Guillaume Poitrinal, ce patron du Cac 40 qui lâche tout pour devenir entrepreneur

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L'homme fort d'Unibail-Rodamco, la plus grosse foncière française, souhaite "faire autre chose". A 45 ans, le patron tire sa révérence -une première dans le club très fermé des entreprises les plus puissantes de France. Il semble vouloir créer des petites PME, pas forcément dans l'immobilier, mais certainement en France. Et ce, malgré la hausse de la fiscalité du capital dénoncée par les "Pigeons".

On parle beaucoup de gouvernance depuis plusieurs années. Les entreprises cotées ne peuvent plus concevoir de stratégie aujourd'hui sans prendre en compte ce critère majeur. D'où l'importance symbolique de l'annonce de Guillaume Poitrinal, le président du directoire de la foncière Unibail-Rodamco, membre du CAC 40 : à l'âge de 45 ans, il quitte son poste qu'il occupait depuis 8 ans (il était depuis 18 années dans l'entreprise). « Mon geste ressemble bien à l'ADN d'Unibail qui aime donner confiance à des hommes neufs et des idées neuves. Stratégie dont les autres entreprises du CAC 40 devraient s'inspirer», lance Guillaume Potrinal. «Chez nous, la présidence n'est ni un sacerdoce, ni une charge de l'Ancien régime. Il faut savoir bouger. Ce qu'avait déjà fait avant moi mon prédécesseur Léon Bressler», ajoute Guillaume Poitrinal qui cédera les rênes de la société le 26 avril à Christophe Cuvillier, ancien de l'Oréal et de PPR où il a dirigé tour à tour Conforama et la Fnac.
C'est la première fois que l'on constate ce type de décision au sein du CAC 40. Du coup, le plus jeune patron de ce club très fermé des entreprises les plus puissantes de France sera désormais Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider Electric qui fêtera ses 50 ans le 11 mai prochain.

Pas de détail sur la suite

Que va faire maintenant cet enfant terrible de l'immobilier? Pour l'heure, il ne veut pas donner de détail sur ses projets, se bornant à indiquer que le vrai luxe est d'avoir plusieurs vies professionnelles. "Je ne sais pas encore dans quel segment. Je vais m'orienter mais ce sera plutôt vers une PME. J'ai un petit patrimoine que j'aimerais mettre à contribution pour racheter une entreprise ou en créer d'autres, et en France», a-t-il confié sur BFM TV, refusant de saisir la perche du débat sur la fiscalité du capital qui lui était tendue.

Les "mal logés" du CAC 40

Quant à l'avenir d'Unibail-Rodamco, il lui prédit le meilleur: «La société a de nombreux projets de centres commerciaux sur le point d'aboutir dans un contexte que je vois plus porteur dès 2014. Dans le bureau qui représente encore 12% des actifs du groupe, on peut compter sur une demande locative plus soutenue dès l'année prochaine grâce notamment à l'obsolescence de nombreux immeubles logeant les sociétés du CAC 40. Et ce, dans un contexte d'offre limitée, les mises en chantier de logements n'ayant jamais été aussi basses depuis 1982», souligne Guillaume Poitrinal.
En Bourse, l'annonce du départ de son emblématique patron a d'abord dopé le titre qui a pourtant terminé pratiquement étale. L'an passé, l'action a gagné environ 20% lui permettant d'être la seule foncière cotée présentant une prime (de 15%) par rapport à sa valeur d'actifs. Les autres foncières offrent des décotes comprises entre 20 et 50%. Le groupe vient d'annoncer un résultat net récurrent 2012 en hausse de 6,7% et la distribution d'un dividende en progression de 5%
 

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Commentaires
a écrit le 01/02/2013 à 17:08 :
Bonjour.
Voici un dispositif et des procédés de conversion, l'énergie thermique température ambiante, à l'énergie cinétique. Cela peut être utile pour résoudre, radicalement les problèmes d'énergie? Voir lien SVP. < http://kneiderinnovations.blogspot.fr/

a écrit le 01/02/2013 à 14:32 :
En tout cas il a fait du sacré boulot chez Unibail : entrée au CAC 40 une foncière, le cours qui est passé de 90 euros à 174 en pleine crise, bravo.
a écrit le 01/02/2013 à 14:20 :
voila les profils dont on a besoin, espérons que les syndicats politiciens idéologiques ne vont pas lui casser la baraque pour l'exemple, tout comme ils font du terrorisme gréviste dans une grande entreprise en ce moment, brutalités et menaces de mort aux non grévistes....mais chut, la stigmatisation est contre les entreprises, le "syndicalisme" est protégé par l'absence d'investigations ....
a écrit le 01/02/2013 à 13:36 :
bravo à l'esprit d'entreprise que malheureusement certains stigmatisent, et pas de doute que beaucoup de patrons du CAC n'ont pas les compétences pour diriger les PME, manque de pragmatisme, d'écoute du personnel, de bon sens.. le pilotage par le cour terme financier..il faudrait éclater ce cercle fermé des conseil d'administration qui se renvoient l'ascenceur, validation de trés gros salaires, un vraie association de malfaiteurs pour détourner l'argent des entreprises. les pme sont la vie de la france, la création de richesses et d"'emplois, et on a besoin de vraies compétences..
a écrit le 01/02/2013 à 11:56 :
bravo...bravo..bravissimo.. une telle nouvelle fait du bien -ce sont bien les PME qui font le tissu et la richesse de
notre pays.Alors bon courage Monsieur...
a écrit le 01/02/2013 à 9:43 :
Pour avoir rencontré une personne qui le connait il semble qu'il n'a pas du tout le profil étriqué, fat et condescendant des gros boss. Ce serait un homme simple et direct qui détenait un peu dans ce petit monde. Ce qui est sûr c'est qu'il y en a beaucoup qui se seraient accrochés à leur position ne serait ce que pour le chèque en fin de mois et le bonus en fin d'année. Il est indéniablement courageux.
a écrit le 31/01/2013 à 20:10 :
Il le dit lui même : être patron parachuté ne veut pas dire être entrepreneur.
a écrit le 31/01/2013 à 19:29 :
Ca fait plaisir de voir qu'il y a encore de vrais entrepreneurs dans les grands groupes, et non pas que des gestionnaires comptables de budgets ...
a écrit le 31/01/2013 à 17:53 :
Bravo l'artiste pour entreprendre ! Cela nous change des fonctionnaires qui veulent gagner plus en travaillant moins et plus fort pour entreprendre dans les grèves.
Réponse de le 01/02/2013 à 9:00 :
Comparer la rémunération des fonctionnaires et celle d'un patron du Cac 40, évidemment c'est très subtil ... !
a écrit le 31/01/2013 à 17:29 :
C'est bien ce que je pensais être patron d'une entreprise du CAC 40 ce n'est pas être entrepreneur !
Réponse de le 31/01/2013 à 18:40 :
Affaire à suivre...!
Réponse de le 01/02/2013 à 11:04 :
Être patron du CAC 40 c'est plus être gestionnaire qu'être entrepreneur. En tant qu'entrepreneur, on fait grandir son bébé, on prend des risques, et parfois si on se plante on perd tout (et on sait qu'on plante aussi salariés). Mais qd on réussit, c'est un moment de plénitude. Rien à voir avec des dirigeants comme Carlos Goshn. Il touchera en tout 13MEUR dont 2.8 MEUR de Renault. Admettons que puisque Nissan a vendu 6% de voitures en plus dans le monde, il mérite les 10.1 millions EUR de Nissan (admettons parce que je connais moins bien le cas de Nissan). En revanche, Renault a vendu 6% de voitures en moins dans le monde,, la marge diminue. Et Goshn touche le même salaire que l'an dernier. Sur quoi est donc indexée sa part variable ? Si ça avait été un entrepreneur, son salaire aurait subi le même courbe que celle de son entreprise. Bref un entrepreneur vit en symbiose avec son entreprise, parfois au détriment de sa vie de famille. Et les cas comme Gohsn, qui sait vraiment tirer profit (personnel!) des synergie Renault-Nissan, dégoûte autant les entrepreneurs comme moi que les salariés!

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