La néobanque britannique Revolut propose (enfin) un IBAN français

Tous les clients de la néobanque britannique pourront bénéficier d’un relevé d’identité bancaire français pour mettre fin à la discrimination à l’IBAN de certains acteurs économiques. Une pratique d’ailleurs dénoncée par Bruxelles et les autorités de la concurrence en France.

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La néo-banque britannique vise à transformer le compte de ses clients en un compte bancaire principal.
La néo-banque britannique vise à transformer le compte de ses clients en un compte bancaire principal. (Crédits : Dado Ruvic)

Le pionnier du porte-monnaie multidevises se met à l'heure française. La fintech star britannique Revolut propose, à partir de ce mercredi, à ses clients français un IBAN français. Ce numéro d'identification bancaire est le sésame obligatoire pour un certain nombre d'opérations, notamment les virements et les prélèvements. Jusqu'ici, les clients européens de Revolut étaient dotés d'un IBAN lituanien, pays où la néobanque avait demandé son agrément bancaire, et donc son passeport européen, depuis le Brexit.

Mais détenir un IBAN étranger présente de nombreux d'inconvénients. Certaines entreprises ou services publics (Pôle emploi, administration fiscale...) ou même des grands facturiers (télécoms, énergie...) sont très réticents à accepter un virement ou un prélèvement à partir d'un IBAN non français, même si cela est parfaitement légal. Selon la loi, tout compte bancaire européen doit être accepté partout dans l'Union européenne, quel que soit le pays de l'UE dont il provient.

Discrimination à l'IBAN

Les fintechs et autres néobanques étrangères présentes en France, comme N26 ou Wise, sont donc également victimes de cette mauvaise volonté de certains acteurs. Une situation dénoncée par la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), qui mène depuis plusieurs mois des enquêtes à l'encontre d'acteurs économiques qui pratiqueraient cette « discrimination à l'IBAN ».

La fintech Wise, spécialisée dans le transfert d'argent, a d'ailleurs mené sa propre enquête, en novembre dernier, pour constater que la France est le « mauvais élève » dans ce domaine en Europe et représente, à elle seule, 42,5% des plaintes comptabilisées sur sa plateforme, bien en tête devant l'Espagne (17%) et l'Allemagne (14,5%).

Sans attendre un rappel à l'ordre des autorités, Revolut a donc préféré prendre les devants et proposer un IBAN français, au travers de sa branche française nouvellement créée. C'est même une des fonctionnalités les plus demandées par les clients en France, souligne le communiqué de presse.

« Nos clients en France sont régulièrement victimes de discriminations injustes de la part des fournisseurs de services en raison de leurs coordonnées bancaires étrangères », déclare ainsi Vincent Péron, responsable France de Revolut.

Mais, précise-t-il, « après avoir opté pour ce transfert de compte vers notre branche française, ils pourront utiliser de manière transparente leur compte Revolut pour les dépôts de salaire, les paiements par prélèvement automatique avec tous types de prestataires de services et disposer d'un produit bancaire réellement compatible en France ».

Compte principal

L'objectif est bien sûr de faciliter la vie de ses clients. Mais proposer un IBAN français facilite également la bascule du compte Revolut en un compte bancaire, principal, priorité numéro un de toute néo-banque pour rentabiliser son activité. Ce sera tout l'enjeu de demain. Du moins, selon le cofondateur de Revolut, Nik Storonsky qui prédit, d'ici 20 ans, un paysage bancaire mondial réparti entre cinq banques et cinq fintechs !

La France est d'ailleurs le premier pays où Revolut propose un IBAN « local » mais l'initiative devrait être déclinée dans d'autres pays européens. De fait, la France est le principal marché (hors Royaume-Uni) de Revolut, avec quelque 2 millions de clients (18 millions de clients dans le monde).

Ces derniers peuvent donc demander leur changement d'IBAN à partir de l'application mobile. L'ancien IBAN sera cependant actif pendant 30 jours pour assurer un transfert sans rupture. De fait, Revolut est déjà bien rodé sur cet exercice, ayant déjà dû changer tous les IBAN de ses clients européens depuis le Brexit.

Toutes les néobanques devraient suivre le mouvement, d'autant que des fintechs, comme Solaris, proposent des solutions clés en main pour délivrer des IBAN locaux.

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