Oscar ou l'espoir du portefeuille électronique en Europe

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Les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile britanniques - Vodafone, Telefonica O2 et Everything Everywhere - préparent le lancement de la première plateforme de paiement par mobile à échelle européenne. Le projet, dénommé Oscar, pourrait bien voir le jour dès cet été, si toutefois la Commission Européenne l'approuve.

Connaissez vous Oscar ? Ce nouveau système de paiement, conçu comme une seule et même plateforme, permettra aux commerçants, banques et autres sociétés de services financiers (sans distinction), de transformer le téléphone de leurs clients en portefeuille électronique, pour stocker des liquidités et mémoriser différentes coordonnées de carte bancaire.

Un risque de monopole

Dans un premier temps, seul le Royaume-Uni sera concerné par ce projet. Néanmoins, les acteurs impliqués dans le projet en disent long sur l'extension envisagée : Vodafone a un réseau très étendu en Europe (du Portugal à la Grèce, en passant par l'Espagne, l'Italie et les Pays-Bas), alors que Telefonica O2 est présent dans plusieurs pays d'Europe centrale (République Tchèque et Slovaquie).
Enfin, Everything Everywhere résulte de la fusion des filiales britanniques de T-Mobile (Deutsche Telekom) et d'Orange (France Télécom).
Tous ces réseaux mis en commun couvrent donc une grande partie du vieux continent.

Cette initiative fait déjà grincer des dents, certains évoquant  un risque de monopole sur ce marché des paiements par mobiles tout juste naissant.
« 90% des clients mobiles du Royaume-Uni seront alors sous le contrôle d'une même entreprise » se plaint Stephen Lerner, responsable réglementaire chez Three, quatrième opérateur de Grande-Bretagne. Ces préoccupations ont été étudiées en profondeur depuis Avril par les Autorités Européennes de la Concurrence, qui semblent quand même favorables aux trois titans.

La course dans le paiement par mobiles est lancée

La Commission Européenne a certes le pouvoir de bloquer ce partenariat ou d'exiger des changements significatifs en cas de besoin. Mais il n'en est rien : deux personnes proches du sujet affirment que la commission validera le projet Oscar avec peu, voire aucune modification, même s'ils conviennent que l'investigation reste en cours.

Les trois partenaires se réjouiraient d'une approbation rapide de ce partenariat : la course pour imposer une plateforme de paiement par smartphones est bel et bien  lancée.
Si l'accord est validé, les trois opérateurs détiendront chacun exactement un tiers de la nouvelle société basée à Londres. Et à l'instar de la BPCE et de sa nouvelle application S-Money, des frais d'utilisation  seront facturés aux entreprises et aux commerçants, l'utilisation  de ce moyen de paiement étant gratuite pour le particulier.

Une idée derrière la tête

La Commission Européenne a manifestement une idée derrière la tête... Elle préfère favoriser des groupes de télécommunication face à des géants du type Google, Apple ou Facebook susceptibles de se servir d'une telle plateforme comme outil de collecte de données sur les habitudes de consommation, ou l'état des finances des utilisateurs.
Maintenant, reste à espérer qu'il n'y ait pas de panne comme celle de ce week end !

 

 

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a écrit le 11/07/2012 à 0:01 :
S'ils veulent prendre un pourcentage de chaque transaction, ils recommenceront le même coup que Monéo, avec le même résultat, sauf à majorer les prix des commissions. Cependant, hors de France, on paie des commissions sur chaque transaction bancaire.
a écrit le 10/07/2012 à 8:46 :
Tout simplement effrayant l'argent devient virtuelle et "émis" par des groupes privés à une échelle non contrôlable par les représentants et les responsables des pays
Réponse de le 10/07/2012 à 11:18 :
Vous n'avez rien compris à 1984...
a écrit le 10/07/2012 à 0:52 :
Le spin serait donc que grâce à la bienveillante neutralité de la Commission Européenne, on accepte un monopole de fait pour ne pas laisser à un autre monopole de fait la possibilité d'utiliser commercialement (pour un profit donc) nos données personnelles.
Hummmm... Et si on interdisait tout simplement cette méthode de collecte et de commercialisation? Car l'argent n'est pas un bien privé que je sache. Par ailleurs, pourquoi cet empresement de tant de gouvernements et supra-structures pour nous imposer une société avec pour seul mode de transaction l'électronique? Et uniquement en utilisant des moyens directement traçables à un individu?
Je ne suis pas du tout sûr que les objectifs de la Commission Européenne soient aussi clairs que ça dans cette affaire. Et l'excuse invoquée pour nous la rendre un tant soit peu plus sympathique est loin de nous faire oublier ses méthodes passées en ce qui concerne la protection de nos droits, dont le plus éminent, faut-il le rappeler, est le vote pour lequel la Commission a prouvé à de nombreuses reprises son mépris total.
A suivre donc, mais il est à craindre que l'objectif soit celui de nous imposer, comme nous en avertissent de nombreux observateurs depuis quelques années, la disparition totale de tout moyen de paiement autre que virtuel. Où sera alors notre protection contre les dérapages, vols, usurpations et autres erreurs qui sont impossibles, mais arrivent quand même?
Réponse de le 10/07/2012 à 11:17 :
La monnaie devrait être un bien privé, comme n'importe quel autre bien. La privatisation de la monnaie est le seul moyen de nous protéger du contrôle étatique. Avec la virtualisation totale de la monnaie, il y a moins à craindre des dérapages du privé (ponctuels) que des dérapages de l'Etat (systématiques).

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