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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

EADS-BAE : les Britanniques inquiets pour leur relation avec les Etats-Unis

latribune.fr (avec AFP)

Publié le 23 septembre 2012 à 08:59 - Mis à jour le 23 septembre 2012 à 09:00

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18 juillet 2026

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Des députés conservateurs s'inquiètent de voir passer une entreprise stratégique sous pavillon franco-allemand. Le ministère de la Défense britannique aurait ainsi posé comme condition à son feu vert au rapprochement l'adoption de garanties pour pérenniser les relations préexistantes dans le domaine de la dissuasion nucléaire, sur laquelle le Royaume-Uni collabore étroitement avec les Etats-Unis.

Le projet de fusion des groupes EADS et BAE Systems, inquiète outre-Manche. "Voilà ma vision de cette fusion: en l'état, il s'agit plutôt d'une OPA", a déclaré à l'AFP Ben Wallace, un député conservateur du nord-ouest de l'Angleterre, où est bien implanté BAE. Comme d'autres, il s'inquiète de voir passer une entreprise stratégique sous pavillon franco-allemand, avec des risques pour l'emploi mais également la perspective d'une gestion à l'opposé des habitudes britanniques. Le Royaume-Uni n'est en effet pas actionnaire de BAE Systems et n'intervient pas dans la vie quotidienne de l'entreprise. Le gouvernement se contente d'exercer en cas de besoin une action spécifique destinée à protéger les intérêts nationaux ou à encourager la conclusion de grands contrats d'armement à l'étranger.
"Des interférences de la part des Etats ont causé des problèmes chez EADS et Airbus dans le passé et c'est ce genre d'ingérence qui a empêché EADS de devenir le leader mondial qu'il pourrait être", estime Ben Wallace.

La France et l'Allemagne appleés à sortir d'EADS
"Le Royaume-Uni ne devrait donner son feu vert à l'opération que si la France et l'Allemagne se défont de leur participation, et laissent l'entreprise agir librement. Sinon, on court le risque d'interférences politiques et également de problèmes avec les concurrents américains", explique Ben Wallace. La relation avec les Etats-Unis est au coeur des inquiétudes des conservateurs, le parti du Premier ministre David Cameron, dont une partie se montre volontiers eurosceptique. "Je m'inquiète concernant nos échanges d'informations avec les Américains. Nous sommes unis étroitement avec eux sur les sous-marins nucléaires et je les imagine mal se réjouir" d'une menace de dilution des règles de confidentialité anglo-américaine, a ainsi déclaré Lord West, ancien chef d'Etat major de la Marine, dans le quotidien The Times.

Dissuasion nucléaire

Le ministère de la Défense britannique aurait ainsi posé comme condition à son feu vert au rapprochement l'adoption de garanties pour pérenniser les relations préexistantes dans le domaine de la dissuasion nucléaire, sur laquelle le Royaume-Uni collabore étroitement avec les Etats-Unis. Les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) britanniques sont équipés de missiles balistiques Trident, fabriqués par l'américain Lockheed Martin. De même, BAE est fortement impliquée dans le très important programme américain d'avion de combat F-35.
Le groupe britannique est aussi le premier fournisseur étranger du Pentagone et, même si les budgets de la défense déclinent outre-Atlantique, les Britanniques aimeraient conserver cette relation industrielle privilégiée, déclinaison de la "relation spéciale" entre les deux pays sur le plan politique.

L'exemple du missile nucléaire français M51

Or, la fusion envisagée pourrait compliquer les choses, selon des experts.
"Je ne suis pas certain qu'une entreprise franco-allemande serait autorisée à détenir une filiale comme par exemple celle que possède BAE dans l'électronique de défense" aux Etats-Unis, estime ainsi Richard Aboulafia, analyste du cabinet américain Teal Group. Quant au nucléaire, le Royaume-Uni pourrait bien "sanctuariser" cette activité, avec des garde-fous garantissant que Français et Allemands n'y aient aucun accès. C'est déjà ce qui se passe pour le missile nucléaire français M51, construit par une filiale d'EADS mais sous supervision exclusivement française.
Mais cela risque de compliquer un peu plus la vie du futur groupe. "Plus chaque pays cherche à définir ses intérêts stratégiques, moins l'entreprise aura de flexibilité. Or une société doit avoir la liberté de rationaliser ses opérations et de faire circuler la technologie entre ses différentes filiales", observe M. Aboulafia.

"Les détails ne peuvent pas être débattus en public"
Sur le continent, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré samedi à l'issue de ses entretiens avec le président français François Hollande qu'"il n'y avait pas eu de décision" sur le projet de fusion EADS-BAE, mais qu'ils avaient eu de "bonnes" et "amicales" discussions. "Nous n'avons pas pris de décision, nous savons que nous devons donner dans un avenir proche une réponse aux entreprises. Les discussions étaient bonnes et amicales. Mais les détails ne doivent pas être débattus en public, notamment compte tenu des emplois", a dit la chancelière, soulignant qu'EADS était un bon exemple de coopération franco-allemande. "Sur le rapprochement EADS-BAE (...), nous, la France et l'Allemagne, sommes décidés à agir en concertation étroite parce que nous considérons que c'est un enjeu qui concerne l'Europe mais aussi nos deux pays, compte tenu de la composition du capital de cette entreprise", a déclaré François Hollande.
Evoquant les conditions d'un éventuel rapprochement entre les deux groupes, M. Hollande a déclaré: "les conditions, vous les imaginez, c'est l'emploi, la stratégie industrielle, les activités de défense, les intérêts de nos Etats respectifs. C'est là-dessus que nous sommes en discussion avec l'entreprise".

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Ils ont promis tous deux de se prononcer dans les délais impartis.
Selon la réglementation boursière britannique, les industriels ont jusqu'au 10 octobre pour conclure leur rapprochement ou l'abandonner. Ils peuvent également demander un prolongement du délai des négociations, une option pour l'heure écartée par les parties qui veulent aller vite.

latribune.fr (avec AFP)

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