de débrayage par jour », selon Fabrice Coudour.

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Les remontées mécaniques entrent en grève « illimitée »

Les deux principaux syndicats de salariés des remontées mécaniques, Force ouvrière (FO) et la CGT, ont déposé ce lundi des préavis de grève pour le 31 janvier, afin de protester contre le projet de réforme des retraites, mais aussi contre la modification du régime d'assurance chômage des saisonniers.

Bien qu' « illimité », ce préavis ne signifie pas que les employés des remontées mécaniques ne reprendront pas le travail au terme de cette deuxième journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites, a précisé à l'AFP Eric Becker, secrétaire général FO des remontées mécaniques et saisonniers. « Les remontées fonctionneront normalement à partir du lendemain: nous ne voulons pas fragiliser encore des entreprises déjà en difficulté », a-t-il indiqué.

(Avec AFP)

latribune.fr

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