EADS-BAE : les Britanniques inquiets pour leur relation avec les Etats-Unis

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Des députés conservateurs s'inquiètent de voir passer une entreprise stratégique sous pavillon franco-allemand. Le ministère de la Défense britannique aurait ainsi posé comme condition à son feu vert au rapprochement l'adoption de garanties pour pérenniser les relations préexistantes dans le domaine de la dissuasion nucléaire, sur laquelle le Royaume-Uni collabore étroitement avec les Etats-Unis.

Le projet de fusion des groupes EADS et BAE Systems, inquiète outre-Manche. "Voilà ma vision de cette fusion: en l'état, il s'agit plutôt d'une OPA", a déclaré à l'AFP Ben Wallace, un député conservateur du nord-ouest de l'Angleterre, où est bien implanté BAE. Comme d'autres, il s'inquiète de voir passer une entreprise stratégique sous pavillon franco-allemand, avec des risques pour l'emploi mais également la perspective d'une gestion à l'opposé des habitudes britanniques. Le Royaume-Uni n'est en effet pas actionnaire de BAE Systems et n'intervient pas dans la vie quotidienne de l'entreprise. Le gouvernement se contente d'exercer en cas de besoin une action spécifique destinée à protéger les intérêts nationaux ou à encourager la conclusion de grands contrats d'armement à l'étranger.
"Des interférences de la part des Etats ont causé des problèmes chez EADS et Airbus dans le passé et c'est ce genre d'ingérence qui a empêché EADS de devenir le leader mondial qu'il pourrait être", estime Ben Wallace.

La France et l'Allemagne appleés à sortir d'EADS
"Le Royaume-Uni ne devrait donner son feu vert à l'opération que si la France et l'Allemagne se défont de leur participation, et laissent l'entreprise agir librement. Sinon, on court le risque d'interférences politiques et également de problèmes avec les concurrents américains", explique Ben Wallace. La relation avec les Etats-Unis est au coeur des inquiétudes des conservateurs, le parti du Premier ministre David Cameron, dont une partie se montre volontiers eurosceptique. "Je m'inquiète concernant nos échanges d'informations avec les Américains. Nous sommes unis étroitement avec eux sur les sous-marins nucléaires et je les imagine mal se réjouir" d'une menace de dilution des règles de confidentialité anglo-américaine, a ainsi déclaré Lord West, ancien chef d'Etat major de la Marine, dans le quotidien The Times.

Dissuasion nucléaire

Le ministère de la Défense britannique aurait ainsi posé comme condition à son feu vert au rapprochement l'adoption de garanties pour pérenniser les relations préexistantes dans le domaine de la dissuasion nucléaire, sur laquelle le Royaume-Uni collabore étroitement avec les Etats-Unis. Les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) britanniques sont équipés de missiles balistiques Trident, fabriqués par l'américain Lockheed Martin. De même, BAE est fortement impliquée dans le très important programme américain d'avion de combat F-35.
Le groupe britannique est aussi le premier fournisseur étranger du Pentagone et, même si les budgets de la défense déclinent outre-Atlantique, les Britanniques aimeraient conserver cette relation industrielle privilégiée, déclinaison de la "relation spéciale" entre les deux pays sur le plan politique.

L'exemple du missile nucléaire français M51

Or, la fusion envisagée pourrait compliquer les choses, selon des experts.
"Je ne suis pas certain qu'une entreprise franco-allemande serait autorisée à détenir une filiale comme par exemple celle que possède BAE dans l'électronique de défense" aux Etats-Unis, estime ainsi Richard Aboulafia, analyste du cabinet américain Teal Group. Quant au nucléaire, le Royaume-Uni pourrait bien "sanctuariser" cette activité, avec des garde-fous garantissant que Français et Allemands n'y aient aucun accès. C'est déjà ce qui se passe pour le missile nucléaire français M51, construit par une filiale d'EADS mais sous supervision exclusivement française.
Mais cela risque de compliquer un peu plus la vie du futur groupe. "Plus chaque pays cherche à définir ses intérêts stratégiques, moins l'entreprise aura de flexibilité. Or une société doit avoir la liberté de rationaliser ses opérations et de faire circuler la technologie entre ses différentes filiales", observe M. Aboulafia.

"Les détails ne peuvent pas être débattus en public"
Sur le continent, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré samedi à l'issue de ses entretiens avec le président français François Hollande qu'"il n'y avait pas eu de décision" sur le projet de fusion EADS-BAE, mais qu'ils avaient eu de "bonnes" et "amicales" discussions. "Nous n'avons pas pris de décision, nous savons que nous devons donner dans un avenir proche une réponse aux entreprises. Les discussions étaient bonnes et amicales. Mais les détails ne doivent pas être débattus en public, notamment compte tenu des emplois", a dit la chancelière, soulignant qu'EADS était un bon exemple de coopération franco-allemande. "Sur le rapprochement EADS-BAE (...), nous, la France et l'Allemagne, sommes décidés à agir en concertation étroite parce que nous considérons que c'est un enjeu qui concerne l'Europe mais aussi nos deux pays, compte tenu de la composition du capital de cette entreprise", a déclaré François Hollande.
Evoquant les conditions d'un éventuel rapprochement entre les deux groupes, M. Hollande a déclaré: "les conditions, vous les imaginez, c'est l'emploi, la stratégie industrielle, les activités de défense, les intérêts de nos Etats respectifs. C'est là-dessus que nous sommes en discussion avec l'entreprise".

Ils ont promis tous deux de se prononcer dans les délais impartis.
Selon la réglementation boursière britannique, les industriels ont jusqu'au 10 octobre pour conclure leur rapprochement ou l'abandonner. Ils peuvent également demander un prolongement du délai des négociations, une option pour l'heure écartée par les parties qui veulent aller vite.
 

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a écrit le 24/09/2012 à 9:50 :
BAE va traverser une crise très grave et de grande ampleur dans les prochains mois, voilà pourquoi ils veulent que le mariage se fasse vite.
Les deux gros clients de BAE sont les américains et les britanniques, les deux grands pays les plus étouffés par la dette et qui vont réduire leur budget militaire de façon drastique (donc, baisse des investissements = baisse du CA de BAE).
Du coup, la question est : pourquoi ce mariage ?
Réponse de le 30/09/2012 à 18:34 :
Pourquoi ce mariage ? ils l'ont dit ... pour offrir a BAE des marchés qu'ils n'ont pas jusque là .. ils parlent du Brésil , l'Inde (avec quoi ? et pour l'Inde c'est raté justement) ... mais c'est plus l'Europe qui les intéresse ... et bien sûr au dépend de la part continentale qui dès le lendemain de l'accord sera vilipendée pour un cout de travail trop élevé (ça c'est l'argument facile qui vient de suite à l'esprit) ... Dans le cas contraire je vois mal Tom Enders se faire plaisir a prendre le mauvais rôle pour imposer des réductions d'effectifs chez BAE comme malheureusement il faudrait faire compte tenu de leur marchés (US-GB) voués à s'écrouler rapidement ...
a écrit le 23/09/2012 à 19:04 :
La perspective d'accord ne peut se faire sans tenir compte des avancées du nouveau traité ; notamment en matière de regroupement communautaire. Nous ne pourrons rester indéfiniment dans l'impasse. La construction Européenne nécessite une prise de position ferme, déterminée. Les états unis sont nos alliés. Nous devons espérer compter sur les anglais comme partie intégrale de l'Europe. Ce n'est quà cette condition que l'identité Européenne prendra corps.
a écrit le 23/09/2012 à 15:17 :
A mon avis Ben Wallace fait une erreur de jugement quand il dit "... Des interférences de la part des Etats ont causé des problèmes chez EADS et Airbus dans le passé et c'est ce genre d'ingérence qui a empêché EADS de devenir le leader mondial qu'il pourrait être...". Ce sont des ingérences extérieures extra-européennes qui ont guidé le plan Power8 lequel a désorganisé et empêché EADS d'exploiter son potentiel en le fourvoyant dans des pistes erronées comme la réduction des effectifs à un moment crucial pour les livraisons, la dollarisation, la dispersion qui s'ensuit, etc. Avant Power8, Airbus était leader mondial, alors même que l'euro était a un niveau beaucoup plus élevé. Si les Etats veillaient étroitement à la répartition de la charge entre les partenaires, ils intervenaient peu et favorisaient le développement industriel dans nos intérêts. Les intérêts des investisseurs de Wall Street sont bien évidemment différents, raison pour laquelle on lit souvent dans leurs médias des expressions telles que "... statist, nationalistic resistence, franco-german dictated, etc...". La volonté des investisseurs de Wall Street d'imposer leur pouvoir dans l'industrie de la défense européenne est manifeste. Ceci dit, nous devons être très prudents, car cela risque d'entraîner une polémique indue avec les Britanniques alors que les véritables instigateurs s'en lavent les mains.
a écrit le 23/09/2012 à 14:56 :
Les Britanniques semblent perplexes, autant que nous. Et c'est compréhensible, car cette offensive diplomatique, médiatique et boursière est menée au départ de Wall Street par les investisseurs de Morgan et Goldman qui ont engagé de gros moyens relationnels et financiers pour prendre le contrôle du marché européen de la défense, comme ils l'ont déjà fait dans les télécoms, l'énergie ou la sidérurgie (contrôle d'Arcelor à travers Mittal par exemple). BAE, ici, n'est qu'un véhicule employé pour mener l'opération à bien. Ainsi, l'industrie européenne travaille au profit des banquiers new-yorkais qui contrôlent notre marché.
a écrit le 23/09/2012 à 13:48 :
BAE Pas encore intégré, le gouvernement britannique (l'un des champions de toutes les bassesses politiques et économiques) em. déjà le monde - Qu'est-ce que cela sera après !
a écrit le 23/09/2012 à 13:42 :
BONJOUR, actuellement BAes est une entreprise qui ne fonctionne que grâce au commande de matériel militaire (principalement américaine), ce n?est pas le cas de EADS qui est un élément de AIRBUS. BAes est une entreprise qui a cours terme sera en grande difficulté économique, car les budgets se rétracte de chaque coté de l?atlantique. Donc soit la fusion se fait d?un commun accord ou nous pouvons attendre de faire une OPA d?ici 2 à 3 ans.
Ensuite pour ce qui est des accords stratégique avec les USA, il faut bien voir que les vecteurs actuelle son américain et ne sont aucun cas un savoir faire anglais?.
Dans tous les cas, il n?est pas question que la France et l?Allemagne perdre leur place dirigeante dans se groupe? . L?Europe ne sera pas encore le jouer des intérêts Américains, le gouvernement anglais peut nous fait la leçon consternant le fonctionnement de ce groupe industriel de défense, mais dans cette fusion, il n?est pas remis en causse les accords particulier de ses deux pays (Anglais-américain), le royaume de sa majesté ferra se qui lui semble le plus juste pour saufs garder ses emplois et son indépendance.
Mais ils ne doivent pas perde de vue que cela est une chance pour eux de rejoindre un peu plus l?Europe, car ils ne seront jamais un état américain
a écrit le 23/09/2012 à 12:17 :
GB et USA blanc bonnet et bonnet blanc
a écrit le 23/09/2012 à 12:15 :
EADS a, me semble-t-il reçu un agrément du gouvernement américain, qui lui donne un statut de "fournisseur fiable" !! alors, pour le reste, ce ne sont que des tergiversations de pouvoirs d'influence que chacun cherche à conserver, voire à accroitre !!!
a écrit le 23/09/2012 à 11:53 :
Normal, il ne faudrait pas faire de l'ombre à Boeing
a écrit le 23/09/2012 à 11:34 :
Incroyable !! Les 3 pays impliqués sont inquiets ... On se demande quelle mouche a piqué la direction d'EADS.

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