Les jeux vidéo, superstars du financement par les internautes

Le secteur des jeux vidéo a reçu cette année 50 millions de dollars par le crowdfunding, ce mode de financement collectif par les internautes, via la plate-forme américaine Kickstarter.

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Les 50 millions de dollars récoltés par l'industrie des jeux vidéo en 2012 représentent près du quart des fonds levés sur Kickstarter.Copyright Reuters
Les 50 millions de dollars récoltés par l'industrie des jeux vidéo en 2012 représentent près du quart des fonds levés sur Kickstarter.Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

S'il est un secteur qui bénéficie de l'essor du "crowdfunding" (financement participatif), c'est bien celui des jeux vidéo. Depuis le début de l'année, cette industrie a récolté 50 millions de dollars via la plate-forme américaine Kickstarter, laquelle met en relation des porteurs de projets en quête de financement et des investisseurs, moyennant une commission de 5% sur les fonds levés. Non seulement les jeux vidéo coiffent au poteau le cinéma (42 millions de dollars), les produits de design (40 millions), ou bien encore la musique (25 millions), mais ce secteur n'avait engrangé que 3,6 millions de dollars en 2011!

1 million de dollars levés en 24 heures

A l'origine de cet engouement soudain pour le financement des jeux vidéo se trouve un titre: "Double Fine Adventure." En février dernier, le studio Double Fine Productions lance un appel de fonds sur Kickstarter, afin de financer le développement d'un jeu d'aventure. Il a besoin de 400.000 dollars... Et il a récolté 1 million de dollars en 24 heures! Il faut dire que le créateur de "Double Fine Adventure" n'est pas n'importe qui: il s'agit de Tim Schafer, le célèbre "papa" de "Day of the Tentacle", entre autres succès. Ce qui a permis à "Double Fine Adventure" de recevoir des financements de développeurs connus, comme Naughty Dog et Insomniac. Mais aussi d'internautes lambda, ravis par la perspective d'acheter à moindre frais le futur jeu, en échange de leur obole.

Des émules en France

Nombre d'autres éditeurs de jeux vidéo, qui doutaient de l'intérêt de la finance participative, se sont alors engouffrés dans la brèche, sollicitant à leur tour les investisseurs sur Kickstarter. Avec succès, les 50 millions de dollars récoltés par le secteur représentant près du quart de l'ensemble des fonds levés via Kickstarter, cette année. Cette réussite a fait des émules hors des frontières américaines: l'été dernier, s'est lancée en France une plate-forme de "crowdfunding" dédiée aux jeux vidéo uniquement, Gamesplanet Lab. Un tremplin pour le studio 3AM Games, dont le nouveau projet de jeu "Magrunner-Dark Pulse" a reçu 110.744 euros de la part des internautes, au lieu de son objectif initial de 100.000 euros.

Des échecs malgré tout

Les développeurs de jeux vidéo sont d'autant plus séduits par le financement participatif que celui-ci ne leur impose aucune contrainte en matière de création. Contrairement aux éditeurs traditionnels, qui peuvent, par exemple, exiger des versions en 3D parce que cette technique est à la mode, alors que les studios, eux, n'y voient pas toujours un intérêt particulier.
Reste que le "crowdfunding" n'est pas une panacée pour tous les développeurs à la recherche d'une solution de financement souple. L'Espagnol Pendulo n'est parvenu à engranger que 48.066 euros sur Gamesplanet Lab, pour son titre "Day One", alors qu'il recherchait 300.000 euros.

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Commentaires 5
à écrit le 20/09/2012 à 17:17
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Et quid si des promesses de dons ne sont pas tenues ? Si le projet est abandonné en cours de réalisation ? Si un développeur peu scrupuleux se tire avec la caisse ? Ce système, très beau sur le papier, à des pieds d'argile. Il suffira d'un ou 2 gros ...

à écrit le 20/09/2012 à 16:03
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Tant mieux, les éditeurs imposent trop de choses au nom du politiquement correcte et cela donne une industrie du jeux vidéos complètement pulvérisée, on ne demande plus au joueur de découvrir, de réflechir ou même d'aborder et de s'adapter à un monde...

à écrit le 20/09/2012 à 14:58
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On ferait bien de s'inspirer du crowdfunding en France ! Et pas seulement dans les domaines du numérique...

le 20/09/2012 à 23:07
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Pas faux

le 05/10/2012 à 18:09
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ulule s'y intérsse déjà beaucoup. leader en Europe 1250 projets financés ! pas mal !

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