Chine : Tencent lance la première banque exclusivement virtuelle

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Tencent est déjà aux commandes de la très populaire application de messagerie WeChat.
Tencent est déjà aux commandes de la très populaire application de messagerie WeChat. (Crédits : Reuters)
WeBank, détenue à 30% par le géant de l'internet chinois, a accordé ce week-end son premier prêt. Le gouvernement chinois encourage les maisons de crédit privées afin d'introduire plus de concurrence dans le secteur.

Une pierre capitale est posée dans le développement en Chine de la finance en ligne. Le géant chinois de l'internet Tencent, aux commandes de la très populaire application de messagerie WeChat, vient en effet de lancer une banque virtuelle, a annoncé lundi 5 janvier un quotidien officiel.

Baptisée WeBank, elle sera entièrement opérée sur internet et n'aura aucun établissement physique, a indiqué le China Daily. Approuvée en juillet dernier par les autorités de régulation, la nouvelle banque a notamment accordé son premier prêt ce week-end, bien que son ouverture formelle soit prévue pour avril, selon le journal.

"Une étape significative de la réforme financière"

Tencent, basé à Shenzhen (sud), détient 30% des parts de la nouvelle banque, à côté de deux autres investisseurs de Shenzhen avec qui il est majoritaire, précise le China Daily. Un porte-parole de Tencent a décliné lundi tout commentaire, rapporte l'AFP.

"L'activité bancaire en ligne est une étape significative de la réforme financière en Chine", a déclaré pour sa part à cette occasion, selon le journal, le chef du gouvernement Li Keqiang qui, afin de souligner le soutien des autorités au plus haut niveau, a visité dimanche le siège de WeBank. Le Premier ministre a d'ailleurs lui-même appuyé sur la touche d'ordinateur pour accorder le feu vert au premier prêt de WeBank, d'un montant de 35.000 yuans (5.700 dollars), destiné à un chauffeur de poids lourd.

L'ouverture de cinq banques privées autorisée en 2014

Le gouvernement chinois souhaite encourager les maisons de crédit privées afin d'introduire plus de concurrence dans le secteur. La quasi-totalité des banques chinoises sont en effet des banques d'État, régulièrement critiquées pour n'accorder de prêts qu'aux grosses entreprises nationales et privant ainsi d'oxygène les entreprises privées, chroniquement à court de crédits.

Pour y rémédier, l'éxécutif a ainsi déjà autorisé l'ouverture en 2014 de cinq banques privées, dont une gérée par le principal rival de Tencent, Alibaba, géant de la vente en ligne. Parmi celle-ci, on compte également un établissement adossé à un groupe de composants électriques basé à Wenzhou (est), Chint Group, un autre dans la ville portuaire de Tianjin (nord) centré sur les prêts aux entreprises, et un basé à Shanghai, dont le conglomérat JuneYao Group est actionnaire majoritaire.

Le commerce en ligne a l'appui du gouvernement

Alibaba a commencé à bousculer le secteur bancaire chinois en lançant un fonds d'investissement, Yuebao, qui rémunère mieux les dépôts que les banques traditionnelles, bien que celles-ci offrent déjà des services en ligne.

Li Keqiang a par ailleurs déjà donné son appui au commerce en ligne, à ses yeux créateur d'emplois, tout en demandant que la Chine joue un rôle accru dans la régulation internationale d'internet, lors d'une conférence réunissant les acteurs du Net en novembre dernier. Le développement en Chine de la finance en ligne, notamment les plateformes de P2P, bute toutefois encore sur d'importants problèmes de réglementation.

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