Regarder la Coupe du Monde au bureau ? C'est possible
Ornella Legall
Ornella Legall
Peut-on se faire licencier pour avoir regardé un match de la Coupe du Monde de Football au travail ? C'est ce que semblent affirmer certains médias. Et pourtant, du moment que la tâche du salarié est effectuée, la réponse est non, explique Frédéric Aknin, avocat spécialisé en droit social au cabinet Capstan.
"Si le salarié produit ce qu'il a à faire, la sanction ne sera pas proportionnée". Frédéric Aknin précise que tout réside dans la proportionnalité entre les objectifs attendus et la sanction.
Une sanction sera appropriée si le salarié a manqué à son travail : s'il a par exemple raté un rendez-vous, ou s'il n'a pas décroché au téléphone. Est-ce à dire qu'il pourra être licencié ? Dans des cas extrêmes qui le justifient, oui, mais pas nécessairement.
Et si le salarié regarde le match pendant la pause par exemple ? Logiquement, qu'il soit sur son lieu de travail ou non, il est libre de s'occuper comme il l'entend.
Pour éviter toute situation inconfortable vis-à-vis de son employeur, un salarié peut être tenté d'aménager ses horaires en fonction de la programmation des matchs. "Tout dépend de quel salarié on parle : un cadre est par nature libre d'organiser son temps de travail. S'il commence à 8 heures il pourra partir à 18 heures et suivre le match", explique Frédéric Aknin.
Le salarié non-cadre est en revanche moins chanceux. Tout dépend de ses horaires de service. Et sa tâche peut requérir sa présence à son poste sans interruption.
Mais techniquement, rien n'empêche non plus le salarié de demander un aménagement. En Allemagne deux syndicats, du secteur des mines, énergie et chimie, ont ainsi demandé à ce que les heures de travail soient aménagées en fonction de l'heure de diffusion des matchs, d'après le quotidien allemand Bild.
Ramener son carton de bouteilles de champagne ou son pack de bières le lendemain d'une victoire peut aussi être très tentant pour les salariés. Sauf que le célèbre pot entre collègue ne peut normalement se faire qu'à l'initiative de l'employeur, explique Frédéric Aknin. Car selon l'avocat, seul l'employeur a le droit d'approvisionner l'entreprise en alcool.
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Mais ce n'est pas sans risque. En effet, si les salariés poursuivent la fête en dehors des locaux de l'entreprise et qu'un accident arrive il sera difficile de prouver qu'il n'est pas du à une consommation trop importante d'alcool sur le lieu de travail.
"En règle générale la Coupe du Monde de football est un contexte un peu particulier. Il n'est pas rare qu'un employeur mette à disposition des télévisions et aménage des horaires flexibles pour ses salariés." précise Frédéric Aknin. L'idéal, autant pour l'employeur que pour les salariés, est d'organiser des "réunions" extraprofessionnelles autour d'un match.
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Se retrouver entre collègues pour analyser et commenter les jeux de jambes des joueurs serait d'ailleurs bénéfique pour la cohésion au sein de l'entreprise. D'autant que pas moins de 64% des Français avaient l'intention, avant le début de la compétition, de suivre la Coupe du Monde cet été. Un homme sur deux dit vouloir suivre un maximum de matchs d'après le même sondage réalisé par KantarSport. Une bonne occasion donc de resserrer les liens !
Ornella Legall
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