La Bourse a presque oublié l'épisode Lehman Brothers

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De part et d'autre de l'Atlantique, les indices ont refait les trois quarts de leur handicap depuis la faillite de la banque. Mais l'horizon économique reste incertain.

Il y a un an, Lehman Brothers faisait faillite, entraînant une crise sans précédent depuis la Grande Dépression. Mais aujourd'hui, les indices boursiers mondiaux ont déjà rattrapé une bonne partie de leur retard. S'offrant même le luxe d'enchaîner les records annuels, au point de s'approcher aujourd'hui de leurs plus hauts niveaux depuis onze mois : au-delà de 3.700 points pour le CAC 40, de 1.000 points pour le S & P 500 et de 5.000 points pour le Footsie.

D'aucuns considèrent que le rebond moyen de 50 % des marchés par rapport à leurs planchers atteints début mars est excessif. Mais la lecture de cette envolée n'est pas aussi simple. Selon David Kalfon, directeur général d'EFG AM France, la hausse se décompose en deux phases. Une première, de mars à juin, a été alimentée par la volonté des dirigeants de la planète d'en découdre avec la crise. Une deuxième, depuis juillet, est nourrie par un retour de l'appétit des investisseurs pour les produits risqués. Sachant qu'une grande partie d'entre eux, notamment du côté des institutionnels, avait opté pour une stratégie très défensive il y a encore six mois.

En tout cas, les indices n'ont plus que 15 % à 20 % à parcourir pour retrouver leurs niveaux précédant la chute de Lehman Brothers. Reste à savoir à quelle échéance ils y parviendront.

Encore neuf mois...
Pour David Kalfon, l'environnement demeure propice aux marchés actions pendant au moins neuf mois. En clair, avant que les banques centrales ne commencent à relever leurs taux directeurs. Entre-temps, se pose la question de la cherté des grands groupes cotés. Selon la société de gestion Invesco, « les valorisations [...] sont revenues à des niveaux, sinon élevés, du moins peu attractifs ». À titre d'exemple, aux États-Unis, les valeurs sont désormais plus onéreuses qu'elles ne l'ont été en moyenne au cours des trois dernières années. D'après Bloomberg, l'indice S & P 500 se traite à 15 fois les estimations de bénéfices pour 2009. Ce multiple s'élève à 15,3 fois pour le Dow Jones Industrial, à 15,5 fois pour DJ Stoxx 600 et à 13 fois pour le CAC 40, sachant que ces chiffres intègrent une dimension spéculative liée aux récentes annonces de fusions-acquisitions.

Mais, comme le soulignent les équipes de Standard and Poor's, « la panique a laissé place à la crainte ». Notamment celle de ne pas voir la demande finale prendre le relais d'une reprise d'ordre purement technique. Virginie Maisonneuve, responsable de la gestion actions internationales chez Schroders, pense que si la croissance économique n'est pas au rendez-vous fin mars 2010, les investisseurs pourraient s'inquiéter à nouveau. Autre source de préoccupation : la hausse en trompe-l'?il des bénéfices des entreprises, notamment au deuxième trimestre, qui repose essentiellement sur des compressions budgétaires. Les stratégistes de State Street soulignent que pour la première fois depuis quinze ans, la courbe du chômage américain suit celle des résultats des fleurons nationaux. Signifiant ainsi que la destruction de valeur prend le pas sur la création de richesse.

Pourtant, le courant acheteur reste solide sur les marchés boursiers. Peut-être parce que le chemin est encore long avant d'effacer les pertes cumulées, non pas depuis le 15 septembre 2008, mais depuis la mi-2007, véritable point de départ de la chute des indices, avec l'éclatement des subprimes.

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