Fusions-acquisitions : les affaires reprennent pour les banquiers

Le marché français des fusions-acquisitions a rebondi de 51% au cours des neuf premiers mois de l’année, à 97,8 milliards de dollars, d’après Thomson Reuters. Les transactions ont atteint 61,5 milliards de dollars sur le seul troisième trimestre, leur plus haut niveau depuis le deuxième trimestre 2011.
Christine Lejoux
La fusion entre Publicis et Omnicom permet à BNP Paribas et à Rothschild de se hisser à la première et à la deuxième place du marché français du conseil en fusions et acquisitions, selon Thomson Reuters.
La fusion entre Publicis et Omnicom permet à BNP Paribas et à Rothschild de se hisser à la première et à la deuxième place du marché français du conseil en fusions et acquisitions, selon Thomson Reuters. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Ce n'est pas encore Byzance, mais le marché français des fusions-acquisitions - en chute libre depuis le deuxième semestre 2011 - va mieux. Beaucoup mieux. Les transactions impliquant une entreprise française - que celle-ci soit acquéreur ou vendeur - ont rebondi de 51%, au cours des neuf premiers mois de l'année, à 97,8 milliards de dollars (72,3 milliards d'euros), selon les données publiées le 27 septembre par le groupe de médias Thomson Reuters.

Et le volume des M&A (mergers and acquisitions) a même atteint 61,5 milliards de dollars sur le seul troisième trimestre, son plus haut niveau depuis le deuxième trimestre 2011, avant l'éclatement de la crise des dettes souveraines dans la zone euro.

BNP Paribas et Rothschild en première ligne

Fin juillet, plusieurs grands groupes français ont en effet annoncé, coup sur coup, des opérations de croissance externe d'envergure, et à l'international, s'il-vous-plaît. A commencer par Publicis, avec sa fusion à 26,5 milliards d'euros avec l'Américain Omnicom. Un "deal" qui permet au passage à BNP Paribas et à Rothschild de se hisser respectivement à la première et à la deuxième place du marché français du conseil en fusions et acquisitions. Quelques jours plus tard, Schneider Electric signait sa plus importante acquisition depuis 2007, en rachetant le Britannique Invensys, pour 3,9 milliards d'euros.

Les ingrédients nécessaires à une reprise des fusions-acquisitions sont réunis

Au même moment, le numéro un mondial des verres ophtalmiques Essilor réalisait carrément la plus grosse opération de croissance externe de son histoire, en reprenant 51% de l'Américain Transitions Optical, ainsi que le spécialiste des verres solaires Intercast, le tout pour 1,85 milliard d'euros.

Fin juillet toujours, Vivendi a empoché 8,2 milliards de dollars, via la cession de 52% d'Activision Blizzard à l'éditeur américain de jeux vidéo lui-même et à un consortium d'investisseurs. Enfin, c'est également au cœur de l'été que l'opérateur de satellites Eutelsat a racheté le mexicain Satelites Mexicanos, pour 831 millions de dollars.

En réalité, la plupart des ingrédients nécessaires à une reprise du marché français des fusions-acquisitions étaient réunis depuis plusieurs mois déjà, avec des taux d'intérêt très bas, des trésoreries d'entreprises pleines à craquer et une remontée des valorisations boursières permettant aux acquéreurs et aux vendeurs de trouver plus facilement un terrain d'entente.

L'indice Dow Jones Euro Stoxx 50, qui regroupe les 50 premières capitalisations européennes, et l'indice américain S&P 500 ont en effet regagné chacun 16% environ, au cours des douze derniers mois.

Les patrons reprennent confiance dans les perspectives macro-économiques

Mais, "ce qui manquait, c'était la confiance des chefs d'entreprise", explique Gilberto Pozzi, patron des M&A chez Goldman Sachs pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, cité par Reuters. Cette confiance des patrons dans les perspectives macro-économiques semble donc en partie revenue, avec, notamment, la confirmation que la zone euro était sortie de la récession au deuxième trimestre.

En témoigne d'ailleurs l'indice de confiance économique dans la zone euro, qui a encore grimpé en septembre, pour le cinquième mois consécutif, à 96,9 points, son plus haut niveau depuis août 2011.

La transaction Verizon-Vodafone a boosté le marché américain

De quoi permettre aux banquiers d'affaires d'espérer que l'Europe cesse enfin d'être à la traîne des Etats-Unis : malgré un rebond de 37% au troisième trimestre, le marché européen des fusions et acquisitions accuse encore une chute de 24% depuis janvier, à 383,3 milliards de dollars, contre une envolée de 35% pour le marché américain, à 777 milliards. Un montant qui doit certes beaucoup à la méga-transaction de 130 milliards de dollars conclue entre Verizon et Vodafone pour le rachat, par le premier, des 45% détenus par le second dans Verizon Wireless.

Christine Lejoux

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Commentaires 2
à écrit le 28/09/2013 à 15:16
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C'est bien mais vont ils réengager les salarier virés précédemment ou ce mettre ça dans leur popoche??? A mais non on est dans un monde capitaliste tous le monde va en profiter ils vont augmenter leurs petits et moyens salariés... Oups je crois que j...

à écrit le 28/09/2013 à 8:29
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en ces temps de disparition de croissance organique ...

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