Crédit lyonnais: une ardoise de plusieurs milliards qui traîne depuis vingt ans

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C'est un dossier aux ramifications sans fin que tente de refermer le gouvernement. Vingt ans après le début d'un scandale comparé alors à celui du Panama sous la IIIe République, Bercy a confirmé ce dimanche son intention de terminer au plus vite de rembourser les dettes issues de la quasi-faillite du Crédit lyonnais en 1993. L'Etat tente depuis vingt ans d'éteindre l'incendie.
Trois ans après avoir annoncé les meilleurs résultats de son histoire, et après des avertissements, le scandale éclate au grand jour. La Commission de contrôle bancaire enquête sur des investissements "pourris" réalisés par des filiales de la banque (alors publique). Parmi les actifs visés figure notamment l'investissement dans la Metro-Goldwyn-Mayer via sa filiale néerlandaise CLBN.
Le Consortium de réalisation (CDR) est chargé de régler les actifs pourris du Crédit Lyonnais. Près de 30 milliards d'actifs sont repris par le CDR, notamment les participations dans Executif Life, Adidas, et plusieurs holding dont celle de François Pinault.
Tout un symbole. Le siège de l'établissement bancaire, boulevard des Italiens à Paris, prend feu le 5 mai 1996, causant la perte d'archives importantes. Une information judiciaire contre X pour "destruction par incendie", l'année suivante.
L'Etablissement public de financement et de restructuration (EFPR) est mis en place pour chapeauter le CDR créé deux ans plus tôt afin d'apurer le passif du Crédit Lyonnais. Il est chargé notamment du financement du CDR, et pour cela, il souscrit un prêt de 130 milliards de francs auprès du Crédit lyonnais qui doivent être remboursés grâce aux cessions d'actifs.
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Alors que les dettes n'ont toujours pas fini d'être remboursées, depuis 2007, l'Etat n'a plus alloué aucun crédit à l'EPFR.
Plusieurs dirigeants mis en cause doivent s'expliquer sur les faits survenus dix ans plus tôt, notamment sur la présentation de comptes tronqués. A la barre est notamment appelé l'ancien directeur de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui était directeur du Trésor à l'époque des faits qui supervisait donc les activités de la banque publique. A ses côtés sont également entendus l'ancien patron du Crédit lyonnais, Jean-Yves Haberer ainsi que Jacques de Larosière, qui était alors gouverneur de la banque de France.
Privatisée en 1999, la banque devient "LCL" sept ans plus tard, histoire de repartir sur un nouveau pied.
Les Sages de la rue Cambon préviennent en 2011 le gouvernement Fillon que l'EPFR ne reçoit plus de ligne de crédit lui permettant de rembourser ce qu'il reste des dettes dont l'échéance arrive fin 2014. Pire : depuis 2010, elles se sont aggravées. Il reste plus de 4,8 milliards d'euros sur son ardoise comme le rappelle le sénateur Jean-Claude Frécon, rapporteur spécial, dans un document datant de la fin 2012.
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Le dossier est d'autant plus sensible que l'arbitrage Tapie de 2008 visant à régler le litige qui l'opposait à la banque pour la cession d'Adidas en 1993 a remis en lumière le CDR et le passif du Crédit lyonnais.
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