Après des semaines de turbulences, les marchés financiers s’offrent un répit

Les actions montent et les taux refluent : après des semaines éprouvantes, les investisseurs pointent le rayon de soleil offert par un discours plus rassurant de la banque centrale américaine et un chiffre d’inflation en léger recul aux Etats-Unis. Les conditions semblent réunies pour un rebond.

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L'indice phare de Paris, le CAC 40, est revenu au-dessus des 6.500 points.
L'indice phare de Paris, le CAC 40, est revenu au-dessus des 6.500 points. (Crédits : PETER NICHOLLS)

« Il fallait que le marché se calme et il s'est calmé », observe, un brin soulagé, un gérant obligataire. Le ton moins va-t'en guerre que prévu de la publication, mercredi, des minutes de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine, qui s'est tenue les 3 et 4 mai, a déjà permis non seulement d'enrayer la chute des indices boursiers américains qui affichaient une baisse depuis 8 semaines pour le Dow Jones, mais aussi  de poursuivre le reflux des taux. Le ralentissement de l'inflation aux Etats-Unis en avril (+6,3% contre 6,6% en mars) a fait le reste.

Résultat, tirés notamment par les valeurs Tech et le luxe, les marchés actions ne sont pas loin de conclure leur première semaine de hausse depuis deux mois. Quant aux taux, ils retrouvent des niveaux plus proches de ceux souhaités par les banques centrales, comme si les marchés étaient à nouveau en phase avec le discours de la Fed. Ainsi, le taux à 2 ans aux Etats-Unis est revenu autour de 2,5%, après avoir flirté avec les 3,5%, et le « dix ans » américain semble stabilisé autour de 2,8%.

La courbe des taux retrouve ainsi sa configuration d'avant la crise du Covid : plate. Un peu comme si le marché des taux avait testé un pic avant de revenir à la raison. D'autant que le scénario d'une prochaine hausse de 75 points de base des taux directeurs de la Fed semble désormais s'éloigner.

Un retour normal à la normalité

La Fed va certes poursuivre la normalisation de sa politique car elle doit le faire en sortie de crise sanitaire. Certes, l'inflation reste élevée mais cette inflation est largement alimentée par les prix de l'énergie sur lesquels la banque centrale n'a aucun levier de pression. Ce n'est pas en effet une hausse des taux qui va arrêter la guerre en Ukraine ou décider la Chine de lever le pied sur les confinements. Reste que le message des minutes du FOMC laisse entendre que la Fed pourrait ralentir son rythme de hausse en 2023 en cas de récession. Une respiration qui a aussitôt profité aux actions et aux valeurs de croissance en particulier.

Du coup, les investisseurs en zone euro sont également rassurés : la modération américaine évite de voir les taux européens partir au ciel. Certes, la BCE va entamer sa remontée des taux plus vite que prévu mais pour arriver à un taux zéro à la fin du troisième trimestre. Rien de plus normal finalement alors même que les taux directeurs de la BCE sont toujours en territoire négatif (-0,5%) !

Sur le front du crédit, la situation reste fébrile avec un sentiment dominant de risque de récession. L'indice iTRaxx Main, qui mesure le coût de la protection en cas de défaut, reste à des niveaux très élevés, entre 90 et 100 points de base, après avoir oscillé autour de 50 ces dernières années, à l'exception du début de la crise du Covid lorsqu'il a grimpé à 140 pour redescendre aussi vite.

Les taux guident plus que jamais le marché

Une accalmie sur les taux pourrait avoir des effets bénéfiques en chaîne sur tout le marché, et surtout sur les actions.  Après la forte baisse ces dernières semaines, quasi interrompue depuis le 24 février dernier, date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les investisseurs attendent un signal pour revenir sur les actions, dont les excès de valorisation ont été purgés. D'autant que ces derniers sont gorgés de liquidités. Un rally sur les actions n'est donc pas à exclure.

Bien sûr, les analystes vont continuer de scruter les résultats du commerce de détail et les résultats ou prévisions des sociétés. La chaîne de textile Gap a ainsi cédé près de 8 % suite à la baisse de ses prévisions de bénéfice. Les valeurs technologiques - le Nasdaq qui a rebondi de 6 % sur la semaine tout en restant en perte de 25% depuis le début de l'année- reste le point d'incertitude : la purge est-elle terminée ou la période de liquidation est toujours en cours. L'évolution des taux sera un élément clé de réponse.

Sur la semaine, le rebond est significatif : le CAC 40 repasse le seuil des 6.500 points à 6.515.75 points, soit une progression de 3,67%en cinq séances. L'indice Stoxx 600 gagne pour sa part près de 3% depuis lundi. La hausse est plus marquée aux Etats-Unis, avec un indice S&P 500 qui reprend près de 6 % et le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques, qui file également vers les 6 % de gain en cinq séances.

Le marché est sans doute à un moment crucial : soit il opère un rebond sur le fond, soit la tendance baissière se confirme. Les nouvelles sur l'inflation seront le juge de paix.

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